vendredi, novembre 17, 2006

Le dahlia noir



Brian de Palma signe un nouveau film sur papier glacé; images glamour de la pègre, crimes sexuels et implication des grands de ce monde tout y est.On tourne les pages avec plaisir et suspense , mais sans émotion . Les deux acteurs masculins sont performants et agréables à regarder quant à Scarlett Johansson c'est intéressanr de la voir en star à l'opposé de son rôle de jeune fille à lunettes dans Scoop.

Babel



Ce film a obtenu le prix de la mise en scène à Cannes et ce n'est pas par hasard. Ce réalisateur maîtrise parfaitement le style mosaique illustrant le thème "c'est fou ce que le monde est petit" ou plus classe "on est maintenant tous citoyens du monde".La violence et la souffrance sont omniprésentes dans ce monde-là ce qui n'exclut pas la description souvent grandiose des paysages tant le désert (sud marocain) que la ville (Tokyo).

Prête-moi ta main



Cette comédie légère démarre très vite, les acteurs sont excellents, les décors intérieurs sont beaux et la famille est riche et heureuse. Donc 100% de détente, décidément Alain Chabat sait faire rire!

mardi, octobre 24, 2006

The Queen



C'est une réflexion très bien mise en image sur les deux pouvoirs parallèles en Grande Bretagne d'un Premier ministre élu et de la monarchie de droit divin. Les acteurs interprétant Tony Blair et Elizabeth II sont tous deux remarquables et nous permettent de nous intéresser à cette particularité britannique et à cet épisode périlleux pour le maintien de la Monarchie de la mort de Diana. On entre dans les arcanes du pouvoir avec les états-majors, à la manière de la Maison Blanche, c'est vivant et crédible.
Stéphane Frears s'attache au personnage de la Reine, à la façon dont il avait cerné Mrs Henderson, dans sa solitude, ses interrogations et sa souffrance de n'être pas respectée par son peuple qui lui préfère Diana malgré sa vie dissolue…C'est en virtuose qu'il sait nous montrer de façon apparemment simple et évidente une réalité et des personnages tiraillés et un univers politique complexe.

samedi, octobre 14, 2006

Le Grand Meaulnes



Figée dans une reconstitution historique très léchée l'histoire ne nous émerveille plus et les dernières scènes qui retracent la destinée de l'écrivain lui-même sont carrément grandiloquentes.
Quant aux acteurs, si Clémence Poésy est magnifique dans ce rôle, Nicolas Duvaucelle fait trop propret pour un adolescent fantasque et fugueur, quant à Jean-Baptiste Maunier ,s'il est parfait en François Sorel élève, il est vraiment trop jeune en instit, même avec une moustache!

L'Homme de sa vie



Le titre aurait pu être aussi Ma vie à l'envers, comme l'une des chansons qui accompagne le film et pour reprendre aussi le point de vue de la caméra dont les angles de vue sont très souvent originaux: paysages et scènes de vie sont filmés par le haut, par le bas; ce parti pris d'une forme sophistiquée accompagne bien le fond qui parle d'une remise en question.
Quelle bonne surprise! Le scénario est beaucoup moins linéaire que ne le laissait présager la promotion publicitaire encore une fois très envahissante orchestrée par les media qui banalise le scénario en le réduisant au retournement de comportement amoureux et sexuel d'un homme marié. Cette histoire est en fait contée de façon subtile, complexe dans un contexte riche où beaucoup de type de relations sont abordées: l'homme de leur vie c'est à titre très divers le père vieillissant pour le fils rejeté, ou l'enfant pour sa mère ou le seul grand amour de la grand mère perdu à 15 ans et bien sûr aussi Hugo et Frédéric pour ces deux hommes qui s'éprennent l'un de l'autre.
Tous ces personnages sonnent juste dans cette maisonnée avec ses chambres au papier fleuri, ses miroirs où chacun durant ce temps de vacances a du temps pour soi, pour se regarder, se scruter, se projeter. Les enfants petits ou grands ont chacun aussi leur univers: le petit Arthur, le magicien, l'enfant au microscope tous sont croqués avec vraisemblance et précision.
Et puis bien sûr, il y a Charles Berling, le séducteur torturé, sûr de lui, esthète, beau parleur et grand penseur. Il nous séduit nous aussi, nous convainc parfois et nous émeut.
Les paysages et la musique sont aussi très présents pour mettre tous nos sens à contribution. Des tangos langoureux(très tendance dans les films et les téléfilms du moment), le trio de Schubert dans les passages les plus dramatiques ( comme dans Barry Lindon), et une vieille chanson ringarde " Parlez moi de moi, il y qu'ça qui m'intéresse…" rythment les différents moments, nous permettant d'oublier le côté un peu répétitif de la mise en scène.
C'est donc un film enthousiasmant ou le rêve et la réalité se rejoignent pour nous faire voir nous aussi le monde à l'envers.

vendredi, septembre 29, 2006

Les Amitiés maléfiques



Cette fois le fond est bon! Défendre la "non écriture", encore que la fin contredise le propos puisque le héros finira tristement sa jeune carrière à Rochefort, et justifier l'art de la critique ( heureusement pour tous les bloggers), c'était une voie et une voix inédite quand tout le monde écrit à propos ou hors propos. A ce thème s'ajoute celui de l'amitié, du rôle du meneur de jeu mais cet aspect là manque de fougue et même de cruauté car le personnage du brillant étudiant qui devrait nous fasciner nous aussi n'est pas convaincant. Souvenez-vous du récent téléfilm sur Sartre qui décrivait beaucoup mieux l'ascendant intellectuel et humain du philosophe interprété par Laurent Deutsch. Quant à ses condisciples ils ne nous attachent ni nous émeuvent, et le film est donc un peu ennuyeux

jeudi, septembre 28, 2006

Le Diable s'habille en Prada



Impeccable dans sa forme, le film déçoit un peu par son fond.
Comme le magazine dont il dépeint les mœurs, Runway alias Vogue, les images sur papier glacé mettent en scène des créatures de rêve, en particulier la jeune assistante, qui ferait presque croire qu'en troquant ses vieux pulls à torsade contre des ensembles signés on acquiert la silhouette idéale d'Anne Hathaway ( vraiment magnifique).
Les dialogues sont drôles et l'identification d'une femme à sa marque de chaussures n'est pas si caricaturale… Par contre le carriérisme, la recherche des honneurs ou des avantages en nature, et surtout la dépendance à des hommes ou des femmes d'exception sont traités avec trop de simplisme ; l'aliènation au chef dans le film le Rôle de sa vie avec Agnes Jaoui et Karin Viard allait beaucoup plus loin…Et il n'était pas nécessaire de montrer la vulnérabilité de cette femme de pouvoir incarnée par Meryl Streep, son arrogance, sa tyrannie ordinaire en disent assez sur son manque d'équilibre et sa fuite en avant!
On sourit donc et on tourne les pages splendides de New York à Paris et de défilé en soirée, un peu étourdis et flattés de pouvoir le temps d'un film fréquenter ceux qui font la mode…et très déçus lorsque l'on retrouve sa propre garde-robe...

samedi, septembre 23, 2006

Les Aristos



Pour éviter d'être taxée d'un a priori défavorable sur les comédies populaires, il fallait essayer ce film réalisé par une personnalité forte et sympathique Charlotte de Turckheim qui semblait entourée d'après le générique de bons acteurs. Et le début est farfelu, avec des personnages truculents et une verve à la manière du Diable par la queue. La visite de la grande famille permettait de mieux diversifier le propos, c'était bien parti. Hélas le film s'enlise bien vite et devient lourd, très lourd…

mercredi, septembre 20, 2006

Quand j'étais chanteur



"Vous êtes pathétique" dit Cécile de France à Gérard Depardieu, et c'est l'adjectif qui caractérise le mieux tout ce film. Crédible le personnage de Gérard Depardieu en chanteur de "roucoule" l'est tout à fait, et sa performance d'acteur est encore une fois formidable. Les autres personnages sont plus ambigus, cela compense cet aspect monolithique du personnage central. Cécile de France est toute en charme et en fragilité même si son histoire à elle est plus contestable et si on peut se demander pourquoi elle commence par coucher puis après seulement à s'interroger…Les dialogues sont soignés, et au début ça marche, certaines scènes comme la leçon de tango sont émouvantes mais ensuite le film se répète et traîne en longueur…et même les accros de radio Nostalgie baillent un peu.

mercredi, septembre 13, 2006

Thank you for smoking



Profession lobbyiste, cette version très américaine d' "un smoking or not smoking", est gaie, avec un rythme alerte et enjoué. L'acteur qui interprète le rôle principal a vraiment un look très "vendeur". Plaisir des mots et de la rhétorique, on oubliera le côté un peu grandiloquent de la relation père fils… Les décors sont soignés et le tout fait un film qui devrait faire un tabac!

Les Particules élémentaires



Après Flandres l'univers Houellebecquien ne semble plus si noir ni si malsain…. L'adaptation allemande évite la polarisation racoleuse sur le thème cher à l'auteur de l'obsession et/ou de l'insatisfaction sexuelle. Par contre les ravages de la vague hippie des années 60 sont férocement dénoncés, notamment lors de la scène très dure de la mort de la mère. On rit par contre franchement dans l'épisode du séjour en camping mi-naturiste, mi-new age ! C'est finalement l'amour qui triomphe, tant dans le non-dit avec l'un des demi-frères Michel, que dans le mélo avec Bruno. Les deux couples d'acteurs sont par ailleurs excellents, mais tout le film n'apporte finalement rien d'original.

mardi, septembre 12, 2006

Je vais bien, ne t'en fais pas



L'unanimité de la presse et des spectateurs s'est faite sur ce film et sur son actrice principale Mélanie Laurent, émouvante, sensible et cette critique va dans le même sens. Les acteurs et le scénario trouvent le ton juste pour décrire le quotidien, la banalité ou la tristesse de la rupture entre des parents vieillissants et leurs enfants adultes. Les scènes sont pudiques, mais le malaise est palpable lors du déroulement immuable du repas en famille quand on a rien à se dire et que l'on décline à l'infini les pages de la cuisine de A à Z avec une mère qui essaye de faire bonne figure et un père moins bienveillant…
Julien Boisselier (Thomas dans le film) est le seul personnage décalé, réaliste, parfois maladroit (ah! cette image du frère en SDF avec son chien devant une supérette…), résolument optimiste, bien vivant et qui n'arrive même pas a être désabusé ; il est très bien dans ce rôle qui nous permet de reprendre notre souffle pour sourire un peu et regretter de n'avoir pas toujours auprès de soi ce gentil animal familier.

samedi, septembre 09, 2006

Little Miss Sunshine



C'est un film pesant et démoralisant qui nous fait vivre le road-movie entre Albuquerque et la Californie d'une famille de névrosés, qui se fédèrent autour d'une petite fille sans grâce qui rejoindra elle aussi ce clan de loosers. La philosophie du film nous est illustrée tout au long du parcours par chacun des personnages: si on peut partager ses échecs alors on devient capable de s'assumer. Cela n'est ni gai, ni beau…et cela manque grandement d'un petit rayon de soleil.

mercredi, septembre 06, 2006

La Tourneuse de pages



Une fois encore déception pour ce triller intimiste trop lent et trop simpliste. L'affiche était tentante avec de bons acteurs, et un thème de la vengeance intéressant. Mais si le décor est bien planté et les caractères des personnages bien décrits dans leur complexité et leur perversité, tout le reste est peu crédible et bien mince.

lundi, septembre 04, 2006

Flandres



Grand prix du Festival de Cannes, ce film est très beau esthétiquement mais très dur à la fois sur le fond et dans sa forme . C'est un film âpre, taiseux, violent, et même éprouvant qui met en parallèle la brutalité physique ( voire la bestialité) et morale dans le monde rural des Flandres et dans le contexte d'une guerre non identifiée mettant aux prises des soldats, des civils, et de jeunes snipers.
L'héroïne, Barbe, filmée comme une peinture de Vermeer avec son turban, nous évoque Mouchette. Plus désespérée encore que les autres personnages, elle nous emmène au fond de son gouffre. Quant au parcours des jeunes gens qui découvrent l'horreur de la guerre au quotidien et y participent, seul le dernier plan laisse une lueur d'espoir: pour le soldat Demester revenu à la vie civile, ce parcours initiatique sur lui-même lui a permis de s'approprier des sentiments et de les exprimer. Bruno Dumont, le réalisateur, rejoint ainsi Robert Bresson dans l'expression cinématographique de la dimension mystique de l'humain.
On est loin d'un cinéma détente…. A n'explorer que si le moral est au beau fixe….

mercredi, août 30, 2006

Selon Charlie



Tous les ingrédients du bon film intimiste français ( mais pas franchouillard) sont réunis: personnages en demi-teinte, ébauches de jolis seconds rôles crédibles, imbrication des destinées et un thème central décliné sur des modes variés: comment assumer ses rêves d'enfant ou d'ado, comment choisir sa destinée sans blesser ou être blessé… Et pourtant ça ne fonctionne pas, tout semble dissonant ( la musique elle aussi ), on a du mal à entrer dans cette histoire ou ces histoires. Parce qu'elles sont trop parallèles, pas assez ancrées dans une vraie région (un mélange entre paysages urbains et maritimes qui hésitent entre Bretagne et Seine-Maritime), qu'il y a des invraisemblances ( un bac blanc dans un collège!) et que certains acteurs se fondent mal dans cette mosaïque alors que cela fonctionnait très bien dans Fauteuils d'orchestre par exemple. Il y avait unité de lieu; cela aurait dû être la ville mais elle n'est pas identifiée, et en fait le thème qui réunit les personnages est trop abstrait pour servir de fil, mais pour que l'on comprenne bien le message il est asséné dans une scène finale inutile avec le personnage central , personnage (ou l'acteur Patrick Pineau?) trop falot pour jouer le rôle"fédérateur" du scénario . Par contre, les acteurs phares comme Bacri qui fait du Bacri et Benoît Poelvoorde, personnage désespéré, qui semble hésiter à quitter ses rôles habituels de comique sont trop typés et semblent faire film à part.
C'est un film sur les hommes et pourtant ce sont les seconds rôles des trois femmes qui semblent les plus vraies et qui nous touchent: la femme trompée qui ne peut s'empêcher de faire une scène frôlant l'hystérie, l'étrangère qui ne peut ou n'ose s'intégrer, la jeune fille d'un milieu défavorisé qui ne comprend pas bien que l'on se pose trop de questions car faire face au quotidien est un challenge suffisant…
De belles idées, des approches sensibles, mais c'est un film ébauché, qui laisse sur sa faim.

mercredi, juin 28, 2006

La Rupture



Le thème du processus classique de la rupture entre un couple mal assorti ( mais bien réel à la ville) était intéressant. La jeune femme Brooke( Jennifer Aniston) s'estime exploitée dans sa relation de couple, elle menace et la fracture s'élargit faute de mauvais conseils de l'entourage et des blessures d'amour propre infligées au pauvre Gary (Vince Vaughn). Son exclusion de l'équipe de bowling (il va devoir repartir sans sa chemise aux couleurs de l'équipe) contibuera à faire basculer sa décision d'aller jusqu'au bout, c'est très américain!. Quand chacun s'apercevra qu'il a beaucoup à perdre ils seront déjà déphasés… (ces deux tentatives de rapprochement sont les meilleurs moments du film). Le fond est donc criant de vérité, mais le ton qui aurait pu hésiter entre la comédie et le drame, privilégie le registre habituel de Jennifer, et on ne la sent pas à l'aise quand il faut être méchante ou en colère, raidie et vieillie par ce contre emploi. Jennifer Aniston restera tojours quoiqu'elle fasse Rachel , dont les cheveux sentent la noix de coco et dont nous pardonnons les minauderies car nous avons pour elle les mêmes yeux attendris que Ross!

samedi, juin 24, 2006

Paris je t'aime



18 courts métrages en 2H, ce marathon de cinéma est atypique, frustrant et un peu bourratif…C'est plutôt un film sur l'amour du cinéma avec Paris en toile de fond (et encore pas toujours). Il faut une grande culture cinématographique et un bon entraînement pour suivre, apprécier et reconnaître les acteurs et la patte des différents réalisateurs. Télérama compare ce tourbillon à celui du festival de Cannes où l'on pourrait ensuite décerner les récompenses. C'est une bonne optique pour qui se sent suffisamment féru de cinéma contemporain. . Mais on ne s'improvise pas membre d'un Jury d'un tel festival qui mélange les genres, les nationalités!
On peut plus modestement choisir de se laisser émouvoir ou impressionner seulement quand on se reconnaît dans certains quartiers, dans certains regards (le jeune homme aveugle, la jeune médecin noire qui soigne un homme qu'elle avait croisé et ignoré, le touriste à la station Tuileries) et éliminer les figures de style trop compliquées ou les genres auxquels on se sent étrangers (le mime, le fantastique muet)…La dernière saynète (Alexander Payne) nous laisse heureusement une image apaisée où il est jugement question de se retrouver soi-même dans une ville qui vit et bouge autour de soi..

mercredi, juin 21, 2006

Changement d'adresse



C'est une très jolie fantaisie sentimentale, comme l'indique l'affiche de ce film dont le réalisateur, scénariste et acteur principal est Emmanuel Mouret ( qui porte d'ailleurs très bien son prénom comme il le dit à son élève Julia dans le film). Comme elle il réussit , nous aussi, à nous charmer, à nous apprivoiser. On retrouve la même tendresse attentionnée que chez Nicolas Duvauchelle à l'égard de la jeune novice Avril dans le film du même nom, mais on verse plus cette fois dans le marivaudage subtil et gratuit que dans l'aventure.
Cette chronique des sentiments évoque donc surtout Rohmer, et plusieurs critiques voient en ce jeune cinéaste son héritier… C'est moins verbeux, plus tendre, mais les personnages ont la même fragilité, le même décalage entre le réel et le rêvé que dans les contes de Rohmer.En particulier le personnage d'Anne, la colocataire, joué par Frédérique Bel (connue pour sa prestation télévisée) est très rohmérien , et donc parfois un peu énervant à trop se voiler la face. A contre-courant des autres personnages, Dany Brillant joue (très bien) l'éléphant dans un magasin de porcelaine.
A ceux qui ne se sont toujours pas remis des deux heures passées ( ou perdues) à voir Pauline à la plage, changez d'adresse!

lundi, juin 19, 2006

Avril



Elle a bien de la chance la jeune novice Sophie Quinton de découvrir la vie hors du couvent dans un cercle restreint et attentionné, hors du bruit avec une plage, un phare, une cabane pour leur nouvelle famille. C'est un film attachant et poètique où l'on prend le temps de regarder la mer, les fleurs, les couleurs avec le même regard attendri que le jeune Nicolas Duvauchelle, très attentif à ne pas brusquer celle qu'il a aimée du premier regard car elle est différente des autres. Ce film est un conte pour nous apprendre le respect de la Foi des autres, sans prêchi-prêcha, avec le sourire, grâce aussi au personnage de Jim (Richaud Valls) qui est aux petits soins pour mitonner pour chacun petits plats et préparer un nid douillet dans son côté femme que lui reproche son partenaire!! (NDLR: le monde ne changera donc jamais).
A voir donc ce film pour sa fraîcheur, son quatuor de jeunes acteurs si beaux, si bons, si généreux et pour Miou Miou qui pleure toujours aussi bien. Certains critiques ont comparé ce film aux Valseuses, à cause d'elle peut être et par ce que la fin des années 60 est à l'honneur ( on chante avec eux Aline, on danse encore le twist, et oui, la rédactrice le confirme les maillots de bain pour femmes avec leurs motifs géométriques étaient vraiment aussi moches que çà!), c'est vraiment l'antithèse du duo très hard de Patrick Dewaere et Gérard Depardieu qui exigeaient , violaient et étaient en cavale. Dans ce scénario au contraire chacun choisit, se choisit, s'écoute… C'est de la fiction donc, très agréable à se laisser conter, on regrette les dernières images, il n'était peut être pas nécessaire de mettre une scène d'hôpital et de réanimation pour symboliser la renaissance… On avait tous compris et applaudi à la scène des personnages tous en blanc dans la chapelle blanche, suffisamment belle pour être le final.

On va s'aimer



Le scénario est peu original, les passages chantés sont trop longs ( N'est pas Resnais qui veut pour refaire " on connaît la chanson") et les chorégraphies sont ratées….Que reste-t-il de tout cela: des personnages, très réels, dans l'air du temps puisqu'il s'agit une fois de plus de trentenaires dont on ne sait si leur liberté doit faire rêver ou se lamenter sur le sujet "de la difficulté à choisir sa vie, sa partenaire quand tout est possible". Les femmes finiront par décider avec l'aide du hasard qui les aide un peu. Pour Alexandra Lamy un week-end raté lui fera prendre conscience qu'elle s'enfonce dans l'erreur, pour Mélanie Doutey une leçon de reconquête lui fera comprendre que l'on peut aimer et avoir un "accident".
Le quatuor d'acteurs interprètant les deux couples est excellent et vaut au film une petite grenouille. Certaines scènes sont réussies dont celle du retour dans le lit presque conjugal d'Alexandra Lamy qui illustre avec humour le point de vue masculin qui refuse d'être un homme kleenex. Enfin Mélanie Doutey est remarquable de beauté, de féminité qui rime dans son cas avec douceur et réalisme....la perle! mais cela rassurera les moins belles et/ou les moins sages, même elle, à vivre ensemble, on s'en lasse!

mardi, juin 13, 2006

Le Passager de l'été



C'est la déception! Une nouvelle fois la bande annonce et les prestations de Catherine Frot dans les medias pour promouvoir ce film nous avaient appâtés. Mais tout a été dit et le film ne nous
réserve aucune surprise. On est plus près du téléfilm paysan du samedi soir sur FR3 que de la Veuve Couderc! Et si Catherine Frot est excellentissime comme l'était Simone Signoret en veuve âpre au gain, dure et en manque de chaleur humaine, le séduisant et candide Grégori Derangère, qui avait été un "équipier" formidable n'est guère crédible en commis agricole primaire se souciant d'assurer, dans l'ordre, ses différents besoins: tout d'abord le gite et le couvert, ensuite la relation sexuelle et enfin la tendresse et l'amour.

dimanche, juin 11, 2006

Conversation(s) avec une femme



Quelle subtilité et quelle complexité dans cette narration de la relation amoureuse ! Le ton est juste, parfois cinglant, parfois désabusé. C'est un jeu de miroir et de mise en perspective, à la fois entre le présent et le souvenir d'une part, et sur le regard réciproque de l'homme et de la femme d'autre part. Cela se traduit par une image fragmentée, divisée, qui peut être dérangeante mais qui rend la perception sur ce couple très aiguë si on accepte d'être en connivence avec les personnages (certains spectateurs ont abandonné, bruyamment, en cours de route). La fin peut paraître énigmatique avec ce plan dans le taxi sur les deux personnages qui semblent s'être retrouvés, comme après un jeu, une parenthèse ou un rêve? A revoir peut être pour mieux comprendre, et pour une nouvelle chance à saisir pour nous aussi, et pour voir si l'intérêt psychologique reste une fois que la clé du scénario est élucidée!
On se retrouve donc bientôt pour une seconde critique de ce film.
Je n'ai pas compris non plus pourquoi le titre original: conversation with other women a été traduit en inversant le singulier et le pluriel...si quelqu'un peut éclairer sur ce point la ci-devant bloggiste....

mercredi, juin 07, 2006

Marie-Antoinette



C'est un beau portrait de jeune femme dans un univers hostile, fermé, médisant ( à l'image de ce que Sofia Coppola a elle-même vécu dans le monde du cinéma et de la jet set?). Ici le luxe invite davantage à la luxure qu'à la volupté et aux dorures de Versailles, on en vient à préférer comme l'héroïne, les plaisirs plus naturels et plus simples du Trianon et de ses petites bêtes ; ainsi Marie-Antoinette est-elle dépeinte comme une écologiste avant l'heure.
La belle jeune fille aux rêves de gloire, humiliée, délaissé se révèlera une femme sensible et responsable face aux épreuves ( dont on ne voit que le début), elle nous charme et nous convainc.
Mais on reste sur sa faim sur tout l l'aspect historique et politique du personnage et de son époque, les décors sont trop somptueux et le film trop long pour un film intimiste.