vendredi, octobre 05, 2012

Do not disturb


C'est un film raté mais dérangeant qui nous ouvre de multiples voies de réflexions sur l'acte sexuel qui est ici considéré du seul point de vue masculin; les femmes, plus matures, ont quant à elles résolu leur problèmes existenciels dans ce domaine à leur façon, discrètement comme l'épouse ou en lesbiennes libérées comme nous l ' illustre sans ménagements Yvan Attal ( d'où l'avertissement sur les scènes choquantes).
On ré entend la maxime chantée par Brassens dans Fernande sur le fait que certaines choses ne se commandent pas, on perçoit que faire l'amour « utile » est une corvée même lorsqu'il s'agit de lutiner Laetitia Casta, et on nous redit une fois encore que sexe et amitié ne font pas bon ménage mais sous une forme beaucoup plus crue que dans les comédies romantiques américaines.
Il est frappant de voir que l'appétit et la convivialité reviennent entre les deux amis quand ils partagent leur cheese burger mais que même s'il est question d'érotisme et donc d'œuvre d'art (dixit Cluzet) ce n'est pas facile de s'y mettre à froid! D'ailleurs dans une autre comédie (américaine encore ) n'avait-on pas montré que pour dés inhiber deux personnes âgées (Meryl Streep quand meme!)...avant cette relation ils avaient eu recours à la fumette......
Ce qui est particulièrement raté c'est le ton qui se cherche: pour une comédie ce n'est pas drole (sauf l'excellent moment où les compères chantent avec un comparse de cellule "Paroles, paroles...) et de plus François Cluzet paraît trop âgé pour le rôle.

mercredi, octobre 03, 2012

Alyah


Parfois le seul salut possible est dans la fuite; notre anti-héros l'a compris et s'accrochera à sa décision de partir même si elle est encore plus difficile que prévue. Les préparatifs de cette fuite en Israël ( d'où le titre) nous sont narrés avec sensibilité et fluidité: on ne s 'appesantit pas, on ne s'attendrit pas mais tout est dit.....
Les admiratrices de Pio Marmai apprécieront une fois de plus son  talent tant ce beau portrait  semble lui coller parfaitement à la peau.Tous les acteurs qui l'entourent contribuent aussi  à apporter la justesse du ton associée à une atmosphère  un peu cafardeuse très originale;ce premier film sait mèler plusieurs genres avec doigté.

Jason Bourne: l'héritage


Chacun des films de la trilogie Jason Bourne avec Matt Damon m' avait tenue haletante de bout en bout (tous ceux qui se terminaient par « dans la peau », mémoire, vengeance....) et Matt Damon n' était sans doute pas étranger à cet intérêt....
Ici l'agent no 5 (Jeremy Renner) joue davantage sur l'efficacité que sur la séduction mais le scénario est compliqué et commence par nous intriguer. C'est au personnage féminin intelligent et charmant (Rachel Weisz) de nous séduire et notre cœur palpite jusqu'à ce que l'avion se soit posé aux Philippines. Ensuite, hélas! place aux poursuites et aux cascades sans fin dont nous sommes désormais repus et même saturés (à l 'exception toutefois de la grande scène dans l'usine de médicaments où une infinité de blouses roses concentrées sur leur travail prend peur).
Ce film est aussi l'occasion de voyager: découvrir une merveilleuse maison du Maryland ou s'aventurer au coeur de l'Alaska tel que l'on ne verra jamais. Un film pour se distraire ( mais pas pour se détendre.....).

mercredi, septembre 26, 2012

Vous n'avez encore rien vu


Au prétexte de relire Eurydice et Cher Antoine d'Anouih, Alain Resnais nous invite à célébrer ses acteurs fétiches et à nous plonger à nouveau dans son univers où l'amour et la mort sont omniprésents. Son Testament d'Orphée en quelque sorte.....
C'est à la fois grandiose, funèbre, dramatique mais pas triste, car la forme originale retient tout notre attention.
 C'est à la fois une polyphonie et une vision en parallèle d' images sur écran projetant la pièce interprétée par une jeune troupe la Compagnie de la Colombe, doublée en live par les comédiens invités qui rejouent leur propre rôle.
L'inventivité de cette mise en scène est  un hommage aux acteurs et au texte, chaque mot est sublimé, car il est redit par des comédiens de génération différente. C'est un film qui veut rallier les amoureux du théâtre et ceux du cinéma. Y réussira-t-il car on lui reprochera pour les uns d'abuser de décors numériques et du splitscreen, pour d'autres ce film ne serait qu'une sorte de best off des expérimentations du réalisateur nonagénaire.....Je fais partie des admiratifs tout en reconnaissant que le film peine en deuxième partie à nous transporter totalement. On peut regretter notamment que le couple Pierre Arditi/Sabine Azema finisse par accaparer un peu trop le devant de la scène. J'aurais aimé que Lambert Wilson, plus tragique, plus minimaliste ait un peu plus d'espace.

The We and the I


Le titre du film nous invite à lire cet épisode en bus avec des adolescents dans le mode de la réflexion sur le comportement social en groupe qui occulte complètement le parcours initiatique ( et douloureux) que chacun doit faire pour se construire et se trouver....
Le problème avec cette réalisation proche du documentaire tournée avec des lycéens du Bronx,c'est que je me trouve comme la vieille dame dans le bus horrifiée par le comportement de ces jeunes en groupe, la grossièreté de leurs propos et l'agressivité dans leurs relations ...Dans ces conditions je suis bien incapable de me passionner pour leur itinéraire individuel cherchant simplement à ne pas trop être blessée physiquement ou verbalement par leur attitude envers ceux qui ne sont plus des jeunes...Leur « we » est vraiment si agressif qu'il est inquiétant mais Michel Gondry nous fait toucher du doigt ce phénomène de société pour une meilleure approche du « Vivre ensemble ».

Des Hommes sans loi


Ce western original typiquement américain a toutes les qualités du genre: reconstitution du temps de la Prohibition, dépaysement dans les Appalaches et grandes figures d' « indestructibles » sans oublier un peu de romance.... Du bon divertissment garanti car les acteurs aussi sont brillants :Tony Hardy en vrai dur, Shia LaBeouf en jeune soupirant entreprenant, Jessica Chastaing en belle amoureuse attentionnée et Mia Wasikowska lumineuse (plus avenante qu'en Jane Eyre!)
Mais au-delà du gansgster movie flamboyant (et très violent ),une scène m'a vraiment bluffée celle du lavement des pieds au temple: les chants, les trognes, les regards, la tension...Du jamais vu pour moi.

mercredi, septembre 12, 2012

Camille redouble


La signature de la réalisation par Noémie Lvovsky est un gage de qualité (elle m'avait éblouie avec son film Les Sentiments )et elle a été récompensée à Cannes pour ce film présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. La critique s'est emballée et j'attendais beaucoup de ce « si c'était à refaire », un thème cher au cinéma. Cette réflexion philosophique est passionnante mais elle est finalement traitée ici sur le mode léger. Tant mieux car il évite presque les pièges du mélo (la mort subite de la mère) ou les rancœurs des ratages et des déceptions. Tout au contraire c'est un film optimiste qui nous invite à relire notre adolescence comme une comédie .....Barbara y  figure aussi au tableau d'honneur de ces années écoles 80 tant mieux!

Wrong


J'ai tout faux! Ce film décalé, sardonique, ubuesque n'est pas pour moi et je me sens étrangère à ce ton....Je n'ai donc pas du tout adhéré à l'univers de Dolph qui recherche son chien et je me suis même ennuyée ce qui est rarissime ....C'était préférable plutôt que de rentrer dans le mode délirant, absurde et donc angoissant du réalisateur Quentin Durieux dont je n'avais pas vu le précédent film de la même verve: Rubber

Cherchez Hortense


C'est une film d'acteurs brillants où chaque scène se déguste avec bonheur. Jean-Pierre Bacri sort enfin de son éternel répertoire de bougon et les scènes avec son père interprété avec brio,évidemment, par Claude Rich sont un régal. Isabelle Carré est toujours aussi lumineuse... Un seul bémol les scènes avec le fils Noé m'ont semblé sonner moins justes...

Du Vent dans mes mollets


Une touche de nostalgie, un brin de cruauté, un zeste de mélo dans une atmosphère un peu pesante, ce film est une mosaïque qui nous relate le monde déjà si éloigné d' une petite fille des années 80. Malgré le choix de comédiens chevronnés( Agnès Jaoui qui surjoue, Denis Podalydes poignant et Isabelle Carré toute en simplicité) on apprécie la subtilité du propos mais on regrette que cette œuvre paraisse un peu inachevée et n'ait pas su trouver son ton. Avant le générique de fin Barbara chante « Mon Enfance » et on rêve au film qui aurait pu avoir cette force d'évocation et nous prendre aux tripes.

dimanche, août 19, 2012

A Coeur ouvert


Insoutenable! Même avec Juliette Binoche et les chutes d'Iguazu.

vendredi, août 17, 2012

Cornouaille


Quelle belle promesse: les paysages du Finistère et la subtilité de la réalisatrice Anne Le Ny!
Mais ce film est loin de nous bouleverser comme Ceux qui restent car ce récit d'une renaissance d'une jeune femme un peu malmenée dans la vie qui s'est repliée sur elle-même est un peu linéaire.
Quant au coté légende celtique et manifestations de l'au-delà,  il colle mal à la limpidité de la narration, aux dialogues d'une justesse et d'une humanité bien ancrées dans notre quotidien.
Décevant pour le scénario, ce film mérite le détour estival pour les inconditionnels de la Bretagne ( le prix de l'immobilier avec vue sur mer va encore y grimper!) et pour toutes celles comme moi qui ne résistent pas au charme de Jonathan Zaccai. 

Magic Mike


A toutes celles qui n'ont pas eu de soirée hot pour leur enterrement de vie de jeunes filles, à toutes les futures ou ex- cougars et à toutes celles qui aimeraient s'approcher d'un lap dance de strip-teasers sans mauvaise conscience, Sodenbergh propose un spectacle jouissif et divertissant! Les hommes sont beaux, les chorégraphies et la musique festifs et les tableaux drolissimes  grâce aux multiples clins d'œil aux poncifs américains ( Ah le duo de cow-boys façon Brokeback Mountain!). Ambiance garantie...
Voilà pour la forme, quant au fond le réalisateur si novateur de Sexe, Mensonges et Vidéo, nous livre une romance en mode inversé: ce n'est pas une dame aux mœurs légères qui séduit une jeune homme sérieux mais c'est notre héros dont l'âme, le corps et la fidélité en amitié attirent l'empathie ( ou même plus si affinités) qui devra renoncer à sa double vie. Une histoire d'amour romantique donc mais bien ancrée dans la réalité de l'Amérique d'aujourd'hui...

Jane Eyre


Adaptation victorienne d'un roman torride (que j'ai maintenant envie de lire) ou classicisme extrême d'une mise en scène qui donne la part belle à l'héroïne ( Mia Wasikowska parfaite)? Margé le caractère gothique des scènes tournées au château, je n'ai ressenti ni l'âpreté du climat, ni les affres d'une passion impossible, ni la solitude lors des hivers trop longs. Le réalisateur Cary Fukunaga a privilégié le point de vue social dans une société où chacun doit savoir tenir son rang (excellente Judie Dench interprétant Mrs Fairfax) et ne m'a vraiment touchée que lors de la scène finale (très mélo) sous l'arbre où Michael Fassbender a perdu sa beauté et son statut seigneurial.

jeudi, juillet 26, 2012

360


C'est un film choral sur le thème de La Ronde pièce de théatre dun écrivain juif viennois Schnitzler qui avait fait scandale à sa sortie en 1897 et qui avait été reprise au cinéma par Max Ophuls et Roger Vadim en particulier. Cette ronde d'amour ancrée au présent se mondialise mais elle débute et se termine à Vienne. Les séquences sont d'un intérêt inégal ( et décidément Jamel Debbouze ne passe pas au cinéma), mais l'ensemble du casting et le climat très bien rendu des différents lieux qui ne se limitent pas du tout à des scènes de sexe est intéressant. Il n'est  pas désagréable d'entrer dans la ronde avec Jude Law, Anthony Hopkins, Rachel Weisz (qui avait déja tourné dans un précédent film du même réalisateur brésilien Fernando Meireilles the Constant Gardener) ; mais ici pas de message antiaméricain surligné; à nous de nous faire notre idée sur « le chemin à suivre ».

Paris Manhattan


Etre fan de Woody Allen n'est pas un prétexte suffisant pour nous assainer une comédie romantique médiocre. A ne voir que pour les inconditionnels d'Alice Taglioni ; pour moi c'est Patrick Bruel qui me pousse à l'indulgence, je ne mettrai donc pas le sens interdit.

Laurence anyways


C'est l'interprétation magistrale qui donne à ce film de Xavier Dolan (réalisateur québécois de 23 ans dont je n'avais pas vu les deux précédents films dont j'ai tué ma mère apprécié par la critique) sa dimension exceptionnelle  .
Eh oui malgré le dialecte québécois et l'apparence pour le moins excentrique de Suzanne Clément, la narration en flash-back de la transformation de Laurence homme marié en Laurence femme écrivaine solitaire a des accents poétiques et émouvants.
Melvil Poupaud retrouve ici un rôle a sa mesure tel que celui qui m'avait bouleversé dans le Temps qui reste de François Ozon. Quant à Nathalie Baye les scènes où elle intervient en tant que mère de Laurence sont d'une précision, d'une âpreté et d'une justesse inouïes.  

samedi, juillet 14, 2012

To Rome with love


Décevant ce cru 2012 où Woody Allen fait du Woody Allen en se caricaturant lui-même!
Décourageant d'abord d'entrer dans la vie de si nombreux personnages pour ce film choral qui manque vraiment de fil conducteur; c'est décousu et l'ensemble du scénario est dénué d'intérêt que ne remplace pas les quelques maximes simplettes assénées en conclusion.
Et le casting, époustouflant devrait-on dire à sa lecture! Mais paradoxalement il semble alourdir et embrouiller le propos: le rôle voix off d'Alec Baldwin m'a paru particulièrement balourd; Jesse Eisenberg (l'interprète principal dans The Social Network ) jouant un contre emploi de jeune homme naïf est discutable quant à Roberto Begnini son personnage est si parfaitement ridicule ( à dessein bien sur puisqu'il s'agit de fustiger le journalisme ) que l'on en est gêné. Par contre Penélope Cruz est toujours aussi sexy dans un personnage taillé à sa mesure.
Ce sont dans les scènes de couple de Woody Allen et de sa femme psychiatre que l'on rit carrément grâce à des dialogues concis et ciselés. Ce réalisateur excelle dans l'art de se dépeindre avec humour et sarcasme!
Et enfin le décor enchanteur de Rome, sa lumière et son ambiance nous emmènent nous aussi pour une parenthèse déjantée.....

La Part des anges


Ken Loach nous fait rire! Mais oui cette histoire sur fond de crise reste légère et optimiste... L'effet du whisky sans doute qui coule à flots! Le prix du Jury attribué à Cannes récompense très justement cefilm réjouissant.

jeudi, juin 21, 2012

Adieu Berthe ou l'enterrement de Mémé

Ce n'est pas une comédie hilarante comme peut le laisser présager le casting mais une digression burlesque, poétique (en insistant sur l'importance de la magie) et mélancolique dans la plus pure tradition des frères Podalydes qui persistent et signent  ce scénario dans la même verve que Bancs publics.On y parle de la vie, du temps qui passe, de la difficulté à dire non face aux pressions de nos proches et de  nos fournisseurs (le marketing des pompes funèbres est ici traité avec dérision  et même quelques lourdeurs destinées probablement à renforcer l'aspect comédie lorqu'il s'agit de parler du sujet tabou de la mort) ...
Mais dans ce type de personnage indécis qui  se laisse ballotter par les évènements je préfère Jean-PierreDaroussin que je trouve plus authentique ( peut-être est-ce l'image de Denis Podalydes  homme de théâtre qui me renvoie un coté trop joué) et son omniprésence dans toutes les scènes avec une redondance des objets censés stigmatiser la situation ( la patinette électrique, les SMS, les tiroirs de la pharmacie) m'a un peu lassée et donne une impression générale de longueur. Une spectatrice résumait le fil en un mot: c'est mou!

mardi, juin 19, 2012

La Petite Venise


De belles images dans un beau décor de lagune l'hiver (comme dans les précédents films vus récemment sur Venise ) avec de bons acteurs et un beau sujet sur l'exil, la solitude et l'empathie traités avec subtilité (sur la pointe des pieds). L'émotion affleure constamment  sans sensiblerie; c'est une réussite pour le premier long-métrage d'un documentariste italien Andrea Segré.




Quand je serai petit


Quelques moments de grâce seulement dans cette histoire à laquelle on a bien du mal à croire; le thème " peut-on changer le cours des choses si on les a déjà vécues" a déjà été traité au cinéma et plus finement.

80 jours


C'est une film vraiment original à la fois  par son thème il s'agit de vieilles dames qui changeraient bien de vie si elles osaient et par sa langue: le basque!
C'est lent mais réaliste et intelligent.

Trishna


Mélodrame bollywoodien à la fois conventionnel et grandiloquent avec à l'affiche Freida Pinto l 'actrice révélée par Slumdog millionnaire.
Les photos de Bombay et du Rajhastan sont belles et l'extreme impression de dangerosité des routes et le surpeuplement des villes bien rendu..... Mais le scénario est totalement « du n'importe quoi »!

samedi, juin 09, 2012

Cosmopolis

Abscon, verbeux j'ai essayé de m'accrocher à cette narration difficile qui se passe dans le huit-clos de l'intérieur d'une limousine blanche où l'on ne voit presque que  le personnage central  face à ses obsessions charnelles ou névrotiques. La lecture du roman de Don DeLillo dont David Cronenberg a tiré ce film m'éclairera peut-etre.
Comme l'art abstrait cette fable métaphysique sur la fin du capitalisme se mérite.....je ne peux me permettre de juger ce que je n'ai pas su capter.

Des Saumons dans le désert


So british! Cette comédie romantique à l'anglaise est vraiment charmante avec ses dialogues piquants et trois acteurs auxquels on adhère complètement: le craquant Ewan Mc Gregor ( vraiment écossais et donc fait pour le rôle) que j'avais tellement aimé dans the ghost writer, Emi Blunt et Christin Scott-Thomas dans un second rôle qu'elle relève de son savoir-faire et de son intelligence.
La seconde partie du film s'ensable un peu, c'est dommage mais au final on a passé un agréable moment de détente.