lundi, janvier 14, 2019

Au bout des doigts

Convenu, un rien mélo.... déçue!

vendredi, janvier 11, 2019

Asako I & II



Deux chapitres, comme deux saisons d'un conte rohmérien, pour le réalisateur Ryusuke Hamaguchi qui confirme après Senses sa subtilité, son acuité à nous faire percevoir les dédales psychologiques de personnages qui expriment leurs sentiments avec une modestie toute japonaise.
La beauté des images et la mise en scène apportent émotion et intérêt pour la jeune héroïne Asako sur laquelle le temps et la déception ne semblent pas avoir prise sur son apparence physique mais dont le parcours amoureux marquera son passage à la phase adulte.
Acte I à Osaka, avec sa première rencontre amoureuse: le coup de foudre avec Baku, symbolisé par un pétard qui leur permet d'être en face à face. Elle le présente à ses amis, elle ne voit plus le monde qu'à travers lui mails il fugue.....
Acte II à Tokyo, un sosie de Baku la met en émoi; elle se méfie, elle essaye de résister mais elle se laissera persuader de vivre à nouveau une vie en couple, différente, épaulée une fois encore par un couple d'amis.
Parallèle rigoureux entre les deux chapitres, pour mieux comprendre le troisième...
Un beau film romantique loin de la romance occidentale.

jeudi, janvier 10, 2019

Edmond


Dans ce divertissement «boulevardier», le créateur de la pièce éponyme signe son premier film et nous démontre que le théâtre est un art exigeant.
Il nous étonne d'abord par le casting qui réunit des poids lourds du cinéma et du théatre qui en profitent pour surjouer (s'amuser et nous amuser) et nous montrer qu'il leur faut conquérir leur auditoire chaque soir: Mathilde Seigner s'époumone et fait des caprices de diva, Clémentine Célarié s'éclate en Sarah Bernhardt
... Les premiers rôles sont joués plus en sourdine par des jeunes qui contrebalancent les éclats de leurs aînés: Edmond est joué par un acteur plus connu pour ses rôles d'adolescent Thomas Soliveres, sa femme par la jeune et ici très discrète Alice de Lencquesaing et Jeanne par Julie Boujenah parfaite en muse du poète. Quant à l'interprète de Christian, Tom Leeb il accepte avec modestie un rôle de séducteur beau mais sot... Alexis Michalik, lui, campe Feydeau! Ces clins d’œil au spectateur accentue la nécessaire connivence de la troupe avec la salle.
Quant à la mise en scène elle se fait un peu oublier au profit de la narration et des dialogues: nous sommes dans l'attente de la première; après des rebondissements dignes des farces italiennes le rideau se lève et l'acte V de Cyrano nous bouleverse encore et encore....

mercredi, décembre 26, 2018

The Happy Prince


Rupert Everett signe son premier film pour rendre hommage à Oscar Wilde. Il relate la fin de vie de l'écrivain à son retour des travaux forcés. C'est un prince déchu; déshonoré, désargenté, affaibli, il va essayer malgré tout de faire face et de garder la tête haute et le sens de l'autodérision.
L'interprétation de l'acteur est exemplaire, mais la réalisation ne suit pas toujours d'autant que les lieux de la déroute et de l'exil s’enchaînent et s'entrecroisent en flash-backs.
La distribution inclut les grands noms du cinéma britannique dont Colin Firth, Tom Wikison pour des personnages secondaires. Emily Watson y incarne Constance, la femme fidèle; elle  prend l'allure d'une petite bonne femme à joues rondes : déconcertant …. Quant à  l'amant diabolique Bosie qui prend les traits d'un faux Helmut  Berger, il est loin d'en avoir le panache; avec lui on aurait pu s'attendre  à des scènes crépusculaires à la Visconti lors de leur escapade à Naples! Elles ne sont que tragi-comiques.
 On aurait aimé applaudir sans réserve à ce biopic mais ce plaidoyer reste toutefois convaincant  et il nous donne envie de retrouver l'écrivain dans ses écrits!

L'Homme fidèle



Artificiel, peu réaliste, ce film réalisé par Louis Garrel est original dans son scénario et subtil dans l'approche des personnages; il porte vraiment le label film sentimental à la française.
Les relations décrites y sont toujours triangulaires: un couple et un amant ( qui n’apparaît pas à l'écran mais une première scène coup de poing!), puis ce couple et un enfant puis encore ce même couple et une jeune maîtresse. Le couple est interprété par Louis Garrel éternel jeune homme romantique qui ne semble pas vieillir et auprès duquel Laetitia Casta n'est pas vraiment mise en valeur d'autant plus que son personnage apparaît au départ plutôt flou. La jeune maîtresse c'est Lily-Rose Depp telle qu'elle se révèle depuis son premier rôle: aguicheuse, décidée, prête à tout pour obtenir ce qu'elle veut , pas très sympathique... Le petit garçon est le personnage clé, cultivant mystère et manipulation; on pressent que c'est Jean Claude Carrière le co-scénariste qui l'a imaginé avec sa manière à lui de recréer le monde de l'enfance et sa souffrance.
Les photos dans Paris sont belles, on se sent dans une atmosphère de roman; il faut accepter d'entrer (ou pas) dans ce marivaudage pour une parenthèse de psychologie amoureuse élégante et sophistiquée.

vendredi, décembre 21, 2018

Wildlife-une saison ardente


Un film en totale résonance avec l'univers des œuvres de Ed Hopper ! Son héroine Carrey Mulligan, dont la performance est remarquable, est conforme à son portrait type de la femme de la classe moyenne qui s’émancipe mais reste esseulée, encore fragile
Son réalisateur Paul Dano, signe sa première œuvre et s'inscrit dans la mouvance de Sam Mendes dans les Noces Rebelles: même époque 1960, même ennui pour la jeune femme au foyer confinée dans sa maison banale d' une petite ville
Mais ici dans ce portrait de groupe, un couple et son fils unique de 14 ans qui viennent de s'installer dans le Montana, c'est l'ado qui décortique les relations conflictuelles de ses parents; elles lui paraissent d'autant plus impudiques que le garçon est réservé, voire secret. Et comme lui, nous assistons à la dérive du mari tandis que l'épouse semble vouloir tenir le cap, puis quand elle craque d'un coup c'est alors un virage complet; ses ressentiments la rendent dure, désespérée, prête à tout pour vivre ce qu'elle pense mériter.
Le rythme est lent, l'atmosphère oppressante comme si la fumée était aussi dans la salle de cinéma et l'intimité que l'on partage dans des lieux confinés, un salon, un bar, l'intérieur d'une voiture nous étouffe. Un excellent film intimiste américain!
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mardi, décembre 18, 2018

Leto


Le Leningrad Rock club sous l'ère 
Brejnev au début des années 80: un couple passionné de musique occidentale va y accueillir Viktor Tsoi qui deviendra le chanteur de Kino, groupe emblématique de la Perestroïka.  

Loin du biopic, le cinéaste russe Kirill Serebrennikov, assigné à résidence depuis un an, nous livre ici une reconstitution à la fois intimiste, réaliste et baroque de la vie quotidienne d'un groupe de jeunes gens amoureux des groupes de rock anglo-saxons. Elle prend des allures de jeu de chat et de la souris avec le système bolchevique écrasant quand elle n'est pas simplement pour la jeune femme Natasha et son bébé une gageure pour concilier sa vie précaire de femme de musicienne dans un appartement communautaire et ses aspirations à mener une vie libre.
Ce film en noir est blanc est loin d'être triste, les images sont très belles et cette jeunesse est pleine d'énergie, même si l'alcool aidant certaines fins de soirées dégagent une mélancolie très slave. La réalisation est inventive; elle privilégie le mouvement accentuant ici l'aspiration à l'émancipation. Quant à l'histoire amoureuse du trio, elle est traitée sobrement, avec subtilité, psychologie et élégance, tant sur la forme que dans le fond.
Ce n'est donc pas un film réservé aux seuls fans de Bowie ou de The Velvet underground même si la bande son est considérée par ceux qui sont capables de juger comme excellente; globalement la signature de ce film est très « Nouvelle vague».


samedi, décembre 15, 2018

Une Affaire de famille


«Seul le crime nous a réunis», tel est le point de départ du film de Hirokazu Kore-eda qui a remporté la Palme d'Or pour cette fable dénonçant les failles de la société japonaise. Ce cri d'alarme se révèle aussi un magnifique plaidoyer pour témoigner de l'indéfectible besoin d'amour et de tendresse de l'être humain qu'il soit moral ou amoral. 
Mais point de grands sentiments dans ces premières images du film. Déconcertés, et même rebutés par une cellule familiale dont on ne comprend guère les liens de parenté, nous assistons à des scènes intimistes dans une sorte de cabane où cohabitent 5 personnes dans le désordre et la précarité. On y survit grâce à des magouilles, des rapines, des mensonges.
La confusion fait très vite place à la tendresse; la famille a recueilli une petit fille maltraitée, affamée et laissée à l'abandon. Yuri va attendrir chacun et leur faire ressentir le besoin de se serrer mutuellement les coudes, d'abord pour se protéger car ils vivent sous la menace d'une dénonciation d'enlèvement mais aussi par ce que l'amour pour Yuri leur rend une vulnérabilité aux sentiments qui avait été émoussée par la dureté de leurs conditions de vie: le père accidenté du travail n'est pas indemnisé pendant son arrêt maladie, la mère blanchisseuse est licenciée, sa jeune sœur de 15 ans travaille dans un peep-show...
Le jeune ado Shota, non-scolarisé, «dressé» à voler, devient malgré lui au centre de la narration. S'il accepte finalement d'appeler Yuri «Petite sœur», on commence à s'interroger quand il accepte aussi d'appeler le père «Papa».
Le scénario ensuite s'emballe et surtout nous submerge d'émotions, jusqu'à la toute dernière image.