lundi, février 01, 2010

Le Refuge

Isabelle Carré apporte toute sa grâce et sa sensibilité à ce beau film où François Ozon nous montre la beauté extérieure des personnes, de la nature et des sentiments avec une photographie superbe pour mieux nous laisser deviner le mal-être de ses personnages.
On peut aussi remercier François Ozon de nous révèler Louis-Ronan Choisy, nouveau venu comme acteur- et compositeur de la chanson du film -que ma voisine a qualifié d'un « oh la vache ce qu'il est beau »( l'expression utilisée permet de la « dater ») comme il nous avait dévoilé Melvil Poupaud (lui aussi compositeur ) dans l'inoubliable le temps qui reste  et où il est lui aussi en mal d'enfant. Melvil Poupaud tient cette fois le  rôle du père de l'enfant, que l'on entraperçoit seulement puisqu'il meurt d'une overdose dès le début du récit.

samedi, janvier 30, 2010

Océans

Cette fois nous sommes en suspens dans l'eau; c'est beau , magnifique même, angoissant ou oppressant quelquefois. La prouesse technique est extraordinaire mais cette séance de plongée confortablement assis dans un fauteuil est parfois un peu lassante: les mouvements sans fin des poissons et surtout la musique qui se fait assourdissante quand ce ne sont pas les animaux qui s'expriment (soupirs, chants de sirènes très beaux ...) se répètent un peu.

Par contre le commentaire est très soft, tant en volume qu'en contenu. Merci donc à Jacques Perrin qui a préféré montrer que démontrer.
Mais un regret quand même les équipes sont allées sur les côtes du monde entier et l'on n'en distingue et donc ne reconnaît que quelques unes, c'est un peu frustrant. Par contre l'Antarticque, que l'on ne peut pas ne pas identifier est toujours (pour le moment, profitons en !)aussi époustouflant et bien sûr la Bretagne, la tempête avec les bateaux du Guilvinec reste pour moi le moment phare (!!). Les poissons c'est bien mais les bateaux qui bravent les océans déchainés c'est vraiment du grand cinéma(rappelez-vous le Crabe-Tambour).

In the Air

La bande annonce nous invitait à une comédie romantique un peu caustique comme nous les concocte avec humour et légèreté pour les plus réussies ( dernière en date La Proposition ) le cinéma hollywoodien. Et l'image souriante, virile et toujours ô combien séduisante de Georges Clooney nous confortait dans cette impression.
C'est un tout autre film que j'ai vu où la comédie est plus amère que douce et le propos plutôt dérangeant et plus en ligne avec le titre In the Air qu'il faudrait traduire par « en suspens » comme dans la belle chanson du générique de fin et plus conforme à l'esprit de Juno le précédent film de ce réalisateur.
Le travail de Ryan, alias George Clooney est de virer les gens, et on ne se contente pas de sa carte de visite, les images de licenciement sont nombreuses et toujours très personnalisées, cela plombe déjà l'ambiance et nous renvoie au titre( ne parle-t-on pas de suspension d'un contrat de travail). Les images du duo pataugeant dans la boue de Détroit sont elles aussi éloquentes.
De plus sa philosophie d'une vie personnelle réussie parce qu'il était égoïste et surtout qu'il avait su voyager léger ( en se détachant de tout lien affectif, de toute forme de propriété) bascule lorsqu'il découvre les valeurs familiales et l'amour au mariage de sa sœur. Cela se révèlera là aussi une supercherie, le laissant désabusé et sans but (même sa carte platinium ne lui apporte pas le plaisir escompté). Il reprend son mince bagage, ses dernières illusions en moins et en nous laissant plantés là (en suspens) pas mal désenchantés.

jeudi, janvier 28, 2010

Complices

C'est une enquête policière menée à la façon d'un épisode de FBI, c'e.a.d. bien ancrée dans une réalité sociologique précise, sur un sujet que la série aborde parfois, la prostitution masculine.
C'est Cyril Descours, vu récemment dans Petite Zone de Turbulence dans le rôle du fils gay qui joue avec beaucoup de conviction le rôle de ce jeune homme. Dommage que les plans finaux explicitent ce qu'il était suffisant de suggérer, le titre du film éclairant déja cet aspect du scénario alors qu'il aurait pu nous orienter vers une autre complicité évoquée au cours du film qu'il aurait été intéressant d'approfondir, la complexité des rapports entre le duo de flics quadras, servi en particulier par Gilbert Melki dont le côté mystérieux , sombre et solitaire s'accomode bien de non-dits et de pudeur amoureuse.

samedi, janvier 23, 2010

A Serious man

Les frères Coen m'ont déconcertée; dès le début le premier conte m'est apparu incompréhensible (il s'agit d'un conte lituanien en Yiddish) et j'ai essayé vainement de voir le lien avec l'histoire qui suit. C'est leur jeunesse que racontent les frères Coen qui nous peignent avec brio l'univers d'une communauté juive dans le Midwest dans les années soixante. Mais on a l'impression d'être décalé d'un siècle entier et encore faudrait-il avoir avec soi son lexique du catéchisme juif puisque le « mensch » dont l'histoire nous est contée est un pratiquant actif dans sa communauté dont il suit les rites . Ainsi le mot GUET (divorce religieux) qui revient souvent et dont j'ignorais et l'existence et la signification!
Il en reste une galerie de portraits absolument fabuleux comme dans No country for old men;les situations sont cocasses et l'humour juif grinçant dépasse de loin en noirceur celui de Woody Allen.

Gainsbourg (vie héroïque)

Un peu, et même beaucoup déçue par ce Gainsbourg si attendu et promu. La première partie est pleine de charme, de trouvailles avec ce double en marionnette sophistiquée. Le tout est élégant, inventif, artistique. Mais ensuite c'est long, bien long, trop long....Une mention spéciale à Laetitia Casta qui nous fait revivre le mythe Bardot.

mardi, janvier 19, 2010

Tsar

C'est un film pesant où toutes les outrances des mots en isme sont mises en image avec ostentation : barbarisme (sous toutes ses formes, torture incluse bien entendu), mysticisme et bien sur absolutisme puisqu'il s'agit de nous conter l'histoire d' Ivan le Terrible rongé par la hantise de la trahison de ses proches après sa défaite avec la Pologne.
Ce drame russe est d'une violence quasi-insupportable malgré les costumes aux broderies magnifiques, les paysages enneigés. L'approche psychologique des personnages y est quasi hollywoodienne: les méchants et la méchante (la tsarine en nouvelle riche trop maquillée et odieuse) élimineront les bons et le Tsar devra affronter la solitude totale du despote qui refuse d'être éclairé par l'homme d' Eglise.
Le réalisateur du film Pavel Lounguine, connu pour Les Noces par exemple, est soutenu par les banques et a bénéficié d'une grosse production, on ne peut donc le soupçonner de vouloir une nouvelle révolution contre un quelconque despotisme. On peut donc s'interroger sur le manque de nuances de cette reconstitution historique.
Il faut cependant saluer l'interprétation du tsar par Piotr Mamonov (musicien de rock de son état).

lundi, janvier 18, 2010

Mr Nobody

Et si l'on pouvait vivre plusieurs vies et connaître les conséquences de ses choix? Parce qu' un petit garçon Nemo hésite entre suivre son père ou sa mère qui se séparent sur un quai de gare, le réalisateur de Toto le héros propose de dérouler ses différentes vies en fonction des choix qu'il ne peut pas faire, à 9 ans, à 15 ans jusqu'à 34 ans ou même de choix que d'autre font pour lui. On comprendra que la narration est complexe et difficile à résumer et il est même souvent difficile de s'y retrouver. Entre poésie et philosophie le film nous propose aussi plusieurs pistes.
Alain Resnais nous proposait déjà ce cheminement dans Smoking et No Smoking, mais ici le réalisateur choisit (parfois) le mode fantastique avec voyage sur Mars (un peu) quand le jeune homme écrit des romans de science-fiction et situe le coeur de l'histoire en 2092, une époque où l'homme ne meure plus (ses cellules se reconstituent au fur et à mesure grâce à un petit cochon que l'on porte toujours sur soi, c'est assez drôle) mais il ne peut plus ni fumer, ni manger de la viande, ni avoir de sexualité!
De continuels allers-retours entre le temps présent, le passé, l'Europe et l'Amérique(c'est en partie au Canada) alourdissent le propos et nous font regretter un peu les grands classiques qui devaient se plier à la règle de l'unité de temps, de lieu et d'action mais qui pourtant nous faisaient parfois trouver le spectacle un peu long, tout comme celui-ci!

dimanche, janvier 17, 2010

La Dame de trèfle

En cartomancie, Argine, anagramme de Regina est la dame de trèfle, une femme aimant le plaisir et insouciante. Telle est la jeune anti-héroïne du nouveau film noir réalisé par Jérome Bonnell qui reprend les thèmes de son précédent film J'attends quelqu'un .
Il nous raconte l'histoire de deux orphelins vivant dans une maison un peu délabrée dans un coin de province sans intérêt. Le frère Aurélien interprété par Malik Zidi (excellent dans ce rôle) est très attaché à sa soeur borderline Argine ( jouée par l'actrice culte du réalisateur Florence Loiret-Caille) sur laquelle il veille matériellement et psychologiquement. C'est lui qui dérapera dans le drame et la violence, les obligeant tous les deux à faire face au destin qui les malmène.
On retrouve pour les econds rôles aussi les acteurs amis de Jérome Bonnell (Nathalie Boutefeu, Marc Citti ) même si Jean-Pierre Darroussin , élément clé du récit n'apparait que très peu à l'écran. Marc Barbé, vu récemment dans le rôle du père déchu de Gamines, interprète ici un autre personnage égaré, mais plus inquiétant et plus violent.
C'est un film sombre, conduit avec maîtrise et subtilité où le destin conduit les personnages à leur insu et seul l'épilogue nous dit une fois encore qu'il faut rester optimiste .

Invictus


Une belle histoire dans la Grande Histoire, celle de la fin de l'Apartheid contée dans le plus pur style hollywoodien qui aime à nous montrer les bons sentiments dans une fresque épique. Clint Eastwood, l'homme qui aime les westerns veut sublimer la veangeance pour donner une grande  leçon de fraternité. Il a su nous faire partager son admiration pour Nelson Mandela et l' interprètation sans failles de Morgan Freeman sait nous émouvoir. Matt Damon est pour les spécialistes moins crédible en capitaine de l'équipe des Sprinboxs et de leur avis, les scènes de rugby sont approximatives. Les scènes de foule n'en sont pas moins extraordinaires et le rugby un sport très visuel. Un mélo politique incontournable!