

Sa survie dans la clandestinité, qui était pour l' adolescente un apprentissage réussi et bien géré par son père, va être vécu ensuite comme une fuite pesante et aléatoire lorsqu'elle va connaître le besoin de créer des liens et de vivre en société. Une vie dans le monde normal que ne peut lui offrir son père un vétéran du Vietnam à jamais traumatisé, prêt à presque tout par amour pour sa fille mais incapable de supporter mentalement le lien d'une communauté.
La communauté qui accueille finalement les fugitifs est celle de vieux hippies
reconvertis dans l'exploitation du bois ; l'occasion pour la
réalisatrice de retrouver l'actrice Dale Dycker et de décrire un
microcosme qui vit en accord avec ses idées. L'amour de la nature et le sens de l’entraide sont prônés comme une alternative à la désertion d'un monde par trop urbanisé et "consumérisé". Cette fraternité s'élargit au monde animal qui apporte à la fois la nourriture (le miel bien
sûr pas la viande) et le réconfort psychologique
L'idéologie
est véhiculée par des acteurs justes, sans mélo, les photos sont
belles et la nature expressive : la nature riche, ménageant des
caches et des abris quasi-confortables dans le parc national proche
d'Oakland en Oregon se fait hostile plus au Nord dans l'état de
Washington lorsque la jeune fille subit la décision de son père de
fuir ; elle devient alors adulte puisqu'elle passe du statut de
protégée à celui de protecteur.
C'est
une très belle histoire d'émancipation où la violence sociologique
et les émotions sont contenues les rendant d'autant plus fortes.
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