vendredi, mars 17, 2006

Renaissance



Nouvelle image, maîtrise d'une nouvelle technique dans le film d'animation, futuriste, paroxysme du noir et blanc..les mots manquent pour décrire ce premier long métrage de Christian Volckman d'un genre complètement différent qui nous plonge "pour de vrai" dans la BD de science-fiction .
Il faut donc s'accrocher pour à la fois découvrir ce Paris de 2054 ,être attentif à toutes les beautés et les innovations de ce monde nouveau tout en suivant l'histoire ( pas très captivante il est vrai), mais cela vaut la peine. A découvrir donc et à expérimenter par soi-même, c'est si original que l'on ne peut penser ou réagir à la place d'autrui.

jeudi, mars 16, 2006

Toi et moi



Ce chassé-croisé entre roman-photo et (souvent) triste réalité pour deux jeunes femmes à la poursuite du bonheur est un régal. Il, ou plutôt elle puisque c'est une femme quasi débutante Julie Lopez-Curval (c'est son deuxième film), réussit à nous séduire et à nous toucher ( nous les femmes seulement?), là où sur le même terrain la comédie récente Les Célibataires a échoué. Ici tout est pensé et vécu et les personnages ont une vraie épaisseur. L'anti-héroïne du film c'est Julie Depardieu ( on a l'impression de n'avoir plus qu'elle en France comme actrice tant elle est présente dans les films récents et à paraître ), et elle est vraiment parfaite dans son rôle de grande nunuche empêtrée de ses jambes et de ses bons sentiments ; on ne peut mieux la décrire que Louis Guichard dans Télérama "reine des pommes, des complexes et des aveuglements".
Mais notre Bridget Jones n'est pas un cas isolé, même en 2006, nous l'avons tous côtoyée, ignorée ou fait souffrir car le syndrome "prince charmant " est profondément ancré dans notre civilisation ( et pourtant le personnage interprété par Tom Sysley est paradoxalement aux antipodes de ce fantasme). Le prince charmant de conte de fées c'est plutôt Jonathan Zaccai en violoniste hongrois (pléonasme) qui essaye et réussit bien sûr à dévier de son quotidien sage et presque rassurant la jolie brune aux yeux bleus Marion Cotillard qui rejoint dans cette galerie de violoncellistes cinématographiques émouvantes Emmanuelle Béart dans le magnifique film de Claude Sautet "un Cœur en Hiver". Mais si l'on compare ces deux films, on peut regretter que la réalisatrice n'ait pas beaucoup "fait jouer les violons" pour nous prendre plus à l'émotion comme si elle ne voulait pas nous éloigner de son propos sur le romantisme d'aujourd'hui.

mercredi, mars 15, 2006

Truman Capote



C'est un scénario original mais difficile tiré d'une biographie que choisit de mettre en scéne Bennett Miller pour son premier film qui inaugure ainsi le "thriller psychologique" pour reprendre le terme d'un spectateur.Le film vaut d'abord par la prouesse de l'acteur, unanimement saluée et recompensée par un Oscar, Philip Seymour Hoffman qui incarne le personnage de Truman Capote auteur américain cynique, mondain, suffisant, très subtil mais ôh combien déplaisant. Les thèmes du recul par rapport à la création, du libre arbitre par rapport à son destin ( opposition entre celui qui sort par la porte de derrière et celui qui sort par la porte de devant) sont intéressants et le personnage de l'un des deux meurtriers est vraiment troublant. Le tout est austère et fera un grand classique du ciné-club de demain.

dimanche, mars 05, 2006

Three times



Ce film taiwanais apparaît comme un puzzle, dans le désordre comme il se doit, et nécessite une explication de textes que l'auteur donne en disant qu'il s'agissait pour lui d'un album de souvenirs de ses meilleurs moments; ils n'arrivent donc pas nécessairement dans l'ordre chronologique.
Les titres des trois épisodes donnent aussi une indication, le temps de la liberté étant le plus compréhensible et le plus beau visuellement.
Les deux autres sont très bien ancrés dans leur époque respective, 1966 et 2005 et la laideur d'un développement trop rapide y est criante. La première histoire intitulée le temps de l'amour illustre bien la nécessité d'une attente et d'une progression dans le parcours amoureux par opposition au temps de la jeunesse où l'impulsion prime, passant outre le désespoir des précédents partenaires.
On l'aura compris c'est du cinéma intellectuel, à déguster en solo et avec modération ; pour qui cherche l'humour ou la distraction s'abstenir!

vendredi, mars 03, 2006

Le Nouveau Monde



C'est un film lent, très lent, trop lent...
Pourtant Pocahontas a la fraîcheur et le naturel qui sied au rôle; le capitaine Smith est beau et fougueux; tous les Indiens sont parfaitement costumés ( peinture l'été, peaux de bête l'hiver), mais l'alchimie ne prend pas.
Et puis, comme dans la Ligne Rouge, Terrence Malik nous ressort son fameux lyrisme : les symboles multiples et omniprésents dont l'eau sous toutes ses formes, les oiseaux, les arbres, semblent vouloir nous convertir à une religion New Age de la Nature; ils sont bien pesants! Ce film décidément ni ne nous convertit, ni ne nous conquiert.

jeudi, mars 02, 2006

Célibataires



Vulgaire et sans originalité.
Cette comédie qui se voudrait grinçante et optimiste à la fois n'est qu'une succession d'emprunts à d'autres comédies très nombreuse sur ces thèmes à la mode des copains et du célibat…Mais alors que certaines avaient su nous faire sourire, rire ou pleurer ( le cœur de Hommes, Nous irons tous au Paradis, Je ne me sens pas belle), ce film au contraire accumule les clichés, la grossièreté ou le ridicule.

Mémoires d'une geisha



C'est un beau film qui sait mélanger les genres et les rythmes dans des scènes successivement mélo, vivantes, touchantes, sentimentales et artistiques. Les bons moments se suivent et ne se ressemblent pas. On s'effraye avec la petite fille qui tombe du toit, on devient ethnologue avec la mise aux enchères du dépucelage, on applaudit au spectacle de danse ( le metteur en scène Robert Marshall avait réalisé Chicago), on admire les images furtives et émouvantes de la survie pendant la guerre puis on s'attriste de la perte d'identité et de la vulgarité dominante lors de l'occupation américaine ( les Américains ne se sont pas donnés le beau rôle cette fois!). Bien sûr on n'évite pas le grandiloquent avec la scène du mouchoir jeté du haut de la falaise et les bons sentiments, c'est du cinéma hollywoodien! Mais toute la poésie et le raffinement de l'art de vie à la japonaise sont magnifiquement illustrés: cerisiers en fleurs, kimonos sublimes, jardins raffinés, costumes et accessoires luxueux, décors intérieurs et extérieurs scrupuleusement reconstitués.
Il s'agit donc d'une illustration de luxe d'un roman américain (donc en anglais et pas en japonais et c'est un des éléments qui renforce l'aspect reconstitution) certes attachant où nous compatissons aux malheurs de l'héroïne aux yeux d'eau; de la petite fille à la femme, les trois actrices ( chinoises!) sont toutes trois fines et ravissantes , si charmantes et si sages .Le spectateur reste néanmoins extérieur et pour qui n'a pas lu le roman et s'attend à sonder l'âme véritable du Japon d'avant-guerre à la manière dont il avait adhéré au tragique destin de l'héroïne d'Epouses et Concubines dans la Chine traditionnelle ( Ah, cette scène du massage des pieds!) la déception est forte car aucun moment du film n'atteint cette émotion.

mardi, février 28, 2006

The Ballad of Jack and Rose



Cette balade sur le désenchantement d'un ancien hippie n'a rien d'enchanteur et parait bien longue. La vie est difficile quand on choisit de vivre " au naturel", on le savait depuis que les soixante-huitards étaient revenus en ville après leur premier hiver au Larzac. Ce film permet à ceux qui rêvent de découvrir le " tout-écologique" d 'hésiter un peu.
L'aspect psychologique du film: relations père-fille ado n'est guère plus convaincant: le personnage de Rose, innocente dangereuse, laisse indifférent. La maîtresse Kathleen et son fils Rodney sont plus attachants mais l'émotion ne vient qu'avec les dernières scènes: la mort du père, puis dans l'épilogue lorsque le regard de Rose qui a choisi de vivre à son tour en communauté, s'attarde sur un père tenant son bébé dans les bras.
Reste la performance brillante de l'acteur, Daniel Day-Lewis qui a reçu le prix d'interprétation masculine pour son rôle de Jack au festival de Marrakech.

vendredi, février 24, 2006

L' Ivresse du Pouvoir



"Je te dirai après ce qui te manque", déclare avant leur séparation le mari de la juge incarnée avec justesse, finesse par Isabelle Huppert. Son ivresse du pouvoir lui retire peu à peu l'essentiel: vie privée, humanité. Eva Joly, pardon le Juge Charmant, ange exterminateur insatiable n'abandonne son masque qu'avec son neveu Félix. Pourquoi?
Elle retrouvera son humanité lorsqu'elle sera confrontée à son tour à la violence du suicide de son mari. Sur ce registre personnel le film est réussi .
Mais ce film a aussi l'objectif de dénoncer ( encore un film sur ce thème!)le dérapage des grands de ce monde: pouvoir politique et pouvoir de l'argent qui se confondent dans les "magouilles"…. L'affaire Elf servant d'illustration à ce modèle universel…La reconstitution historique était juridiquement risquée ; Chabrol a donc choisi de faire semblant et nous voila poussés à jouer au jeu des 7 erreurs plutôt que de profiter d'un bon moment de cinéma! D'autant que les personnages sont tous excellents et plus vrais que nature ( mention spéciale à François Borléand et Jean-François Balmer) à l'exception de Patrick Bruel improbable "dernier dirigeant du groupe Elf qui s'est fait un parachute en or" pour tous ceux qui ont croisé ce personnage.Dommage la véritable "affaire" était encore plus complexe et plus croustillante! Mais le vrai n'est pas toujours vraisemblable.

mardi, février 21, 2006

La Trahison



C'est un film de guerre tout simple, intimiste (ces adjectifs ne conviennent pas ordinairement aux films dits de guerre), qui illustre dans le contexte de la guerre d'Algérie, rarement évoquée au cinéma, la difficulté à rester un homme droit, juste et honnête même lorsque l'on a la peur au ventre.
Le regard humaniste du cinéaste ne "trahit" ni un camp ni l'autre, et c'est avec beaucoup de sobriété que nous sont décrits la misère et le dénuement au quotidien tant pour les appelés du contingent que pour les familles algériennes qui vivent l'exode et l'occupation.
L'interprétation de Vincent Martinez dans le rôle du lieutenant Roque est, elle aussi, tout simplement remarquable.

lundi, février 20, 2006

La double vie de Véronique



Quinze ans après sa sortie la magie de ce film, repris cette semaine par MK2, opère toujours. Irène Jacob éblouit par sa grâce, sa fragilité qui se double chez Véronique la Française, d'une confiance absolue à suivre le chemin qui lui a été tracé et facilité par une jumelle que le destin a placé auprès d'elle comme un ange gardien. Le regard du metteur en scène sur les choses et sur les gens fait éclater la beauté au quotidien et donne envie d'être soi-même artiste. La musique, obsédante et sublime fait partie intégrante du film. Quand Veronica s'effondre, on pense à la malédiction d'Antonia dans les contes d'Hoffmann. Ce film est d'autant plus poignant à revoir en 2006, quand on sait que l'ange gardien n'a pas continué à prodiguer ses bons offices : le réalisateur est mort,Philippe Volter s'est suicidé l'année dernière et Irène Jacob n'a pas vraiment fait une grande carrière (nous la verrons prochainement comme actrice vedette du film Liaisons Ordinaires)

vendredi, février 17, 2006

Petites confidences ( à ma psy)



Les rires fusent souvent dans la salle, car lorsqu'une communauté juive veut se moquer d'elle de l'intérieur elle sait nous faire rire aux larmes comme dans la Vérité si je mens ou sourire dans Woody Allen.On est ici à mi-chemin entre ces deux genres .
Mais à bien réfléchir on serait plutôt triste, désenchanté et bien vieux en sortant de cette comédie antisentimentale. Meryl Streep, fade, épaissie et étriquée prône une morale de petit bourgeois et le retour au mariage de raison. Heureusement les arguments présentés ne nous convainquent pas totalement (nous connaissons tous des hommes mûrs qui font d'excellents pères et qui aiment jouer sur leur console…) D'ailleurs le mélange des différences permet de rester circonspect sur la cause de l'échec du couple. Différence de religion ou différence d'âge, quel est le critère déterminant ? A moins que ce ne soit la combinaison des deux ( ouf, ce serait plus rare!) La morale du film n'est-elle applicable aux seuls juifs new-yorkais ? (reouf! ) …Oublions le propos tendancieux du film pour rire de bon cœur, s'attendrir comme toutes les mères qui ont du mal à partager leur fils et admirer le beau jeune homme Bryan Greenberg, un beau cadeau à lui tout seul!

Fauteuils d'orchestre



Cette comédie optimiste doit se voir comme un divertissement et non pas comme une tranche de vie. L'avenue Montaigne sert de décor de rêve à un conte, et la fée censée nous montrer, un peu, l'envers du décor, Cécile de France, est beaucoup trop idéaliste pour nous gâter notre joie d'être dans les beaux quartiers, avec les artistes et l'art sous toutes ses formes.
On ne peut croire un instant que les vieilles dames soient généreuses et souriantes, que les artistes doivent leur succès à leur franc-parler qu'une fausse artiste qui n'a vécu qu'à travers le succès des autres ( Dani) puisse se voir vieillir sans tristesse, etc.… la liste de ces non-réalités est longue.
Mais les personnages sont très bien campés, la distribution est remarquable, tous les acteurs grands ou seconds rôles sont excellents ( on verrait plutôt le pianiste en rugbyman, mais c'est le dilemme du personnage) et les dialogues fins et pleins d'humour. Le rythme est soutenu et tout est bien qui finit bien à la manière d'un vaudeville.
Ne boudons pas notre plaisir!

lundi, février 06, 2006

La Véritable Histoire du Petit Chaperon rouge



A la mode Shrek en moins fabuleux, ce dessin animé en 3D nous raconte à sa façon, version satirique du film d'aventures américain, une histoire du petit chaperon rouge qui finit bien. Les animaux sont particulièrement bien croqués, la musique est enjouée et les dialogues plein d'humour. Pour se divertir sans arrière-pensées…

vendredi, février 03, 2006

Les Mots retrouvés



Juliette Binoche et Richard Gere, en couple californien, cette affiche invitait à du cinéma détente ou au pire sirupeux. Mais comme ceux de la petite Elly nos yeux se ferment très souvent…d'ennui. La quête du mysticisme ( l'auriez-vous bien épelé?) n'est pas un sujet à traiter à la légère!
Le fils aîné résume bien en quelques minutes le personnage du père et ses motivations. C'est vraiment trop peu pour en faire un film.

jeudi, février 02, 2006

Munich



C'est un film touffu qui mélange tous les genres et tous les modes: réflexion, action, documentaire, espionnage, thriller, psychodrame. Dans l'engrenage de la violence, le parcours du héros est "exemplaire": du meurtre à la boucherie, en passant par la vengeance personnelle, lorsque ses certitudes deviennent des doutes son devoir devient cauchemar. Comme nous le racontent souvent les films de guerre réussis, les soldats s'interrogent sur leur culpabilité et les scènes de tueries les hanteront à jamais. C'est un des aspects le plus compréhensible du film qui se veut beaucoup plus ambitieux:
Quelles représailles face au terrorisme? Spielberg a souhaité poser la question et "élever le débat sur le conflit israélo-palestinien". De nombreuses questions sont effectivement soulevées et la narration de cette riposte à la prise d'otages de Munich, restée longtemps ignorée, ne nous éclaire pas complètement; mais on trouve au fil des dialogues de belles déclarations et des vérités toujours bonnes à entendre.

dimanche, janvier 29, 2006

Vers le Sud



Trois femmes seules, trop agées pour être encore des célibatantes, nord américaines, circonstance aggravante dans leur monde où prime plus encore qu'en France l'apparence et le puritanisme social anglo-saxon, viennent faire une pause à Haïti pour vivre en toute liberté leur temps de vacances .
Le cinéaste dépeint parfaitement ces portraits de femmes sous-baisées qui se sentent rejetées dans leur vie sociale normale et viennent se réfugier dans un site protègé (en l'occurence une plage et un hôtel paradisiaques) pour oublier le regard des blancs "civilisés". Ellen, typiquement bostonienne, se sent rongée par la vieillesse, et cette femme blessée hautaine, distante, dédaigneuse, trop orgueilleuse pour réclamer de la tendresse est magnifiquement interprétée par Charlotte Rampling; Brenda est une romantique dépressive toujours en décalage par rapport aux évènements (ce décalage est frappant dès son débarquement à Port au Prince , et en bonne européenne sensible au jets'lag on met cela sur le compte du décalage horaire ).Quant à Sue, elle se sent simplement trop quelconque pour intéresser quiconque au Canada.
Ce microcosme est une enclave d'où ne parviennent que très faiblement les échos d'une vie où la faim, la peur règnent sous la dictature des tontons macoutes. Mais si le climat de sensualité à la fois toléré, retenu, est très bien rendu, la peur et l'insécurité côté indigènes sont évoqués de façon maladroite ( notamment dans la première scène, assez disjointe du reste du film, supposée donner la mesure de cette misère ). La cause haïtienne est bien mal défendue (et il aurait encore matière quand on sait que même le tourisme a été détruit lui aussi) par ce film lent et déprimant, comme s'il était tourné par une équipe épuisée…
La reconnaissance du ventre, moteur de l'histoire, devrait davantage prendre aux tripes…

mardi, janvier 24, 2006

Good Night and Good Luck



La presse a salué unanimement le travail de mémoire et le montage de G. Clooney . La dimension historique du film a été perçue par tous puisque la salle était comble un lundi après-midi : plusieurs classes de lycéens y étaient venues dans le cadre de leur établissement .
C'est un film austère, dru, dense, intelligent et exigeant pour le spectateur, à la mesure du message contenu dans le film. Ce film revendique le pouvoir d'information de la télévision, rôle que l'on ne pouvait réduire à cette époque au seul pouvoir des images car le choix du texte, du ton et du rôle du commentateur lui-même sont présentés comme essentiels ; il lui dénie par contre un rôle éventuel d'amuseur public.
Revendication d'un contre-pouvoir politique, pression des annonceurs publicitaires, importance de l'image et de la personnalité des éditorialistes, complémentarité des media (la presse dans le film) beaucoup veulent voir aussi dans ce film une leçon pour la télévision actuelle; cet aspect là ne prime pas car c'est la technologie de la télévision de l'époque, ses lourdeurs, son fonctionnement vu de l'intérieur qui sont soulignés et particulièrement bien restitués au détriment de l'émotion.

samedi, janvier 21, 2006

Le Secret de Brokeback Mountain



C'est à la fois une très belle histoire d'amour, une longue complainte sur les solitudes et un plaidoyer contre l'intolérance.
Dans ce western engagé, ces deux cow-boys là se battent contre eux-mêmes. Les scènes d'amour sont à la fois sobres et convaincantes ( beaucoup moins hards que dans " le Temps qui reste"). La beauté des paysages ( le Wyoming) et de nos deux héros (on y retrouve l'acteur principal de Jarhead : Jake Gyllenhead, toujours viril mais cette fois sensible et sentimental) souligne encore davantage la misère matérielle et morale de cette société rurale; les personnages des femmes sont crédibles et l'on pleure à la fin quand le regard de la mère résume toute la tristesse d'un monde impitoyable pour les exclus de tout poil et de tout sexe.
Magnifique!

jeudi, janvier 19, 2006

Orgueil et Préjugés



Le monde de Jane Austen est bien sombre et ce film met en évidence le coté sordide de la condition féminine au début du 19ème siècle.
Le contexte boueux et glauque de cette vie campagnarde met en valeur la sensibilité, la liberté de ton et la finesse du personnage principal .
On peut regretter cependant que cet univers ne soit pas peint de façon plus subtile ( comme dans Raisons et Sentiments avec Emma Thompson inoubliable), et cette lourdeur (voulue?) est accrue par une musique insistante. La mise en scène oppose brutalement le romantisme (illustré par la campagne anglaise représentée dans toute sa beauté aux rayons du soleil, dans le brouillard ou sous des averses) au réalisme de la vie quotidienne très dure pour les hobereaux campagnards, comme pour les servantes. Les filles y courent à leur perte, comme Madame Bovary , à trop rêver à un bal ou à un beau mariage.
C' est aussi noir et réaliste que chez Flaubert , mais Jane Austen elle reste optimiste malgré tout et croit en la bonté des hommes et au pouvoir des livres…et le film privilégie trop la romance.
Les personnages de femmes sont bien joués ainsi que le père Donald Sutherland. On retrouve dans deux personnages secondaires,les deux actrices principales de Mrs Henderson: Judi Dench et Kelly Reilly très convaincantes dans leurs rôles respectifs de perverse et de pimbêche. Les hommes par contre paraissent falots: préjugé?

mardi, janvier 17, 2006

Jarhead-La fin de l'innocence



C'est une version très violente du thème du Désert des Tartares , l'attaque ennemie à laquelle on se prépare et qui n'arrive pas. C'est surtout une image terrible de la machine de guerre, d'autant plus violente que c'est de l'histoire récente et d'autant plus terrifiante qu'il ne s'agit pas de balais d'hélicoptères mais bien d'individus qui marchent, souffrent et attendent en vain un combat dans une guerre où leur utilité n'est même pas certaine .Images si violentes et si terribles que l'on se demande si l'on vit sur la même planète que ces "marines", qui d'ailleurs deviennent méconnaissables physiquement lorsqu'ils reviennent à la vie civile, au point de ne pas se reconnaitre entre eux. Le titre est parfait, c'est la fin de leur innocence mais aussi de la notre : faire la guerre, même à notre époque, implique les hommes et les marque à jamais. Ce film nous le rappelle à nouveau, dans un style original qui le démarque et que l'on n'oubliera pas, comme les grands films sur le Vietnam.

dimanche, janvier 15, 2006

La Rumeur court



Cette comédie sentimentale perdure la tradition de la comédie hollywoodienne:de beaux acteurs, des villas cossues, et un mariage chic (un de plus!). Le schéma est donc classique, au début, et notre héroine Sarah (Jennifer Aniston), jeune femme un peu tourmentée par son avenir et par ses retrouvailles avec sa famille angoisse à l'idée de s'engager dans le mariage et de présenter officiellement son fiancé à sa famille .
Mais son trouble va s'accroître quand elle aura entendu les confidences de sa grand mère ( excellente Shirley MC Laine que l'on retrouve après In Her Shoes dans le rôle de grand'mère , mais cette fois en mamie alcoolo et nympho, ex Mrs Robinson!).
Quand Sarah, le poil luisant rencontre et séduit à force de minauderies " le Lauréat" ( joué par Kevin Costner), elle choisit pour un temps, et on l' excuse facilement! de préférer le présent tant il est exaltant: draps brodés, bal, excursion en avion privé pour un déjeuner dans la vallée des vins ( avant pour "emballer" on se contentait de jouer de la guitare, maintenant il semble que piloter soit un plus…).
Mais le fiancé va se révéler plus tenace qu'il n'y paraissait au début. Tout se finit bien , soyez en sûrs, sinon plus de tradition .
Si vous êtes un et surtout une inconditionnelle de notre amie Jennifer ( Rachel dans Friends), si vous fredonnez avec nostalgie Mrs Robinson, et si ce soir vous avez choisi de regarder une fois encore Pretty Woman qui passe à la télé, alors courez voir cette rumeur là, même si cette jeune femme n'a pas la grandeur de Julia Roberts et même si les contes de fées deviennent eux aussi prosaiques et privilégient la "sécurité de l'emploi" , en Californie comme ailleurs ..

vendredi, janvier 13, 2006

Le Monde de NARNIA



Vraiment magique cette armoire qui va permettre de découvrir un nouveau monde, ou plutôt deux mondes: celui du Bien qui va s'opposer à celui du mal. La fée est une méchante sorcière et il faudra quitter l'hiver pourtant splendide pour découvrir le monde des gentils dont le roi , Walt Disney oblige, est un lion.
Qu'il est beau et bon ce lion, et que nos jeunes amis sont valeureux. Ils vont se comporter comme de preux chevaliers car on est dans un monde mi-biblique, mi-chevaleresque.
Le roi Lion Aslan a le pouvoir de ressusciter les morts ( les gentils) et les combats de nos héros dont ils sortiront ( enfin!) vainqueurs se déroulent à la façon des duels de la chevalerie moyenâgeuse.. Pour que rien ne manque dans ce film d'actions il y a aussi des poursuites, donnant lieu à des scènes splendides en traîneau ou sur des blocs de glace…
C'est donc du cinéma plaisir, magnifique . La scénographie avec une diversité inouie d' animaux réels ou légendaires est d'une imagination débordante et inoubliable(comme par exemple l'attelage d'ours polaires).
On ne peut guère faire plus ni mieux pour nos chères têtes blondes; à réserver cependant à des enfants qui ont l'habitude du cinéma et pas trop jeunes, sinon le rêve deviendra cauchemars

Mrs HENDERSON présente...



Mrs Henderson est une originale mais néanmoins très british septuagénaire qui à la mort de son mari décide de (commencer à )vivre sa vie à sa guise .
Elle peut enfin s'octroyer certains droits pour "compenser" son veuvage, s'envoyer en l'air par exemple ( pour se rendre en France dans son avion privé ce qui en 1937 n'est pas si banal), et même et surtout produire sa revue de music-hall.
Les dialogues sont vifs et les situations cocasses pour ce film kitchissime de Stéphane Frears dont on reconnait la patte soignée, l'oeil intelligent, le ton mordant.
Mais à force de traiter de façon so british la face émouvante du film, on finit par le regarder seulement comme un documentaire brillant sur une époque (heureusement!)révolue.

mardi, janvier 10, 2006

Angel-A



On décolle vraiment dans toute la première partie du film ; on s’envole pour découvrir Paris en noir et blanc, des images somptueuses en extérieurs comme en intérieurs. On redécouvre aussi la maxime aimes-toi toi-même pour aimer les autres ainsi qu'une nouvelle version très réussie de « t’as de beaux yeux tu sais », dans un décor de sanitaires 1900 ( ?). Les dialogues sont légers et l’humour permet d'adhérer à une situation quasi-mystique.
Mais quand le message devient martelé (bien que parfois un peu inaudible), la magie n’opère plus, nos ailes nous lâchent. On feuillette alors un magnifique album de photos au son d’une très belle musique signée par Garbarek .

lundi, janvier 09, 2006

The Constant Gardener


Peu convaincant ce soi-disant thriller qui n’arrive jamais à nous tenir en haleine, même si le très british et très ennuyeux diplomate anglais au Kenya se transforme sur le tard en baroudeur, on n’y croit plus et on se désintéresse de son sort.Le titre finalement retenu The Constant Gardener est bien adapté à la personnalité du personnage principal tel que l’on le découvre dans la première partie ; pourquoi s’intéresse-t-il si peu à sa femme et pourquoi la laisse-t-il vivre sa vie de galère si loin de lui (que diable va-t-elle faire si loin dans le Nord à Loki ; il connaît le pays , il peut deviner qu’il ne s’agit pas d’une simple « excursion ») .Accepte-t-il d’être manipulé par sa femme comme par son contexte diplomatique. Se voile-t-il la face, son mariage aurait-il été pour sa femme un mariage d'intérêt?
La seconde partie est beaucoup trop décousue, sans rythme et on ne regrette pas de laisser ce combat contre Big Pharma aux quelques pasionarias , antimondialistes ou autres berlinoises écolo convaincues .
Il reste de ce film des images dantesques du Kenya (au sens infernal puisque le rouge domine), loin des images touristiques traditionnelles des safaris au pays de lions et des antilopes... Nous découvrons, atterrés, des bidonvilles surpeuplés, une population vivant pêle-mêle avec les monceaux d’ordures , le long de la voie ferrée.. Les premières images de la morgue sont effarantes et la misère de l’hopital , sans mélo, est bien réelle . Pourquoi en rajouter en abordant aussi les problèmes du Soudan ? Cela n'ajoute rien au scénario mais on en retirera la beauté des prises de vue et le plaisir de survoler et de nous arrêter un peu plus longtemps au bord du lac Turkana car il n’est pas près d’être au programme des circuits touristiques du Kenya!