jeudi, octobre 02, 2014

Elle l'adore

Une histoire de fan de chanteur: on pouvait craindre une immersion dans le monde du show business clinquante et bruyante. C'est au contraire un suspense psychologique au plus près des personnages et c'est surtout une formidable comédienne, Sandrine Kiberlain, qui porte le film et l'intrigue (contrairement à la photo sur l'affiche elle est au premier plan de l'action ). Une réussite pour un premier long-métrage signé Jeanne Herry, la fille de Miou-Miou et Julien Clerc, qui connait donc bien son sujet.....
Le personnage du chanteur interprété par Laurent Lafitte n'a pas le beau rôle mais l'acteur l'endosse avec humilité (assez loin de ses personnages sympathiques habituels) et sait nous faire voir une face plus sombre.

Avant d'aller dormir

Un thriller anglais avec Colin Firth: l'affiche n'a pas tenu ses promesses; le scénario est un peu mou et relaché à l'image de l'acteur qui m'a déçu

lundi, septembre 29, 2014

Le Léviathan

Retour à l'Ecriture aussi pour le titre de cette tragédie d'un Job des temps modernes sur lequel vont s'acharner  le sort, l'Etat (russe) et le monde orthodoxe ....Et l' histoire est bien aussi sombre que le titre le laissait présager. Heureusement  la beauté des images (même celle du squelette de baleine) dans un paysage magnifique ( les rives de la mer de Barens au Nord du Cercle Polaire à l'Est de Mourmansk qui m'ont rappelée les environs de Kirkenes à l'extrême nord de la Norvège) permet de souffler un peu dans ce monde humainement irrespirable.... C'est cinématographiquement très beau mais très dérangeant!

Saint-Laurent


Cette rentrée cinématographique est très... littéraire!  Après l'évocation d'Emma Bovary, nous voici maintenant invités à nous plonger dans un univers proustien. Bien différemment, puisque à la modestie du bourg normand choisi par Anne Fontaine, le sulfureux réalisateur Bertrand Bonnello a préféré le faste des hôtels particuliers parisiens, qui s'accorde mieux avec le luxe -parfois tapageur, la luxure-souvent , et l'outrance du monde de la création.
Si le film de Jalil Lespert nous racontait la vie du créateur à la manière d'un biopic classique, cette version est complètement différente puisqu'elle prend le parti de l'évoquer. Par chance la chronologie de ces 2 sorties se sont faites dans le bon ordre et connaissant donc l'histoire on peut ici se laisser porter par les images, la musique et tous les  atouts cinématographiques (split screen, voix off, retours en arrière) qui permettent de mieux exprimer le déferlement, la mise en abîme, le paroxysme des sentiments de mal être et de souffrance d'un artiste d'exception... Cette violence (j'ai du fermer les yeux plusieurs fois pour ne pas voir "tous ces serpents qui sifflent sur ...son lit") et la beauté de  la réalisation font penser aux plus grands réalisateurs: Scorcese, et bien sur Visconti car c'est avec émotion que l'on voit Helmut Berger incarner Yves Saint Laurent en 1989 (qui regarde le film Les Damnés...).
 L'interprétation de Gaspard Ulliel sublime aussi le film; il nous subjugue; quant à Louis Garrel il est méconnaissable et très inquiétant dans son personnage de Jacques de Bascher et m'a semblé faire clairement référence à... Charlus.   Pierre Bergé,  interprété ici par Jérémie Renier, apparaît  cette fois comme un gestionnaire rigide et peu chaleureux et l'on comprend qu'il se soit opposé au film et ait refusé son autorisation d'accéder aux collections originales qui ont du être recrées pour ce film.
Un regret cependant: le titre du film qui ne reprend pas le sigle YSL alors que c'est justement lui qui est une des raisons de la perte d'identité du créateur....
Une remarque aussi: ce film n'est pas pour tout public...."des images et des dialogues peuvent heurter" 

samedi, septembre 27, 2014

Gemma Bovery

Ce jeu alterné entre littérature/cinéma/fantasmes personnels est mené avec subtilité et beaucoup d'humour (ah, cet épilogue absolument réjouissant et qui permet de se refaire le film autrement!)...
Merci à Fabrice Luchini dont le talent permet toutes ces audaces et chapeau à la réalisatrice Anne Fontaine qui a su faire vibrer les décors aussi bien naturels que les décos d'intérieur ou aussi et surtout la cathédrale de Rouen.....Un film que l'on savoure à petites gorgées, on y repense et on en redemande.

Les Combattants

Classé dans le genre "comédie, romance", je suis  en fait passée à coté de ces deux attributs tant le  personnage d'Adèle Haesnel et son interprétation très  convaincante m'ont mis mal à l'aise ( elle m'avait déja donné cette sensation dans son rôle d'Agnès Leroux).
J'y ai vu surtout de la violence, de la peur et de la domination.....

Party girl

Du cinéma-vérité original et très personnel, ce film a obtenu la Caméra d'or dans la catégorie Un certain regard au festival de Cannes. Angélique Litzenburger y interprète son propre personnage et cette femme est troublante et dérangeante. La plongée dans ce  drame social d'une femme qui, à la soixantaine va essayer à la fois  de changer de vie en se "casant" après avoir traversé une vie de marginale dans le monde des cabarets et de se réconcilier avec sa famille est réaliste; mais j'ai été gênée  à la fois par la sensation de voyeurisme  tant l'aspect autobiographique est marqué et  par l' excès des déclaration de bons sentiments (pendant le mariage par exemple).

jeudi, août 14, 2014

Le Rôle de ma vie

Présenté au festival de Sundance, ce film américain indépendant ( financement participatif) réalisé par l'acteur Zach Braff qui n'était passé qu'une seule fois à la réalisation il y a 10 ans avec Garden State-que je n'avais pas vu- reprend les mêmes thèmes de la famille, la mort, le sens de la vie.... Difficile donc de ne pas tomber dans le pathos (beaucoup ) ou le cliché (parfois) et le film est inégal mais le fameux humour juif fonctionne très bien et le démarrage est percutant grâce en particulier aux deux enfants de cette famille Boom qui jouent avec aplomb ; on retrouve- toujours pour le rôle de Saul , mais cette fois en pater familias usé- l'acteur Mandy Patinkin qui incarne le patron et mentor de Carrie  dans Homeland.
Quant au paysage du désert californien ( sans doute le désert Mojave?) lors d'un essai d'apprentissage d'une Épiphanie (mais oui!) du père à ses enfants, il est si beau que l'on a vraiment envie d'y camper nous aussi.

mercredi, août 13, 2014

Winter sleep

Un film lent et superbe de 3h20, soit une heure de moins que Platonov monté à l'Odéon; Quel rapport? La neige? Mais surtout Tchékov  puisque le scénario est basé sur des nouvelles de cet auteur; on le découvre à la fin mais la façon de faire parler les personnages, leur  travail d'introspection et surtout les dernières scènes de beuverie de la nuit passée à la ferme avec le fermier veuf et l'instituteur nous ont déjà mis la puce à l'oreille. D'ailleurs à la façon de nouvelles, les histoires paraissent un peu juxtaposées: les locataires mauvais payeurs, l'histoire d'amour avec Nihal, le faux départ pour Istanbul...... La lenteur de l'action et des dialogues est flagrante au début mais au fur et à mesure on l'apprécie car elle nous laisse le temps de nous faire une opinion sur les personnages, d'entrer dans leur mode de pensée (chacun état enfermé dans le sien propre) et bien sur d'admirer les paysages hivernaux de la Cappadoce....
Finalement pas si long pour un tel labyrinthe philosophique et moral!

Le Beau monde

C'est un bon titre pour un joli film de l'exception culturelle française qui reprend les thèmes de La Dentelière (en moins bouleversant mais en plus constructif puisque cette fois Alice notre héroïne se construira au lieu de se détruire dans son amour passionné pour une jeune homme « très au dessus de sa condition » et celui du récent Pas son genre mais cette fois en plus épuré moins ancré dans le quotidien de la vie de couple. Alice n'est pas Jennifer; elle est plus jeune plus malléable et son Pygmalion paraît presque enfantin ( Bastien Bouillon vu dans 2 automes 3 hivers) et se cherche lui aussi.
Une fois de plus ces amours dissymétriques sont voués à l'échec et ici le désamour se lit en un seul plan celui d'un bain sur une plage normande filmé à l'identique d'un plan pris un an auparavant.....
La réalisatrice Julie Lopes-Curval explique la construction de son film , les ellipses de son scénario, l'adéquation de la jeune Ana Girardotd de la même façon que je les ai ressentis dans son interview sur le site distrib.pyramidefilm; ses mots disent mieux que ceux que je devrais trouver combien la chanson et surtout la voix de Françoise Hardy collent parfaitement au thème du film et combien les personnages secondaires apportent chacun une épaisseur ou une touche à cette tapisserie... avec mention spéciale à Sergi Lopez dont la présence est toujours sensuelle et réconfortante par opposition au rôle de la belle-mère parfaite et glaçante (excellente Aurélia Petit).

mercredi, juillet 30, 2014

New York melody

Dans cette comédie mélodique américaine qui flirte avec la comédie musicale, la très britannique mais non moins charmante Keira Knightley fait équipe avec Mark Ruffalo pour nous emmener dans un New York emblématique... Tout serait donc pour le mieux pour découvrir l'univers impitoyable (toujours) et pitoyable parfois (la barbe de Dave par exemple) de la production musicale si les chansons n'étaient pas interprétées par la même charmante actrice sus-nommée......Des longueurs répétitives dans un film souriant qui a choisi sans complexes et sans aucun détour sentimental ou numérique le camp des « feel good movies »....

mardi, juillet 29, 2014

Palma Real Motel

Ce petit film d'auteur mexicain ne brille pas par l'originalité de son scénario puisqu’il nous relate les premiers émois amoureux d'un jeune homme qui s' éprend d'une femme « libérée » de 10 ans son aînée.
Mais la façon de scruter les visages, de nous faire sentit la lenteur du temps (le sous-titre du film est heures mortes), de nous mettre au cœur des sensations de ce bord de plage près de Vera Cruz démontre un vrai talent pour son réalisateur.

Jimmy's hall

Une fois encore Ken Loach défend les plus faibles et nous dépeint ici la lutte des classes en Irlande dans les années 1930 avec pour figure de proue le personnage de Jimmy Gralton. Et une fois encore le réalisateur réussit à nous séduire grace à l'interprète ( Barry Ward un inconnu ou presque) et grace à une atmosphère réellement chaleureuse dans une petite communauté idéalisée sans doute pour mieux servir son propos.... très évangélique. L'amertume et la violence laissent cette fois souvent la place à l'émotion et à la nostalgie, tout particulièrement dans une très belle scène de danse à la dimension onirique.

samedi, juillet 26, 2014

L'Homme qu'on aimait trop

Ce film est basé sur l’ambiguïté, celle de la personnalité de son anti-héros interprété par Guillaume Canet qui ne joue pas du tout sur son coté enjôleur ( et ça nous manque un peu ) et celle du dénouement; est-il coupable? Or il  est diffusé un peu tard puisque le dernier rebondissement en justice de cette affaire retire le doute.
C'est bien Agnes Leroux qui est au centre du scénario; mais son personnage n'est pas attirant et on en vient nous aussi à ne plus supporter ses larmes, son petit appartement insignifiant et froid, son mal-être ...Au bout du compte c'est l'histoire autour du Palais de le Méditerrnanée avec l'intrigant Fratoni  qui m 'a paru la plus cinématographiquement intéressante mais c'est dans la première demi-heure seulement ... car ensuite les dialogues sont aussi peu écrits que le titre avant de passer aux éternels plans des procès.

Maestro

C'est la dédicace finale qui donne vraiment du corps à ce scénario un peu mince d'une vraie rencontre entre un cinéaste reconnu, talentueux, exigeant, cultivé et bien plus encore (comme si Michel Longsdale incarnait son propre personnage) et un jeune homme livré à lui même qui s'est forgé son inculture puisqu'il se repait de séries américaines mais qui est beau et n'a peur de rien. Quelle chance pour Pio Marmai d'avoir obtenu ce rôle (dans le film comme dans la réalité) qui lui permet de montrer tout son potentiel à la fois drôle, sensible et charmeur.
Sa partenaire Deborah François ( dont j'avais bien aimé son interprétation de la jeune dactylo de Populaire) reste trop en retrait à mon avis surtout par rapport aux deux autres personnages féminins: la très pétillante Alice Belaidi et la sage et efficace Dominique Reymond.

mercredi, juin 25, 2014

On a failli être amies

Tout semble un peu factice dans ce face à face entre de fausses amies dont le capital sympathie penche clairement du coté de Marithé (Karine Viard) courageuse, volontaire mais  vulnérable face à Carole (Emmanuelle Devos) gnangnan et gâtée par la vie. Cela tombe bien c'est Karine Viard que je préfère et en fausse amie « sincère » elle n'acceptera pas une liaison avec un homme encore marié à la geignarde et choisira de mettre en péril son poste par manquement à sa déontologie professionnelle.
Eh pourtant en tant que femme quadra, et  avec toute la subtilité qu'on lui connait ( notamment dans le superbe Ceux qui restent), la réalisatrice Anne Le Ny a bien cerné deux personnages de femmes quadra. En revanche, le rôle de mari idéal (interprété lui aussi magistralement par Roschdy Zem ) tel qu'elle est l'a imaginé n'est-il pas sorti d'un conte de fées moderne (ou le prince charmant est bien évidemment un  chef étoilé)?
Avec tant de bons sentiments et de sens moral, ce cinéma là flirte un peu avec les comédies romantiques américaines. Mais à la lecture d'interviews d'Anne Le Ny on sent bien que ses intentions étaient plus ambitieuses: rendre compte d'un certain climat social et des problèmes spécifiques du travail des femmes: choix, réinsertion, burn out; on les perçoit bien sur mais à la manière d'un décor de théâtre: omniprésent mais.....factice. 

lundi, juin 23, 2014

La Ritournelle

Plus évident à décrypter qu'un polar chinois, beaucoup moins sombre (et même pas assez), cet épisode de « l'amour est dans le pré », est un psychodrame typique du cinéma français que certains exècrent mais dans lequel je me complais.
Cet exercice sur l'adultère se veut être dans un mode beaucoup plus léger que celui de Flaubert, avec une Madame Bovary plus chanceuse et plus réaliste ; mais c'est toujours Isabelle Huppert qui tient le rôle ; coïncidence sans doute voulue par Marc Fitoussi qui situe l'élevage près d'Yvetot! Car si cette bergère sait nous conquérir  comme toujours, elle n'est guère crédible en éleveuse de bovins même si le métier a évolué; ses mains soignées ne sont guère compatibles avec les taches de la ferme. Jean-Pierre Daroussin est par contre plus vrai que vrai.
Ce film reste charmant malgré ses invraisemblances;  il a parfois des accents très justes c'est seulement  l'enchaînement des faits sur une seule journée qui rend l' histoire peu plausible. Les personnages sont plutôt bien cernés et surtout très bien interprétés. Bien sur j'en profite pour dire un mot gentil pour mon chouchou Pio Marmai-d'autant qu'il a ici  le mauvais rôle du jeune premier très sur de son charme et très peu « gentleman » pour ne pas dire gougnafier ....; il m'avait fait craquer dès son premier film... (vous pourrez vérifier dans mon blog, mais malheureusement à l'époque il n'était pas vendeur pour une enseigne connue et donc impossible d'aller le relancer!). Mais Marina Fois ou le séduisant danois composent  eux aussi des seconds rôles drôles ou attachants.

Black coal

Polar mandchou « âpre et sinueux », c'est le film du mois sur lequel tout a été dit et écrit; j'arrive donc après la bataille.
Je l'ai trouvé beaucoup moins violent que A  Touch of Sin -mais bien entendu dans la même mouvance -ce qui m'a permis d' apprécier la beauté des longs plans-séquences dans la nuit, sur la glace, le jeu des lumières et des néons « des décors entre chaos post-communiste et sauvagerie libérale » dixit la revue « Trois Couleurs » distribuée par MK2 ( dont j'apprécie beaucoup les articles); l'éparpillement des membres découpés seraient quant à eux le symbole du socialisme chinois moribond et totalement dispersé. Double lecture rendue possible par des critiques avertis et par la lenteur du scénario...

lundi, juin 09, 2014

Sous les jupes des filles

Certes Audrey Dana nous délivre un brouillon (genre première ébauche des anciens articles de Cosmopolitan) et elle aurait du confier la relecture de son film à un réalisateur confirmé (et pas Claude Lelouch dont elle s'inspire à mauvais escient), mais pourquoi tant de critiques acerbes face à ce premier film qui ne manque pas d'énergie, d'idées et dont le casting est fabuleux! 
D'après la lecture de ces critiques très négatives, j'aurais du m'ennuyer; eh bien non! je dis seulement dommage que tant d'actrices ( qui nous affirment ici toutes leurs différences et leur talent mais oui!) et tant d'idées soient lancées sans jamais aboutir, émouvoir ou même seulement faire sourire. Car certes toutes ces
femmes sont névrosées mais la réalité affleure parfois derrière cet anti-masochisme primaire. La crudité de certaines scènes (le titre nous avertit que cela se passe en-dessous de la ceinture) et le parti pris de bons mots tourne parfois à la vulgarité; il y a aussi des longueurs et des redites qui font que « ça ne passe pas » : ainsi le rôle de Marina Hands qui aurait pu faire basculer le film vers la comédie de société drôle et réussie tourne lui aussi à la caricature.
Un film donc à ne conseiller qu'aux femmes inconditionnelles des femmes et qui ne sont pas trop addictes aux comédies sentimentales....Cela ne va pas faire des millions d'entrées!

D'une vie à l'autre

Magnifiques personnages en harmonie avec leur décor: les sublimes paysages de la Norvège du Nord Ouest en hiver.... Ce film se « dévore » comme un roman d'espionnage avec l'empathie et l'émotion en plus....L'affiche fait référence à la vie des autres oui en moins subtil et moins achevé cependant et à Borgen et ça je me demande bien pourquoi!

Maps on the stars

Pas d'émotion, de la névrose encore et encore, Julian Moore a obtenu le prix d'interprétation à Cannes pour un personnage qui ne reste pas au bord de la crise de nerfs mais s'y complaît.....David Cronenberg s'est essayé à dépeindre une autre forme de violence... Celle-ci m'a laissée indifférente....

La Chambre bleue

C'est un exercice style avec flash-backs, cadrages à la manière d'un peintre...; au début on le regrette, ensuite on en apprécie tout le savoir-faire. D'une histoire un peu banale-un fait divers imaginé par Georges Simenon- Mathieu Almaric qui reste à mon avis encore plus convaincant en interprète qu'en réalisateur, nous montre combien il est difficile d'avoir un regard lucide sur soi-même; c'est le regard d'un tiers, le juge, qui lui permettra de voir clair en lui et de comprendre ce qui l'amène devant son juré. Il sera condamné à tort peut-être
en ce qui concerne le péché d'action mais à coup sur pour le péché par omission.

lundi, mai 19, 2014

Grace de Monaco

Déception, ce film clinquant au ton quelque peu grandiloquent et lénifiant comporte aussi  beaucoup de redites. Quant à Nicole Kidman elle m'a semblé un peu raide et je n'ai pas trouvé que le physique de Tim Roth correspondait à l'image que je me faisais du prince Rainier.

Pas son genre


Lucas Belvaux nous conte une anti-romance avec intelligence et finesse et nous séduit par l'amour qu'il porte à ses personnages et par ses dialogues très construits.
Loic Corbery, le beau gosse de la Comédie Française (avec une voix admirable dont on profite beaucoup puisque son personnage aime lire à haute-voix) et Emilie Dequenne pourraient former un beau couple si il n'y avait antinomie complète entre leurs statuts sociaux et leurs aspirations.
Il refuse de bâtir une famille et il fait partie de l'intelligentsia parisienne, elle est coiffeuse et voudrait construire une relation durable.
On ne saura pas laquelle de ces incompatibilités condamnera définitivement leur couple mais si la différence raciale ou religieuse est l'occasion de nombreuses comédies( Mauvaise foi par exemple), la dissymétrie criante entre ces deux personnages qui s'aiment (l'une plus que l'autre) est analysée ici avec subtilité et sur un mode moins léger. Jennifer, le personnage interprété par Emilie Dequenne est ouverte,sensible, intuitive, jamais vulgaire; elle nous émeut par sa simplicité, sa joie de vivre et parfois nous nous approprions ses répliques( peut être parce que je lis moi aussi volontiers Anna Gavalda plutôt que Kant).

dimanche, mai 04, 2014

Last days of summer

Au cinéma les plus belles histoires d'amour sont les plus courtes et les plus désespérées et lorsque apparaît un plan avec un pont on ne peut s'empêcher de penser à Madison...La sensualité est ici plus palpable et chaque effleurement de la main du couple d'acteurs Kate Winslet (un atout du film!) et Josh Grolin est empreint d'une touche réellement torride et révèle une intimité des deux partenaires dont toute personne extérieure se sent totalement exclue (le jeune fils se réfugie dans sa chambre)); quant à la préparation de la tourte aux pêches, Top Chef devrait s'en inspirer pour renouveler son registre!
Mais ce qui crée l'émotion et l'intérêt du film, c'est la narration par le jeune Henry (13ans) dont son interrogation sur sa place auprès de ce couple qui se rencontre et sa confiance envers les adultes va mettre en jeu l'avenir de l'homme qui semble lui ravir sa mère. Le film est en effet une adaptation du livre de Joyce Maynard Long Week-end-end (Labor Day) qui raconte 20 ans après ces évènements combien ces 5jours ont bouleversé sa vie qui donne très envie de le lire
.

vendredi, mai 02, 2014

Night moves

Beaucoup moins enthousiaste que Télérama, j'ai trouvé qu'il y avait certes une vraie atmosphère, mêlant l'angoisse et le suspense pour ce thriller écologique; et l'environnement est superbe dans cet Oregon à la fois champêtre et sauvage. Mais les personnages sont ternes,  Josh (Jesse Eisenberg) ne suscite aucune empathie- la pratique de l'écologie semble rendre triste...  et la seconde partie est complètement ratée.