Comédie dramatique, documentaire ou
plaidoyer pour la réforme de l'Hôpital? Les deux derniers
aspects l'emportent rapidement au détriment du premier. Mais la
justesse des propos et la minutie du reportage sont à créditer à
son réalisateur Thomas Lilti qui est ...médecin. Les sujets
abordés nous touchent tous d'où le succès populaire de ce
film. C'est du « cinéma-réalité ».
samedi, octobre 04, 2014
Hippocrate
Comédie dramatique, documentaire ou
plaidoyer pour la réforme de l'Hôpital? Les deux derniers
aspects l'emportent rapidement au détriment du premier. Mais la
justesse des propos et la minutie du reportage sont à créditer à
son réalisateur Thomas Lilti qui est ...médecin. Les sujets
abordés nous touchent tous d'où le succès populaire de ce
film. C'est du « cinéma-réalité ».
jeudi, octobre 02, 2014
Elle l'adore

Une histoire de fan de chanteur: on pouvait craindre une immersion dans le monde du show business clinquante et bruyante. C'est au contraire un suspense psychologique au plus près des personnages et c'est surtout une formidable comédienne, Sandrine Kiberlain, qui porte le film et l'intrigue (contrairement à la photo sur l'affiche elle est au premier plan de l'action ). Une réussite pour un premier long-métrage signé Jeanne Herry, la fille de Miou-Miou et Julien Clerc, qui connait donc bien son sujet..... Le personnage du chanteur interprété par Laurent Lafitte n'a pas le beau rôle mais l'acteur l'endosse avec humilité (assez loin de ses personnages sympathiques habituels) et sait nous faire voir une face plus sombre.
Avant d'aller dormir
lundi, septembre 29, 2014
Le Léviathan

Retour à l'Ecriture aussi pour le titre de cette tragédie d'un Job des temps modernes sur lequel vont s'acharner le sort, l'Etat (russe) et le monde orthodoxe ....Et l' histoire est bien aussi sombre que le titre le laissait présager. Heureusement la beauté des images (même celle du squelette de baleine) dans un paysage magnifique ( les rives de la mer de Barens au Nord du Cercle Polaire à l'Est de Mourmansk qui m'ont rappelée les environs de Kirkenes à l'extrême nord de la Norvège) permet de souffler un peu dans ce monde humainement irrespirable.... C'est cinématographiquement très beau mais très dérangeant!
Saint-Laurent
Cette rentrée cinématographique est très... littéraire! Après l'évocation d'Emma Bovary, nous voici maintenant invités à nous plonger dans un univers proustien. Bien différemment, puisque à la modestie du bourg normand choisi par Anne Fontaine, le sulfureux réalisateur Bertrand Bonnello a préféré le faste des hôtels particuliers parisiens, qui s'accorde mieux avec le luxe -parfois tapageur, la luxure-souvent , et l'outrance du monde de la création.Si le film de Jalil Lespert nous racontait la vie du créateur à la manière d'un biopic classique, cette version est complètement différente puisqu'elle prend le parti de l'évoquer. Par chance la chronologie de ces 2 sorties se sont faites dans le bon ordre et connaissant donc l'histoire on peut ici se laisser porter par les images, la musique et tous les atouts cinématographiques (split screen, voix off, retours en arrière) qui permettent de mieux exprimer le déferlement, la mise en abîme, le paroxysme des sentiments de mal être et de souffrance d'un artiste d'exception... Cette violence (j'ai du fermer les yeux plusieurs fois pour ne pas voir "tous ces serpents qui sifflent sur ...son lit") et la beauté de la réalisation font penser aux plus grands réalisateurs: Scorcese, et bien sur Visconti car c'est avec émotion que l'on voit Helmut Berger incarner Yves Saint Laurent en 1989 (qui regarde le film Les Damnés...).
L'interprétation de Gaspard Ulliel sublime aussi le film; il nous subjugue; quant à Louis Garrel il est méconnaissable et très inquiétant dans son personnage de Jacques de Bascher et m'a semblé faire clairement référence à... Charlus. Pierre Bergé, interprété ici par Jérémie Renier, apparaît cette fois comme un gestionnaire rigide et peu chaleureux et l'on comprend qu'il se soit opposé au film et ait refusé son autorisation d'accéder aux collections originales qui ont du être recrées pour ce film.
Un regret cependant: le titre du film qui ne reprend pas le sigle YSL alors que c'est justement lui qui est une des raisons de la perte d'identité du créateur....
Une remarque aussi: ce film n'est pas pour tout public...."des images et des dialogues peuvent heurter"
samedi, septembre 27, 2014
Gemma Bovery

Ce jeu alterné entre littérature/cinéma/fantasmes personnels est mené avec subtilité et beaucoup d'humour (ah, cet épilogue absolument réjouissant et qui permet de se refaire le film autrement!)...Merci à Fabrice Luchini dont le talent permet toutes ces audaces et chapeau à la réalisatrice Anne Fontaine qui a su faire vibrer les décors aussi bien naturels que les décos d'intérieur ou aussi et surtout la cathédrale de Rouen.....Un film que l'on savoure à petites gorgées, on y repense et on en redemande.
Les Combattants
Classé dans le genre "comédie, romance", je suis en fait passée à coté de ces deux attributs tant le personnage d'Adèle Haesnel et son interprétation très convaincante m'ont mis mal à l'aise ( elle m'avait déja donné cette sensation dans son rôle d'Agnès Leroux).J'y ai vu surtout de la violence, de la peur et de la domination.....
Party girl

Du cinéma-vérité original et très personnel, ce film a obtenu la Caméra d'or dans la catégorie Un certain regard au festival de Cannes. Angélique Litzenburger y interprète son propre personnage et cette femme est troublante et dérangeante. La plongée dans ce drame social d'une femme qui, à la soixantaine va essayer à la fois de changer de vie en se "casant" après avoir traversé une vie de marginale dans le monde des cabarets et de se réconcilier avec sa famille est réaliste; mais j'ai été gênée à la fois par la sensation de voyeurisme tant l'aspect autobiographique est marqué et par l' excès des déclaration de bons sentiments (pendant le mariage par exemple).jeudi, août 14, 2014
Le Rôle de ma vie
Présenté au festival de
Sundance, ce film américain indépendant ( financement
participatif) réalisé par l'acteur Zach Braff qui
n'était passé qu'une seule fois à la réalisation
il y a 10 ans avec Garden State-que je n'avais pas vu- reprend
les mêmes thèmes de la famille, la mort, le sens de la vie....
Difficile donc de ne pas tomber dans le pathos (beaucoup ) ou le cliché (parfois) et le film est inégal mais le fameux humour juif
fonctionne très bien et le démarrage est percutant
grâce en particulier aux deux enfants de cette famille Boom
qui jouent avec aplomb ; on retrouve- toujours pour le rôle de
Saul , mais cette fois en pater familias usé- l'acteur Mandy Patinkin qui
incarne le patron et mentor de Carrie dans Homeland.
Quant au
paysage du désert californien ( sans doute le désert Mojave?) lors
d'un essai d'apprentissage d'une Épiphanie (mais oui!) du père
à ses enfants, il est si beau que l'on a vraiment envie d'y camper nous aussi.
mercredi, août 13, 2014
Winter sleep

Un film lent et superbe de 3h20, soit une heure de moins que Platonov monté à l'Odéon; Quel rapport? La neige? Mais surtout Tchékov puisque le scénario est basé sur des nouvelles de cet auteur; on le découvre à la fin mais la façon de faire parler les personnages, leur travail d'introspection et surtout les dernières scènes de beuverie de la nuit passée à la ferme avec le fermier veuf et l'instituteur nous ont déjà mis la puce à l'oreille. D'ailleurs à la façon de nouvelles, les histoires paraissent un peu juxtaposées: les locataires mauvais payeurs, l'histoire d'amour avec Nihal, le faux départ pour Istanbul...... La lenteur de l'action et des dialogues est flagrante au début mais au fur et à mesure on l'apprécie car elle nous laisse le temps de nous faire une opinion sur les personnages, d'entrer dans leur mode de pensée (chacun état enfermé dans le sien propre) et bien sur d'admirer les paysages hivernaux de la Cappadoce....Finalement pas si long pour un tel labyrinthe philosophique et moral!
Le Beau monde

C'est un bon titre pour un joli film de
l'exception culturelle française qui reprend les thèmes
de La Dentelière (en
moins bouleversant mais en plus constructif puisque cette fois Alice
notre héroïne se construira au lieu de se détruire
dans son amour passionné pour une jeune homme « très
au dessus de sa condition » et celui du récent Pas
son genre mais cette fois en
plus épuré moins ancré dans le quotidien de la
vie de couple. Alice n'est pas Jennifer; elle est plus jeune plus
malléable et son Pygmalion paraît presque enfantin (
Bastien Bouillon vu dans 2 automes 3 hivers) et se cherche lui aussi. Une fois de plus ces amours dissymétriques sont voués à l'échec et ici le désamour se lit en un seul plan celui d'un bain sur une plage normande filmé à l'identique d'un plan pris un an auparavant.....
La réalisatrice Julie Lopes-Curval explique la construction de son film , les ellipses de son scénario, l'adéquation de la jeune Ana Girardotd de la même façon que je les ai ressentis dans son interview sur le site distrib.pyramidefilm; ses mots disent mieux que ceux que je devrais trouver combien la chanson et surtout la voix de Françoise Hardy collent parfaitement au thème du film et combien les personnages secondaires apportent chacun une épaisseur ou une touche à cette tapisserie... avec mention spéciale à Sergi Lopez dont la présence est toujours sensuelle et réconfortante par opposition au rôle de la belle-mère parfaite et glaçante (excellente Aurélia Petit).
mercredi, juillet 30, 2014
New York melody

Dans cette comédie mélodique
américaine qui flirte avec la comédie musicale, la très
britannique mais non moins charmante Keira Knightley fait équipe
avec Mark Ruffalo pour nous emmener dans un New York emblématique...
Tout serait donc pour le mieux pour découvrir l'univers
impitoyable (toujours) et pitoyable parfois (la barbe de Dave par
exemple) de la production musicale si les chansons n'étaient
pas interprétées par la même charmante actrice
sus-nommée......Des longueurs répétitives dans
un film souriant qui a choisi sans complexes et sans aucun détour
sentimental ou numérique le camp des « feel good
movies »....mardi, juillet 29, 2014
Palma Real Motel

Ce petit film d'auteur mexicain ne
brille pas par l'originalité de son scénario puisqu’il
nous relate les premiers émois amoureux d'un jeune homme qui
s' éprend d'une femme « libérée »
de 10 ans son aînée.
Mais la façon de scruter les
visages, de nous faire sentit la lenteur du temps (le sous-titre du
film est heures mortes), de nous mettre au cœur des
sensations de ce bord de plage près de Vera Cruz démontre
un vrai talent pour son réalisateur.
Jimmy's hall

Une fois encore Ken Loach défend
les plus faibles et nous dépeint ici la lutte des classes en
Irlande dans les années 1930 avec pour figure de proue le
personnage de Jimmy Gralton. Et une fois encore le réalisateur
réussit à nous séduire grace à
l'interprète ( Barry Ward un inconnu ou presque) et grace à
une atmosphère réellement chaleureuse dans une petite
communauté idéalisée sans doute pour mieux
servir son propos.... très évangélique.
L'amertume et la violence laissent cette fois souvent la place à
l'émotion et à la nostalgie, tout particulièrement
dans une très belle scène de danse à la
dimension onirique.samedi, juillet 26, 2014
L'Homme qu'on aimait trop
Ce film est basé sur l’ambiguïté, celle de la personnalité de son anti-héros interprété par Guillaume Canet qui ne joue pas du tout sur son coté enjôleur ( et ça nous manque un peu ) et celle du dénouement; est-il coupable? Or il est diffusé un peu tard puisque le dernier rebondissement en justice de cette affaire retire le doute.C'est bien Agnes Leroux qui est au centre du scénario; mais son personnage n'est pas attirant et on en vient nous aussi à ne plus supporter ses larmes, son petit appartement insignifiant et froid, son mal-être ...Au bout du compte c'est l'histoire autour du Palais de le Méditerrnanée avec l'intrigant Fratoni qui m 'a paru la plus cinématographiquement intéressante mais c'est dans la première demi-heure seulement ... car ensuite les dialogues sont aussi peu écrits que le titre avant de passer aux éternels plans des procès.
Maestro

C'est la dédicace finale qui
donne vraiment du corps à ce scénario un peu mince
d'une vraie rencontre entre un cinéaste reconnu, talentueux,
exigeant, cultivé et bien plus encore (comme si Michel
Longsdale incarnait son propre personnage) et un jeune homme livré
à lui même qui s'est forgé son inculture
puisqu'il se repait de séries américaines mais qui est
beau et n'a peur de rien. Quelle chance pour Pio Marmai d'avoir
obtenu ce rôle (dans le film comme dans la réalité)
qui lui permet de montrer tout son potentiel à la fois drôle,
sensible et charmeur.
Sa partenaire Deborah François (
dont j'avais bien aimé son interprétation de la jeune
dactylo de Populaire) reste trop en retrait à mon avis
surtout par rapport aux deux autres personnages féminins: la
très pétillante Alice Belaidi et la sage et efficace
Dominique Reymond.
mercredi, juin 25, 2014
On a failli être amies

Tout semble un peu factice dans ce face
à face entre de fausses amies dont le capital sympathie penche
clairement du coté de Marithé (Karine Viard)
courageuse, volontaire mais vulnérable face à
Carole (Emmanuelle Devos) gnangnan et gâtée par la
vie. Cela tombe bien c'est Karine Viard que je préfère
et en fausse amie « sincère » elle
n'acceptera pas une liaison avec un homme encore marié à
la geignarde et choisira de mettre en péril son
poste par manquement à sa déontologie professionnelle.
Eh pourtant en tant que femme quadra, et avec toute la subtilité qu'on lui connait ( notamment dans le superbe Ceux qui restent), la réalisatrice Anne Le Ny a bien cerné deux personnages de femmes quadra. En revanche, le rôle de mari idéal (interprété lui aussi magistralement par Roschdy Zem ) tel qu'elle est l'a imaginé n'est-il pas sorti d'un conte de fées moderne (ou le prince charmant est bien évidemment un chef étoilé)?
Avec tant de bons sentiments et de sens moral, ce cinéma là flirte un peu avec les comédies romantiques américaines. Mais à la lecture d'interviews d'Anne Le Ny on sent bien que ses intentions étaient plus ambitieuses: rendre compte d'un certain climat social et des problèmes spécifiques du travail des femmes: choix, réinsertion, burn out; on les perçoit bien sur mais à la manière d'un décor de théâtre: omniprésent mais.....factice.
lundi, juin 23, 2014
La Ritournelle

Plus évident à décrypter qu'un polar chinois,
beaucoup moins sombre (et même pas assez), cet épisode
de « l'amour est dans le pré », est un
psychodrame typique du cinéma français que certains
exècrent mais dans lequel je me complais. Cet exercice sur l'adultère se veut être dans un mode beaucoup plus léger que celui de Flaubert, avec une Madame Bovary plus chanceuse et plus réaliste ; mais c'est toujours Isabelle Huppert qui tient le rôle ; coïncidence sans doute voulue par Marc Fitoussi qui situe l'élevage près d'Yvetot! Car si cette bergère sait nous conquérir comme toujours, elle n'est guère crédible en éleveuse de bovins même si le métier a évolué; ses mains soignées ne sont guère compatibles avec les taches de la ferme. Jean-Pierre Daroussin est par contre plus vrai que vrai.
Ce film reste charmant malgré ses invraisemblances; il a
parfois des accents très justes c'est seulement l'enchaînement des faits sur une seule journée qui rend l' histoire
peu plausible. Les personnages sont plutôt bien cernés et surtout très
bien interprétés. Bien sur j'en profite pour dire un
mot gentil pour mon chouchou Pio Marmai-d'autant qu'il a ici le mauvais rôle
du jeune premier très sur de son charme et très peu
« gentleman » pour ne pas dire gougnafier ....; il m'avait fait craquer dès
son premier film... (vous pourrez vérifier dans mon blog, mais
malheureusement à l'époque il n'était pas
vendeur pour une enseigne connue et donc impossible d'aller le
relancer!). Mais Marina Fois ou le séduisant danois composent eux aussi des
seconds rôles drôles ou attachants.
Black coal

Polar mandchou « âpre
et sinueux », c'est le film du mois sur lequel tout a été
dit et écrit; j'arrive donc après la bataille.
Je l'ai trouvé beaucoup moins
violent que A Touch of Sin -mais bien
entendu dans la même mouvance -ce qui m'a permis d' apprécier
la beauté des longs plans-séquences dans la nuit, sur
la glace, le jeu des lumières et des néons « des
décors entre chaos post-communiste et sauvagerie libérale »
dixit la revue « Trois Couleurs » distribuée
par MK2 ( dont j'apprécie beaucoup les articles);
l'éparpillement des membres découpés seraient
quant à eux le symbole du socialisme chinois moribond et
totalement dispersé. Double lecture rendue possible par des
critiques avertis et par la lenteur du scénario...
lundi, juin 09, 2014
Sous les jupes des filles

Certes Audrey Dana nous délivre
un brouillon (genre première ébauche des anciens
articles de Cosmopolitan) et elle aurait du confier la relecture de
son film à un réalisateur confirmé (et pas
Claude Lelouch dont elle s'inspire à mauvais escient), mais
pourquoi tant de critiques acerbes face à ce premier film qui
ne manque pas d'énergie, d'idées et dont le casting est
fabuleux!
D'après la lecture de ces critiques très
négatives, j'aurais du m'ennuyer; eh bien non! je dis
seulement dommage que tant d'actrices ( qui nous affirment ici
toutes leurs différences et leur talent mais oui!) et tant
d'idées soient lancées sans jamais aboutir, émouvoir
ou même seulement faire sourire. Car certes toutes ces
femmes
sont névrosées mais la réalité affleure
parfois derrière cet anti-masochisme primaire. La crudité
de certaines scènes (le titre nous avertit que cela se passe en-dessous de la ceinture) et le parti pris de bons mots tourne
parfois à la vulgarité; il y a aussi des longueurs et
des redites qui font que « ça ne passe pas »
: ainsi le rôle de Marina Hands qui aurait pu faire basculer le
film vers la comédie de société drôle et réussie
tourne lui aussi à la caricature.Un film donc à ne conseiller qu'aux femmes inconditionnelles des femmes et qui ne sont pas trop addictes aux comédies sentimentales....Cela ne va pas faire des millions d'entrées!
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