dimanche, février 16, 2014

Un beau dimanche

La sensibilité de Nicole Garcia et le choix de son fils Pierre Rochefort comme acteur principal (un beau jeune homme triste et attachant pas seulement pour Louise Bourgoin) donnaient à penser qu'elle avait mis le meilleur d'elle-même dans sa nouvelle réalisation. Et certes le couple en rupture de ban est suffisamment marginal pour que l'on soit intrigué.... Mais pourquoi mettre tout notre capital sympathie du même coté de la balance et décrire le milieu social d'où vient le personnage de Pierre avec tant d'acrimonie, de manichéisme et presque de brutalité....Heureusement la grande Dominique Sanda que l'on revoit enfin sur un écran, nous captive et nous écoutons le son de sa voix, nous observons son visage et le plaisir est là.

Dallas buyers club

Le talentueux réalisateur de C.R.A.Z.Y. nous raconte une histoire vraie dans un film à thème , très américain certes puisqu'il faut défendre une bonne cause, mais avec une dose d'insolence, d'originalité et d'humour qui nous permet de profiter de la performance des acteurs. Et quelle performance! Matthew McConaughey (Golden Globe) -qui a perdu 20 Kg s pour se mettre dans la peau de son personnage atteint du SIDA à qui on ne donne plus que 30 jours de survie- ne vole pas la vedette à son partenaire Jared  Leto qui incarne un jeune drogué qui se prend pour une femme. Et malgré le contexte du rodéo texan, des hôpitaux, des descentes du fisc et de la FDA, de la longue file d'attente de tous les malades qui se cramponnent à un espoir de traitement ... non ce n'est pas glauque! (mais quand même très réaliste donc à éviter au jeune public).

Ida

Tout est magnifique dans ce film, la forme comme le fond ; le paysage désolé de l'hiver polonais et l'âpreté de la vie dans les années 60 « derrière le rideau de fer » sont en résonance parfaite avec la quête de deux femmes que tout oppose mais qui parviendront à communiquer apportant à la plus jeune le recul nécessaire à son parcours jusque là trop linéaire....
 

Jacky et le royaume des filles

Comédie déjantée ou farce triviale.... Le réalisateur des Beaux Gosses, Riad Sattouf déçoit cruellement cette fois car l'idée d'une « Cendrillon » sur le mode féministe était original. Mais le trait est trop grossier et l'atmosphère vraiment pesante... Dommage pour Anémone, Noémie Lvosky et beaucoup d'autres personnalités qui se sont fourvoyées elles- aussi dans cette galère!

samedi, février 08, 2014

Lulu femme nue

Un film sensible magnifiquement interprété par Karine Viard et beaucoup de bons sentiments....
Si la réalisatrice s'est montrée féroce (ou simplement réaliste) dans la scène de l'entretien d'embauche, elle se montre plus optimiste ensuite puisque ces quelques jours d'errance de Lulu lui permettront vraiment de refaire sa vie sous de meilleurs auspices...
D'ailleurs elle croit à la chance et au destin comme le montre la scène finale... Bien sur cette renaissance demande quand même de savoir regarder avec le cœur: le nouvel amoureux n'a pas le profil idéal au premier abord (comme le dit sa fille) ,mais a contrario de son mari il ne l'exploite pas et il est doux et aimant et lui redonne confiance en elle
.

Beaucoup de bruit pour rien

Une élégante relecture de Shakespeare en noir et blanc et en costume cravate dans la villa du réalisateur américain Joss Whedon... Plaisant....

American bluff

C'est une comédie où le réalisateur a pris un réel plaisir à grimer ses acteurs (méconnaissables), à les présenter chacun à la fois sous leur jour le plus ridicule et le plus talentueux) et sait nous le faire partager. Des scènes de genre très marquées par les années 70 (dont certaines comme l'entretien de De Niro avec le Cheik pourraient devenir des scènes d'anthologie)  s’enchaînent dans une joyeuse cacophonie déconcertante.... C'est donc un divertissement certes (avec de la musique comme on l'aimait dans ce temps-là)  mais ne pouvait-on pas s'attendre avec cette histoire vraie qui a fait trembler le FBI à du vrai suspense maîtrisé et intéressant.

lundi, janvier 20, 2014

L'Amour est un crime parfait

Philippe Djian aime les êtres compliqués mal dans leur peau et ce film tiré de son roman Incidences est suffisamment elliptique pour préserver ce coté sombre et mystérieux d'une oeuvre littéraire.
Les frères Larrieu ont particulièrement
soigné les décors somptueux tant dans la nature que dans l'architecture (l'université de Lausanne, le chalet). L'ambiguïté des personnages et des situations servie par le choix de Mathieu Almaric très investi dans son personnage , le charme -électrique pour Maiwenn, diabolique pour Sara Forestier- confirme le parti pris hitchcockien, le suspens en moins!

2 Automnes, 3 Hivers

C'est du cinéma d'auteur bobo, intimiste à la fois poétique et réaliste. Il s'en dégage une impression douce amère marquée par la fuite inexorable du temps (une  belle interprétation et une illustration de la chanson de Moustaki "Passe, passe le temps il n'y en a plus pour très longtemps") dans une vie où l'on n' est pas maître des facteurs clés de son destin (la santé, les bonnes et les mauvaises rencontres).

Philomena

Ce film de Stephen Frears est de la verve de Madame Henderson; il joue sur le même registre de la vénération de la mémoire d'un fils disparu,par une mère interprétée par Judie Dench.
On y retrouve aussi la même émotion soigneusement contrebalancée par beaucoup de réalisme et d'humour. C'est cette recette qui permet de dépasser l'histoire vraie et le contexte glauque « Magdalene Sisters » pour nous entraîner avec les personnages dans une vraie réflexion sur le sens de la vie et la façon de l'appréhender.
Comme dans toutes les comédies dramatiques, le couple  formé par Philomène une femme simple qui lit des romans à l'eau de rose et voyage avec Ryanair et l'homme distingué (qui sort d' «Oxbridge » ) est improbable! Journaliste politique qui  vient de se voir évincer de la com ministérielle, cet homme hautain se voit  contraint d'accepter le pire: faire du journalisme « humaniste ». Ils vont  devoir entamer ensemble un périple vers l'Irlande et Washington afin d'écrire une histoire qui devrait« faire de l 'audience »....Elle a l'âge d'être sa mère ( et au début on pourrait penser que c'est le fils qu'elle recherche) mais leurs échanges leur permettront de s'assumer tels qu'ils sont; pour elle en finir avec l'expiation de sa faute : le plus terrible péché mortel dans le catholicisme pur et dur irlandais n'est-il pas la fornication surtout pour une fille (elle faute, un garçon saute..... là est toute la différence!), et pour lui accepter son retour à la base de journaliste anonyme et d'être une « ex-personnalité ».

jeudi, janvier 16, 2014

Suzanne

Ce poison violent pour reprendre le titre du précédent film de Katell Quilévéré, c'est la passion qui dévore Suzanne, interprétée magnifiquement par Sara Forestier (normal) qui est un peu le sosie de la réalisatrice.
C'est donc un film très personnel tout en subtilité où tous les personnages sont importants et les acteurs choisis y jouent leur rôle avec exactitude et sens des nuances. Un régal du cinéma « d'auteur à la française ».

Yves Saint Laurent

Beaucoup d'émotion dans ce film de Jalil Laspert que nous connaissions comme acteur et qui avait réalisé Vents contraires (à St Malo). La première partie est vraiment merveilleuse et c'est grâce au duo Guillaume Gallienne /Pierre Niney que cette alchimie est rendue possible. Leur réputation d'acteurs de la Comédie Française et leur succès au cinéma était déjà grand mais ils atteignent ici à la perfection. Les images des défilés, la musique et l'élégance de la mise en scène apportent aussi beaucoup à cette réalisation dont l'aspect « biopic d'un génie surmédiatisé » , souvent redondant et glauque, est ainsi minimisé.
Au mois d'octobre sortira un autre biopic du créateur de mode et ce film là donne envie aussi d'aller voir cette nouvelle version.

Tel Père, tel fils

Cette version japonaise de la vie n'est pas un long fleuve tranquille traite avec subtilité et finesse, sans exclure une certaine dureté, de la paternité biologique et adoptive. C'est un beau film qui en plus nous plonge dans la vie quotidienne du Japon d'aujourd'hui.

Le Loup de Wall Street

Trop d'argent,trop de drogue, trop de luxe....L'outrance est certes la marque de fabrique de Martin Scorcese et ce n'est pas par hasard qu'il tourne avec son acteur fétiche Leonard de Caprio, lourd, brutal. Pour certains c'est un feu d'artifice brillant, grandiose et magique; pour moi cela a été 3 longues heures sans surprise
ni émotion même plastique.

La Reine de neiges

Très beau décor dont le coté théâtral et froid est humanisé par le drôle de petit personnage du bonhomme de neige. Si le grand monstre de glace peut faire peur aux plus petits, les fillettes de 6 ans adorent ce conte avec des princesses.

jeudi, décembre 12, 2013

A Touch of sin

Le réalisateur chinois de « Still life » interdit d'écran dans son pays a reçu cette année à Cannes le prix du Meilleur scénario pour ce film dont le titre fait référence à A Touch of Zen (1969)du Maître taïwanais King Hu. Je me garderai donc bien d'exprimer un jugement par trop négatif et d’empecher peut-être des spectateurs avertis d'apprécier cette oeuvre. Mais pour ma partj'ai subi une overdose de violence; cela a été insoutenable (et a atteint le « too much de violence réaliste » décrit récemment par Pierre Lescure). De plus j'y allais mal préparée car comme à l'ordinaire je ne lis rien avant, ni critiques ni synopsis et j'ai donc cherché en vain un lien entre les personnages dans les quatre histoires pendant au moins la moitié du film (qui dure 2h et semble encore plus long); et durant le troisième épisode je me suis beaucoup bouché les yeux et les oreilles pour ne pas voir et entendre tous «  ces serpents qui sifflent sur le sol ». C'est donc devant mon petit écran perso que j'ai enfin su que ces différents drames se situent dans quatre régions bien différentes( on peut le découvrir grace aux accents très différents nous dit-on (!)....). Par contre on ne m' a pas
expliqué l'épilogue où l'on voit réapparaître la femme du directeur de la mine assassiné qui recrute la jeune femme du 3ème épisode -pour mieux faire sentir sans doute que la pression économique et sociale est sans fin....
Je regrette ne pas faire partie d'un groupe de cinéphiles pour progresser!

mercredi, décembre 11, 2013

The Lunchbox

Classé comme « feel good movie »,  ce film indien mélancolique nous dit la force de la connivence qui peut se créer dans une relation épistolaire ; elle permettra ici aux deux correspondants de mieux s'assumer, pour l'un c'est l'approche de la vieillesse acceptée,
pour l'autre l'autonomie retrouvée.
Le contexte de la vie quotidienne à Bombay, à la maison et dans l'entreprise, tout en touches réalistes, apporte un supplément d'âme à ce film subtil et émouvant.

Casse-tête chinois

Cette comédie de mœurs pleine d'humour se veut souriante malgré le thème sociologique préoccupant principal dont il traite : l'éclatement géographique et familial lié aux divorces( et il aborde aussi d'autres sujets graves tels que l'immigration, l'homoparentalité le tout avec une certaine superficialité). Le regard du petit garçon Tom (magnifiquement interprété) est souvent plein de sagesse et d'interrogation vis à vis de son père, Xavier, qui ne prend pas le temps de se poser. Cet homme qui court, Romain Duris, reste ici un adulescent à qui l'on aurait bien du mal à confier ses enfants et c'est ce qui est peut-être gênant dans ce film. Plus inacceptable encore est la fin bâclée que Cédric Klapisch a voulu donner à sa trilogie.
Cette comédie prend souvent des accents vaudevillesque; c'est du Feydeau version homosexuelle quand Cécile de France s'amourache de sa baby-sitter! On rit donc bien fort, et l'habileté de l'écriture et les décors inédits de New York permettent d'afficher  2 (petites)
grenouilles.

samedi, décembre 07, 2013

Capitaine Phillips


Hyperréaliste donc très violent, ce film effraye d'autant plus que l'on pourrait penser qu'un énorme porte containers est à l'abri d'un piratage. Que nenni et c'est une histoire vraie! La détermination d'hommes qui n'ont rien ( et donc rien à perdre) et qui de plus sont sous la coupe de chefs inhumains et avides, s'avère suffisante.
C'est donc un suspense éprouvant et comme Tom Hanks  à la fin nous crions grâce. ..

Rêves d'or

Ce premier film salué unanimement par la critique nous décrit avec réalisme mais avec une certaine poésie un train-movie entre le Guatemala et la terre promise : les USA pour de jeunes adolescents.
Le chemin est long et semé d’embûches (le mot est bien faible pour décrire toutes les violences que devront affronter les jeunes gamins). La photo est belle s'attardant sur les visages, les corps, les paysages....