jeudi, juin 25, 2009

Jeux de Pouvoir







C'est un film efficace, extrêmement bien joué mais qui n'a pas l'originalité du film précédent de ce réalisateur( le Dernier Roi d'Ecosse). On pense plutôt à un scénario dérivé d'un roman de Grisham, avec ses grandes causes et les coalitions mettant en jeu des hommes d'influence comme on l'avait déjà vu dans La Firme.Les personnages sont complexes, intéressants et le milieu de la presse est décrit avec brio.

Fais-moi plaisir






Emmanuel Mouret nous a fait le plaisir de refaire un film et le charme opère à nouveau. Il reprend les mêmes personnages (un peu) que dans Changement d'adresse et s'entoure des mêmes partenaires Fréderique Bel, Dany Brillant pour nous emmener sur les traces de Rohmer dans des imbroglios romanesques où le hasard tire souvent les ficelles. Les dialogues du début ont un ton typiquement rohmérien, avec certaines réparties d'une logique absurde de Frédérique Bel qui convainc son partenaire de la tromper (fais-moi plaisir...) . Mais cependant la musique déjà nous met sur la piste d'un changement de ton et annonce les rebondissements vaudevillesques de la suite....On pense à Marivaux, à Feydeau et on s'amuse sachant bien que le conte se terminera par une vraie leçon à la façon unique de ce réalisateur vraiment talentueux.

Looking for Eric






Difficile d'aller voir ce film pour quelqu'un qui n'es pas fan de football pouvait-on penser de prime abord? Eh bien non, Ken Loach sait nous rendre proche et bien vivant ce monde des postiers dont la vie pour certains et pour un certain Eric notamment, beau-père perturbé, serait trop pesante s'il n'avait le réconfort de l'amitié virile des copains de boulot fans et fiers de leur équipe Manchester United.....Faire face, croire en sa réussite, Eric Cantona donne via l'humour et le savoir-faire de Ken Loach une leçon d'humanisme modeste et moderne.

lundi, juin 22, 2009

Amerrika











Dans West Side Story déja, les portoricains chantaient leur déception de se sentir exclus et mal-aimés d'une Amérique bien différente de celle dont ils avaient rêvé.
Depuis Septembre 2001, c'est la communauté musulmane et/ou arabe qui a été montrée du doigt ou même rejetée. L'arrivée d'une mère courage palestinienne et de son fils, alors même que G.W. Bush vient de débarquer en Irak ne peut donc que leur réserver déboires et déconvenuses.
Hiam Abbass tient le rôle de la soeur de l'héroïne et sa seule présence dans un film vaut pour moi d'aller le voir. Elle est ici dans un registre plus sombre, plus tourmentée et moins "exemplaire" que dans "Les Citronniers". C'est une actrice inconnue, Nisreen Farou, qui a la lourde tâche d'interpréter le personnage de la femme palestinienne, divorcée, déracinée, aux prises avec son fils adolescent pour lequel elle a accepté de quitter son pays pour lui offrir , à sa demande, une vie meilleure (difficile d'imaginer un handicap encore plus fort!). Elle relève pourtant le défi et nous montre un chemin pour retrouver un peu de sérénité et même une certaine joie , sans mélo avec simplicité.
C'est une belle histoire, partiellement autobiographique pour la réalisatrice Cherien Dabis née aux USA de parents palestino jordaniens, qui signe ici son premier long-métrage.Ce film présenté à la Quinzaine des Réalisatisateurs à Cannes a séduit la critique et les spectateurs (enfin tout est relatif, il n'est distribué que dans 88 salles seulement contre 387 pour Tellement proches!) par son côté attachant même si il n'a pas de grands moments de cinéma.

samedi, juin 13, 2009

Sunshine Cleaning





Cette comédie dramatique douce-amère est produite par l'équipe de Little Miss Shunshine, comme le titre tient à nous le rappeler. On y retrouve le ton à la fois original, humoristique et humaniste dans cette autre histoire de loosers qui se déroule à Albuquerque. On évite ici cependant le côté cracra de Little Miss Shunshine que je n'avais pas aimé car l'héroïne est ici une jeune femme émouvante, pugnace interprétée par Amy Adams épatante. C'est aussi l'occasion de voir jouer Chloé de 24h , mais encore bien renfrognée.....
Alors pourquoi une grenouille seulement? La fin optimiste ne sonne pas très juste.....

vendredi, juin 12, 2009

Les Beaux gosses





L'âge ingrat dans toute sa splendeur, voilà le thème du premier long mètrage de Riad Sattouf, auteur de BD dont Retour au collège. Le film insiste sur l'aspect douloureux de l'initiation à la vie amoureuse et décrit avec brio et humour la vie quotidienne au collège, à la maison, en bande....Les quelques personnages adultes qui apparaissent ne viennent guère en aide à ces adolescents, ils doivent eux aussi gérer leurs problèmes. C'est plus crado que LOL et sûrement beaucoup plus proche de la réalité.

jeudi, juin 11, 2009

je vais te manquer




Encore un titre qui annonce du "cinéma français modeste"! Gagné!
Premiers pas comme réalisatrice de l'auteur de scénario, de romans et de pièces de théâtre Amanda Sthers , ce film sympathique pêche par manque de moyens et d'expérience. Le casting avec le couple de majors Pierre Arditi et Carole Bouquet aurait pu être un atout , au contraire il plombe un peu ce choral comme si toutes les histoires n'étaient pas uniques. Pierre Arditi en particulier est mal canalisé et il joue comme au théâtre, un rôle d'écrivain susceptible qui commence à trop lui coller à la peau. Carole Bouquet fait elle dans le beau, l'émouvant et cela lui va bien, naturellement! Par contre Patrick Mille, le colocataire de Clara Sheller saison 2, qui remplace Patrick Bruel l'ex compagnon de la réalisatrice dont elle vient de se séparer et qu'elle n'a donc pas fait tourner,a un sourire irrésistible fou.
Beaucoup (trop)de personnages et de nombreux dialogues permettent à chacun de privilégier ses morceaux choisis et de laisser le reste, c'est l'avantage d'un film choral. Pour ma part j'ai aimé la scène improbable d'un échange vrai dans les toilettes entre la jeune femme acculée à faire ce sale boulot et la femme âgée (Monique Chaumette) très perturbée par ses retrouvailles tardives avec l'homme de sa vie(Michael Lonsdale). L' idée de tenter un nouveau départ pour ce couple âgé comme pour tous les autres personnages était assez belle dans son concept mais sa mise en scène est un peu lourdaude. D'autres scènes aussi déjantées donnent un ton assez échevelé à cette ronde de portraits trop esquissés pour être intéressants. Comme la plupart des personnages, l'histoire ne décolle pas et nous restons en salle d'embarquement dans l'attente d' un prochain film plus achevé.

Un Mariage de rêve (Easy vertue)





Parce que l'ambiance des grandes maisons anglaises telle qu'elle était suggérée par la bande annonce,très alléchante, est toujours une plongée dans un monde unique qui va disparaître, ce remake de la pièce Easy vertue, écrite par un jeune auteur Noël Coward en 1924, paraissait intéressant. Hélas on est loin de Gosford Park,des Vestiges du Jour ou de Match Point. Seules les performances d'acteurs du couple Colin Firth, Jessica Biel et un dénouement amoral sauvent ce film de la banalité.

Millenium, le film





Résumer 800 pages en 2h20, tel était le défi de la mise en images de ce thriller au succès planétaire. C'est réussi et l'ambiance, l'histoire et les personnages sont très prenants même si la mise en scène reste académique. Quant à la jeune actrice Noomi Rapace, elle est époustouflante.

Quelque chose à te dire





Ce film sympathique typique du cinéma français modeste est bien proche du téléfilm par son côté invraisemblance et rebondissements familiaux et se laissera vite oublié mais il est agréable à voir grâce à l'excellence de tous les comédiens dans un casting remarquable et des dialogues soignés. On frémit vraiment à l'idée d'assister à ces repas de famille.....

mercredi, mai 20, 2009

Etreintes brisées





Bien sûr il faut se précipiter pour voir ce nouveau chef d'oeuvre d'Almodovar. Même si le thème est moins enthousiasmant et plus classique que celui de Volver ou moins touchant que celui de Parle avec elles, la mise en scène, la photographie, le montage, la musique, les acteurs sont remarquables. Ce film jongle entre le passé et le présent, la réalité et la fiction avec une maîtrise exceptionnelle. Les acteurs masculins, souvent moins salués dans Almodovar, ont ici une présence et une épaisseur particulières.

Je l'aimais





C'est le troisième film de Zabou Breitman et ses deux premiers Se souvenir des belles choses et l'Homme de sa vie étaient vraiment émouvants et vrais. Si l'univers du roman d'Anna Gavalda est beaucoup mieux cerné que la précédente adaptation de Tous ensemble par Claude Berri, ce film apparait moins abouti.
Le côté sombre est bien rendu avec l'atmosphère du chalet, le côté mutique de la jeune femme incarnée avec beaucoup de justesse par la jeune comédienne Florence Loiret et bien sûr le côté renfrogné et morose de Daniel Auteuil qui est parfait dans le rôle de Pierre.
Alors que les duos sont filmés avec brio parfois, telles les scènes amoureuses avec la lumineuse Marie-José Croze et le diner avec sa femme, les scènes de groupe sonnent souvent faux ( dans le cabinet d' experts notamment). Les clins d'oeil à d'autres cinéastes sont nombreux: on pense à Sautet lorsque la scène du café est filmée de l'extérieur ou à Lost in Translation dans l'hôtel à Hong Kong lors du coup de fil de sa femme...mais l'ensemble est un peu hétéroclite.

jeudi, avril 30, 2009

Romaine par moins 30





C'est un film de fille :Agnès Obadia, sur une fille Sandrine Kamberlain et sur un problème de fille: la relation entre la jouissance physique et le fait d'être capable de s'assumer.... Quand on a dit cela on peut comprendre que ce film peut en exaspérer certains...
Sandrine Kamberlain, maigrichonne, maladroite est de tous les plans et elle excelle dans ce rôle, à la fois loufoque et émouvante dans cette recherche de son autonomie (elle nous a habitué à ce genre de rôle qui lui va bien). La photo est souvent sublime, la nuit, la neige, les lumières, les couchers de soleil et la nature québecoise sont un très bel écrin joliment mis en musique. On peut comprendre que cela plaise à certaines.......

Incognito










Le genre comédie française est un genre très cultivé (?) ces dernières semaines, et afin de ne pas toutes les bouder, j'ai choisi celle qui paraissait la plus digeste selon les critiques.... et malgré Franck Dubosc, qui n'en faisait pas trop disait-on!
Eh bien Franck Dubosc est vraiment lourd et insupportable pour celle qui le découvre ici mais tout le reste du film est agréable.
Tout d'abord Benabar, la vraie vedette, qui se révèle un acteur fin, frais et nature. Et puis le comique de situation ; même si le scénario est un peu tiré par les cheveux, il permet de développer deux sources de burlesque, parfois un peu faciles bien sûr. En premier lieu, l'opposition entre deux mondes aux antipodes, celui des contrôleurs de la RATP et celui du show business, tous deux décrits avec des dialogues enlevés et des scènes cocasses (déco nouveau riche, paparazzi, scandales de la presse). Mais aussi le nanti qui devient l'obligé ( presque comme dans Marivaux où les suivantes prenaient la place de leur maîtresse!) découvrant ainsi un rapport aux autres et aux choses bien différent...Enfin cerise sur le gâteau, la présence de Jocelyn Quivrin, un séducteur cool et gentil qui s'interroge sur son manque de succès quand il est auprès de Bénabar..... « je me croyais pas si mal pourtant »....

mardi, avril 28, 2009

Still walking





Chronique amère et universelle d'un week-end où les trois générations sont réunies parents, enfants, petits enfants, pour le pire plus que pour le meilleur; c'est beau tout simplement.

jeudi, avril 23, 2009

Coco avant Chanel





C'est sans surprise que ce film m'a déçu; je ne voyais pas comment Audrey Tautou pouvait interpréter une battante; mais il est vrai que seuls les débuts de Coco sont racontés et cela ressemble à une bluette: comment la petite orpheline, jolie et d'un milieu défavorisé va pouvoir accéder à la jet set sans vendre son âme. Cette histoire là a été trop de fois racontée, et on aurait aimé voir l'étape suivante: comment est-elle parvenue à sa réussite professionnelle, sans instruction avec simplement son don, son élégance, sa faculté d'observation....J'en retiendrai plutôt la performance de Benoit Poolvoerde qui interprète avec justesse un personnage intéressant.

Villa Amalia





Entre Benoit Jacquot et Isabelle Huppert il y a une connivence certaine pour adapter des romans littéraires avec émotion et justesse. Cette Villa Amalia est une réussite et l'on déguste chaque moment de ce parcours difficile vers le changement, la solitude. Toutes les scènes sont filmées avec une grande beauté et l'on supporte bien la longueur des plans où Isabelle Hupert remplit des sacs poubelles, comme pour insister sur le nécessaire désengagement du quotidien pour se consacrer ensuite à l'essentiel sans se laisser perdre par un contexte pesant. Jean-Hugues Anglade est formidable dans sa désespérance et son personnage est pathétique car lui n'a pas choisi sa solitude. Quant à la Bretagne du Nord elle est tout aussi photogénique que la côte almafitaine!

Dans le brume électrique





Polar, fantastique, mystère , Bertrand Tavernier mixe les genres avec art et subtilité pour son premier long métrage américain tourné en Louisiane dans les bayous. Il adapte le roman de James Lee Burke pour créer une ambiance faulknerienne à la manière de « dans le brouillard de la nuit ». Les personnages ont une vraie épaisseur et une présence qui créent la tension; ils s'affrontent avec une violence contenue ou potentielle liée à l'alcool et le sexe qui les rapprochent ou leur font commettre l'irréparable.
Le personnage principal Dave Robicheaux est complexe et attachant sans doute grâce à l'acteur qui endosse magnifiquement ce rôle, Tommy Lee Jones qui a co-réécrit le scénario avec Bertrand Tavernier, notamment les scènes de pêche où l'on sent l'amour de l'acteur pour ce hobby. Tous les autres personnages sont aussi hauts en couleur et en interprétation.

Rachel se marie


















Une fois de plus, mais pas une fois de trop, ce film a pour thème les préparatifs et le déroulement d'une cérémonie de mariage. Parmi les films français on pense à Mariages, vu de la mère (Miou-Miou), quant aux films américains ils sont si nombreux l'on en connait maintenant parfaitement les us et coutumes! Le plus célèbre le plus grinçant c'est The Wedding de Robert Altman, mais de nombreuses commédies plus on moins dramatiques ou sentimentales, nous exposent les différents points de vue ; celui du garçon d'honneur dans Quatre mariages et un enterrement, celui du marié dans Mariage et conséquences, ceux de Julia Roberts en tant que meilleure amie, de demoiselle d'honneur, de la mariée etc...etc..Cette fois, c'est plutôt dans le genre comédie dramatique et c'est la soeur (Ann Hathaway dans un rôle vraiment à l'opposé de celui du Diable s'habille en Prada) qui est sur la sellette; mais toute la famille va jouer sa partition car cette fête sera l'occasion de revivre des moments douloureux .
C'est un mariage non conventionnel très fusion style pour cet événement qui se déroule pourtant dans le Connecticut, avec l'amour de la musique en toile de fond qui donne tout son peps à ce film où l'on a vraiment l'impression de participer; la preuve on ne s'ennuie même pas pendant les nombreux discours du dîner de répétition!

lundi, avril 13, 2009

Chéri





Académique, cette adaptation nous emmène à la fin de la Belle Epoque dans le monde fermé des courtisanes fortunées que décrit Colette dans le roman éponyme. Codes de cette société, amour-propre, l'atmosphère est pesante; Stéphane Frears se plait à filmer (trop) longuement les décors, les paysages idylliques, les costumes et les visages. La scène clé du film, le petit matin de la rupture, n'est pas aussi poignante que dans le livre comme si le réalisateur ne pouvait se résoudre à nous montrer Michelle Pfeiffer, absolument magnifique, réellement vieillissante et sans fards comme il avait montré la Comtesse de Merteuil à la fin des Liaisons. Le thème y perd donc de sa force et il ne reste plus au roman que son écrin.