samedi, décembre 12, 2009

Persécution

TTT dans Telerama, ça craint! Et l'on n'est pas déçu, ce film fera le bonheur des cinéphiles purs et durs et des cinémathèques!

Patrice Chéreau, le réalisateur,se complait dans la souffrance de personnages compliqués qui semble-t-il pourraient vivre heureux dans la vraie vie. Il livre ici son film le plus personnel,narcissique, sombre mais beau ( de très belles scènes de nuit dans Paris). Le couple d'acteurs, Romain Duris et Charlotte Gainsbourg est en parfaite symbiose (comme la musique) avec la violence psychologique et semble se donner corps et âme à ce drame. Comme le résume parfaitement le critique de Marianne: « Persécution n'est pas un film aimable. Il n'en mérite pas moins d'être aimé », et les dernières images très belles sont apaisées.

Mensch

Ce film-là nous emmène au-delà des sentiers battus du film policier, et est très éloigné du Sentier de" La Vérité si je mens", bien qu'il nous relate un épisode d'une communauté juive de la rue Richer. Sami Frey y est le Patriarche, veillant sur sa famille réunie pour le dîner de Chabbat (une très belle scène) et s'inquiétant à juste raison pour son petit-fils Sam dont la spécialité est le perçage des coffre-forts. Tous les acteurs sont excellents, servis par des vrais dialogues, en particulier Nicolas Cazalé qui interprète Sam et est bien entouré ( Myriam Boyer, Maurice Benichou...)



mardi, décembre 08, 2009

The Limits of control

Ce sont l'esthétique et la poésie qui guident le réalisateur Jim Jarmush pour ce film vraiment abscons et très lent. Le film donne envie de redécouvrir les régions montagneuses du Sud de l'Espagne où se déroule la fin du périple d'un samouraï noir(Isaach de Bamboulé) qui doit assurer une mission dangereuse et mystérieuse. On ne saura pas grand chose de plus, même à la fin, ni sur lui, ni sur sa mission. Chaque plan ou scène est composé comme un tableau ( et nous renvoie parfois au tableau lui-même dans le musée de la reine Sofia à Madrid) et est souvent déconnecté de la scène suivante, comme cette belle scène de répétition de flamenco.

Ésotérique, hypnotisant pour les critiques de presse il finit par être ennuyeux à la longue(1h56) pour un non spécialiste de Jim Jarmusch car on a beau attendre la suite, il ne se passe rien!

Bazar


Seul Telerama défend à juste raison ce petit film franco-suisse, distribué dans 4 salles seulement en région parisienne, au scénario improbable d'un amour entre une sexagénaire Bernadette Lafont et d'un marginal de 25 ans , le beau Pio Marmaï. C'est gentiment bohême, optimiste car notre « fiancée du pirate », ne conservera finalement que le meilleur de cette parenthèse qui lui fera de beaux souvenirs comme les ont chantés déjà Barbara et Dalida. Un beau cadeau de départ à la retraite tant appréhendée par cette bientôt grand-mère qui ne veut pas se voir mettre aux rebuts comme ses antiquités.
A voir comme un téléfilm, si l'on est proche de cette sensibilité féminine et (très )mature, à l'image de sa réalisatrice Patricia Plattner.

La Sainte-Victoire


Déjà le titre joue sur les mots, comme s'il voulait nous mettre en garde: le scénario est plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord! Il nous situe la région où va se dérouler cette aventure sociopolitique, avec pour cadre la montagne Ste Victoire et la ville d'Aix en Provence tout en nous annonçant cette victoire électorale remportée par le duo Clovis Cornillac, le self made man ambitieux et doué et Christophe Clavier, l'homme politique un peu coincé et pas assez charismatique (contre-emploi intéressant) qui ne sera pas sans conséquences.
Subtilité donc du scénario et des conclusions qui ne va pas sans une certaine confusion des genres, une mollesse et des répétitions dans le déroulement de l'action. Intelligent mais pas captivant, ce film m'a déçue après l'excellent « le rôle de sa vie » tourné en 2003 par ce même réalisateur François Favrat.

jeudi, décembre 03, 2009

La Famille Wolberg

On s'immisce à nouveau dans une famille juive eskénaze; mais cette fois je n'ai pas réussi à tisser des liens avec cette famille là. Tout paraît étrange et d'abord cet accent wallon pour le maire de Mourenx! Et Valérie Benguigui en tombeuse de Jocelyn Quivrin ( on salue ici sa dernière prestation), et une jeune fille qui fête ses18 ans sur le mode d' une adulte de 30 ans et.....cet art du décalage continuel ne m'a pas séduite .

mercredi, décembre 02, 2009

La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy

C'est une comédie savoureuse sur fond de musique klezmer où l'humour yiddish, la drôlerie cachent une certaine mélancolie et un mal être comme le souligne un plan appuyé sur le couple formé par Antoine de Caunes et Elsa Zylberstein qui nous avait déjà émus dans le précédent épisode de cette histoire écrite et réalisée par Jean-Jacques Zilbermann il y a 10 ans ( l'homme est une femme comme les autres).
Tous les acteurs nous emmènent avec entrain dans cet appartement parisien du quartier coloré de Chateau-rouge et nous donnent avec sobriété et modestie, à l'image de l'acteur principal, une leçon de savoir-vivre humaniste. Le jeune acteur arabe Mehdi Dehbi qui interprète la « folle » de cette histoire d'amour participe pour beaucoup au plaisir de déguster ce moment passé avec cette équipe.

lundi, novembre 30, 2009

Vincere (Vaincre)


Quelle puissance, quelle violence des actes et des sentiments dans ce film tourné à la façon d'un opéra. C'est magnifique! Du très grand cinéma italien.
L'interprète de l'héroïne Giovanna Mezzogiorno est vraiment exceptionnelle

Une Affaire d'Etat


Comme l'exprimait un spectateur en sortant « il y a beaucoup de morts mais il n'y a pas de temps mort ».Ce thriller à la française (comprendre moins de technologie, moins de violence mais plus de dialogues) se laisse voir avec plaisir, il est bien ficelé et surtout tous les acteurs sont très bien dirigés. Mais il est un peu passe-partout.

La Domination masculine


L'affiche était drôle et le sujet toujours d'actualité. Après le féminisme flamboyant des années soixante on pourrait croire que les batailles gagnées au siècle dernier le sont définitivement et qu'au XXIème siècle on  reconstruise une image différente de l'homme sans qu'il y ait guerre des sexes. Que nenni! Ce documentaire illustre que dans la réalité, insidieusement, les vieux démons du machisme ont repris le dessus. Au Quebec le combat est si sévère que Patrick Jan le réalisateur  n'a pu aller donner des conférences de peur d'être agressé.

La violence conjugale apportant son lot de sang, d'horreurs et de situations dramatiques est un des chapitres du film montrant un autre aspect de cette guerre des sexes.
Mais qui trop embrasse mal étreint , le tout donne une impression brouillonne et mal maitrisée.
Pas de sens interdit car le réalisateur a voulu justement interpelé et n'a pas fait dans la nuance pour que chacun se sente concerné mais j'ai préféré réfléchir sue le sujet avec le livre de Natacha Polony L'Homme est l'avenir de la femme.

mardi, novembre 24, 2009

L'Homme de chevet


Adapté du même auteur, Eric Holder, que Mademoiselle Chambon, ce premier film d'Alain Monne assume complètement son côté romanesque. L'action se situe dans Cartagena en Colombie avec des scènes et des paysages hauts en couleur locale. Il met en scène non seulement le duo Sophie Marceau, Christophe Lambert, mais un vrai quatuor où chacun est dépeint avec attention. Les gueules cassées du style Christophe Lambert attirent les femmes de tout bord: l'actrice dans la vraie vie, mais aussi dans le scénario la jolie colombienne mystérieuse qui s'est vouée corps et âme à la paralysée et la jeune boxeuse de petite vertu qui toutes aimeraient le consoler et lui redonner le gôut de vivre.

La dernière scène sur la plage est très belle : une mise en images d'un poème de Francis Ponge qui permet d'imaginer soi-même le futur ou le no future de nos héros.

lundi, novembre 23, 2009

In the Loop

Dans ce film tiré d'une série anglaise intitulée « The Thick of it »qui a cartonné en GB, la satire des hommes politiques anglo-saxons est féroce et nous sommes au prime abord un peu abasourdis par la virulence des propos.
Le thème est ici la préparation du vote aux Nations Unis de l'intervention en Irak et tous les personnages agissent comme s'il s'agissait simplement de lutte de pouvoir personnel ou de la justesse de ton politiquement correct à adopter face aux Media, oubliant l'enjeu lui-même. Le ministre du Développement international est un pantin et le tout-puissant (of course!) Directeur de la Communication (interprété par l'acteur écossais Peter Capaldi ) est un abominable dictateur d'une vulgarité de langage inimaginable. Quant aux multiples conseillers et attaché(es), qu'ils soient à Londres ou à Washington, ils gèrent la situation au mieux de leur intérêt. Tout est speed, les dialogues sont vifs et percutants, on passe d'un bureau à l'autre en GB et aux USA et le spectateur doit essayer de suivre ce rythme effréné, pas facile lorsque l'on ne maitrise pas toutes les déclinaisons possibles d'injures anglaises et toutes les références d'un assidu de la BBC.....C'est jouissif, décapant mais il faut s'accrocher!

Un soir au club

Christian Gailly le romancier jazzman amateur d'aéronautique vient d'être adapté deux fois en l'espace d'un mois. D'abord le scénario des Herbes Folles ( tiré du roman intitulé L'incident ) m'avait donné envie de lire cet auteur que j'ai découvert avec Un soir au Club, ignorant qu'il allait être adapté au cinéma par Jean Achache.
Le ton du roman, original, désabusé, triste est parfaitement restitué dans le film et notamment grâce à l'acteur Thierry Hancisse qui interprète Simon, l'ancien pianiste de jazz qui a raccroché mais est encore accroc; il colle vraiment au héros du roman. Je voyais Debbie la chanteuse un peu plus vieille et moins lisse qu'Elise Caron et c'est plutôt Maryline Canto dans le rôle de l'épouse qui attend, plus terne dans le roman, qui donne ici un peu de vie à cette page un peu morose, au propre comme au figuré puisqu'elle réalise des dessins animés. En fait c'est la bande son jazzy qui est mise en avant et qui prime sur tout, puisque c'est la musique qui fera dévier le cours de trois vies.