lundi, novembre 05, 2018

Capharnaüm


Qu'importe la forme, ce film coup de poing nous interpelle grâce non pas à sa réalisatrice Nadine Labaki, mais à un petit garçon de 12 ans, Zain, qui vivait dans un bidonville de Beyrouth; il y interprète son propre rôle, enfin presque et la différence est de taille car ses parents à lui sont aimants, il peut donc supporter de porter le lourd message à passer. Zain a bouleversé le jury de Cannes et tous les spectateurs. Dans une jungle urbaine où l'homme est un loup pour l'homme et a fortiori pour les enfants, il sait garder dignité, compassion, sang froid et une attention très tendre pour ce bébé qui lui est confié comme il s'était senti responsable de sa sœur.
Tous les sujets abordés dans le film font peur: pauvreté, maltraitance des enfants, statut de Beyrouth au cœur du problème de l'émigration syrienne et éthiopienne, sort de filles mariées trop jeunes, limitation des naissances, emprisonnement des enfants. Un film peut-il aider à faire progresser la situation ? Pour Zain et sa famille accueillis en Norvège, il permettra au moins de ne plus limiter le mot avenir à la seule survie quotidienne.

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