dimanche, avril 16, 2006

Les Brigades du Tigre



Faute de connaître la précédente série, difficile de savoir si ce remake a été bridé par un souci de continuité. Le résultat est raté, tout semble factice et inutile. Pourtant l'histoire et même l'Histoire était suffisamment forte pour nous émouvoir et nous interpeler. Du sang, beaucoup de sang, des beaux costumes et des voitures anciennes mais bien peu de divertissement.

mercredi, avril 12, 2006

La Doublure



Le sujet avait été défloré par la bande annonce,et il y a peu de rebondissements. Mais les acteurs sont excellents et nous font passer un bon moment, mention spéciale à Richard Berri!

mercredi, avril 05, 2006

Jean-Philippe



Jubilatoire, un régal, un parcours sans fautes pour retrouver notre Johnny national…Même pour les non- inconditionnels de Johnny, il serait dommage de s'abstenir de voir ce spectacle très divertissant dans le vrai bon sens du terme ( à moins que l'on ne supporte pas Fabrice Luchini bien sûr). Le duo de ces deux bêtes de scène qui ne pouvaient pas échapper à leur destin est vraiment magnifiquement mis en scène et le spectacle du Stade de France vu de la scène est époustouflant. On sort en chantonnant…du Johnny ou pourquoi pas "et si tu n'existais pas, dis-moi comment j'existerais, dans un monde sans toi"..

lundi, avril 03, 2006

El Aura



La forêt argentine sert de décor très original à ce thriller psychologique.
Peu de dialogues et de longs plans fixes alourdissent encore l'atmosphère singulière où tout se joue dans le mutisme ou le regard d'un chien.
Pesant mais bien rythmé, ce puzzle à découvrir avec et à travers le personnage principal laisse toujours planer le doute entre le réél et l'imaginaire, le destin choisi ou subi…
Du vrai cinéma…

samedi, avril 01, 2006

Separate lies



Ce film intimiste éclaire de façon ultra british un adultère et un crime qui se déroulent dans le milieu de l'upper class entre Londres et sa proche campagne . Le personnage principal, un homme trompé qui va donner beaucoup de lui-même pour sacrifier à son désir de la perfection, de l'ordre ( on ne saura finalement pas ce qui est vraiment moteur en lui, car tous les sentiments violents sont intériorisés) est joué par Tom Willkinson. Le personnage de l' amant ( joué interprété par Rupert Everett , pas étonnant que la charmante épouse modèle Emilie Watson craque!) n'a pas intéressé l'auteur qui a choisi de focaliser sa dissection des sentiments sur le couple mais en n'en montrant que les apparences ...Tout un art , très réussi pour un premier film.

Aurore



L'usure et l'aveuglement du pouvoir, la recherche de l'accomplissement personnel sans contraintes pour les jeunes, est-ce donc un film engagé? Mais non c'est un conte de fées tourné au château d'Ussé avec décors et costumes somptueux. La reine en est Carole Bouquet, magnifique, altière mais bien triste auprès de son roi vieilli ( François Borléand) qui a interdit la danse et qui accepte de vendre sa fille pour sauver son royaume. L'histoire n'est pour le réalisateur Nils Tavernier, passionné de danse, qu'un prétexte au déroulement de diverses chorégraphies très réussies, dont le pas de deux dansé par Nicolas Le Riche et Margaux Chatelier dont le rôle dans ce film a permis de gravir un pas ( de danse) décisif dans son parcours d'élève de l' Opéra.

jeudi, mars 30, 2006

Romanzo criminale



C'est un film violent dans l'action mais attachant par le regard posé sur la bande de jeunes délinquants au parcours meurtrier.
C'est un film complexe à la fois par la multitude des réseaux impliqués, par le nombre d'intervenants ( être vigilant à la présentation des personnages en début du film!) et par l'aspect multifacettes des personnages clés qu'ils soient flics ou voyous.
C'est un film italien, qui décrit l'histoire sans la réécrire en noir et blanc à la mode anglo-saxonne. La violence de l'Italie des années 70 nous est montrée sans ménagements ( film interdit aux –12 ans), c'est une page d'histoire qui nous est racontée façon Scorsese, sanglante mais captivante.

La Planète Blanche



C'est un documentaire animalier engagé dont WWF a été partie prenante où l'ourse blanche est donc reine comme il se doit dans ce monde où l'homme se fait rare.
Plaidoyer pour la sauvegarde de la banquise en danger, La Planète blanche nous montre longuement les espèces menacées, dans un décor immaculé, grandiose où seule la prouesse technologique a permis de capturer des images exceptionnelles sur la glace ou dans les profondeurs de la mer arctique.
Toutefois, même pour les inconditionnels du monde arctique, et malgré la beauté des images le film paraît long, et le manque de suspense ne permet pas de captiver les jeunes enfants qui s'attendent à découvrir une histoire comme le faisait la Marche de l'empereur. Si le texte ( dit par Jean-Louis Etienne) est discret voire insuffisant pour répondre à des questions sur la vie animale (par exemple pourquoi les caribous doivent-ils nécessairement aller jusqu'à la mer?), la musique inuit est par contre très présente ( voire pesante), et parfois répétitive.

vendredi, mars 17, 2006

Renaissance



Nouvelle image, maîtrise d'une nouvelle technique dans le film d'animation, futuriste, paroxysme du noir et blanc..les mots manquent pour décrire ce premier long métrage de Christian Volckman d'un genre complètement différent qui nous plonge "pour de vrai" dans la BD de science-fiction .
Il faut donc s'accrocher pour à la fois découvrir ce Paris de 2054 ,être attentif à toutes les beautés et les innovations de ce monde nouveau tout en suivant l'histoire ( pas très captivante il est vrai), mais cela vaut la peine. A découvrir donc et à expérimenter par soi-même, c'est si original que l'on ne peut penser ou réagir à la place d'autrui.

jeudi, mars 16, 2006

Toi et moi



Ce chassé-croisé entre roman-photo et (souvent) triste réalité pour deux jeunes femmes à la poursuite du bonheur est un régal. Il, ou plutôt elle puisque c'est une femme quasi débutante Julie Lopez-Curval (c'est son deuxième film), réussit à nous séduire et à nous toucher ( nous les femmes seulement?), là où sur le même terrain la comédie récente Les Célibataires a échoué. Ici tout est pensé et vécu et les personnages ont une vraie épaisseur. L'anti-héroïne du film c'est Julie Depardieu ( on a l'impression de n'avoir plus qu'elle en France comme actrice tant elle est présente dans les films récents et à paraître ), et elle est vraiment parfaite dans son rôle de grande nunuche empêtrée de ses jambes et de ses bons sentiments ; on ne peut mieux la décrire que Louis Guichard dans Télérama "reine des pommes, des complexes et des aveuglements".
Mais notre Bridget Jones n'est pas un cas isolé, même en 2006, nous l'avons tous côtoyée, ignorée ou fait souffrir car le syndrome "prince charmant " est profondément ancré dans notre civilisation ( et pourtant le personnage interprété par Tom Sysley est paradoxalement aux antipodes de ce fantasme). Le prince charmant de conte de fées c'est plutôt Jonathan Zaccai en violoniste hongrois (pléonasme) qui essaye et réussit bien sûr à dévier de son quotidien sage et presque rassurant la jolie brune aux yeux bleus Marion Cotillard qui rejoint dans cette galerie de violoncellistes cinématographiques émouvantes Emmanuelle Béart dans le magnifique film de Claude Sautet "un Cœur en Hiver". Mais si l'on compare ces deux films, on peut regretter que la réalisatrice n'ait pas beaucoup "fait jouer les violons" pour nous prendre plus à l'émotion comme si elle ne voulait pas nous éloigner de son propos sur le romantisme d'aujourd'hui.

mercredi, mars 15, 2006

Truman Capote



C'est un scénario original mais difficile tiré d'une biographie que choisit de mettre en scéne Bennett Miller pour son premier film qui inaugure ainsi le "thriller psychologique" pour reprendre le terme d'un spectateur.Le film vaut d'abord par la prouesse de l'acteur, unanimement saluée et recompensée par un Oscar, Philip Seymour Hoffman qui incarne le personnage de Truman Capote auteur américain cynique, mondain, suffisant, très subtil mais ôh combien déplaisant. Les thèmes du recul par rapport à la création, du libre arbitre par rapport à son destin ( opposition entre celui qui sort par la porte de derrière et celui qui sort par la porte de devant) sont intéressants et le personnage de l'un des deux meurtriers est vraiment troublant. Le tout est austère et fera un grand classique du ciné-club de demain.

dimanche, mars 05, 2006

Three times



Ce film taiwanais apparaît comme un puzzle, dans le désordre comme il se doit, et nécessite une explication de textes que l'auteur donne en disant qu'il s'agissait pour lui d'un album de souvenirs de ses meilleurs moments; ils n'arrivent donc pas nécessairement dans l'ordre chronologique.
Les titres des trois épisodes donnent aussi une indication, le temps de la liberté étant le plus compréhensible et le plus beau visuellement.
Les deux autres sont très bien ancrés dans leur époque respective, 1966 et 2005 et la laideur d'un développement trop rapide y est criante. La première histoire intitulée le temps de l'amour illustre bien la nécessité d'une attente et d'une progression dans le parcours amoureux par opposition au temps de la jeunesse où l'impulsion prime, passant outre le désespoir des précédents partenaires.
On l'aura compris c'est du cinéma intellectuel, à déguster en solo et avec modération ; pour qui cherche l'humour ou la distraction s'abstenir!

vendredi, mars 03, 2006

Le Nouveau Monde



C'est un film lent, très lent, trop lent...
Pourtant Pocahontas a la fraîcheur et le naturel qui sied au rôle; le capitaine Smith est beau et fougueux; tous les Indiens sont parfaitement costumés ( peinture l'été, peaux de bête l'hiver), mais l'alchimie ne prend pas.
Et puis, comme dans la Ligne Rouge, Terrence Malik nous ressort son fameux lyrisme : les symboles multiples et omniprésents dont l'eau sous toutes ses formes, les oiseaux, les arbres, semblent vouloir nous convertir à une religion New Age de la Nature; ils sont bien pesants! Ce film décidément ni ne nous convertit, ni ne nous conquiert.

jeudi, mars 02, 2006

Célibataires



Vulgaire et sans originalité.
Cette comédie qui se voudrait grinçante et optimiste à la fois n'est qu'une succession d'emprunts à d'autres comédies très nombreuse sur ces thèmes à la mode des copains et du célibat…Mais alors que certaines avaient su nous faire sourire, rire ou pleurer ( le cœur de Hommes, Nous irons tous au Paradis, Je ne me sens pas belle), ce film au contraire accumule les clichés, la grossièreté ou le ridicule.

Mémoires d'une geisha



C'est un beau film qui sait mélanger les genres et les rythmes dans des scènes successivement mélo, vivantes, touchantes, sentimentales et artistiques. Les bons moments se suivent et ne se ressemblent pas. On s'effraye avec la petite fille qui tombe du toit, on devient ethnologue avec la mise aux enchères du dépucelage, on applaudit au spectacle de danse ( le metteur en scène Robert Marshall avait réalisé Chicago), on admire les images furtives et émouvantes de la survie pendant la guerre puis on s'attriste de la perte d'identité et de la vulgarité dominante lors de l'occupation américaine ( les Américains ne se sont pas donnés le beau rôle cette fois!). Bien sûr on n'évite pas le grandiloquent avec la scène du mouchoir jeté du haut de la falaise et les bons sentiments, c'est du cinéma hollywoodien! Mais toute la poésie et le raffinement de l'art de vie à la japonaise sont magnifiquement illustrés: cerisiers en fleurs, kimonos sublimes, jardins raffinés, costumes et accessoires luxueux, décors intérieurs et extérieurs scrupuleusement reconstitués.
Il s'agit donc d'une illustration de luxe d'un roman américain (donc en anglais et pas en japonais et c'est un des éléments qui renforce l'aspect reconstitution) certes attachant où nous compatissons aux malheurs de l'héroïne aux yeux d'eau; de la petite fille à la femme, les trois actrices ( chinoises!) sont toutes trois fines et ravissantes , si charmantes et si sages .Le spectateur reste néanmoins extérieur et pour qui n'a pas lu le roman et s'attend à sonder l'âme véritable du Japon d'avant-guerre à la manière dont il avait adhéré au tragique destin de l'héroïne d'Epouses et Concubines dans la Chine traditionnelle ( Ah, cette scène du massage des pieds!) la déception est forte car aucun moment du film n'atteint cette émotion.

mardi, février 28, 2006

The Ballad of Jack and Rose



Cette balade sur le désenchantement d'un ancien hippie n'a rien d'enchanteur et parait bien longue. La vie est difficile quand on choisit de vivre " au naturel", on le savait depuis que les soixante-huitards étaient revenus en ville après leur premier hiver au Larzac. Ce film permet à ceux qui rêvent de découvrir le " tout-écologique" d 'hésiter un peu.
L'aspect psychologique du film: relations père-fille ado n'est guère plus convaincant: le personnage de Rose, innocente dangereuse, laisse indifférent. La maîtresse Kathleen et son fils Rodney sont plus attachants mais l'émotion ne vient qu'avec les dernières scènes: la mort du père, puis dans l'épilogue lorsque le regard de Rose qui a choisi de vivre à son tour en communauté, s'attarde sur un père tenant son bébé dans les bras.
Reste la performance brillante de l'acteur, Daniel Day-Lewis qui a reçu le prix d'interprétation masculine pour son rôle de Jack au festival de Marrakech.

vendredi, février 24, 2006

L' Ivresse du Pouvoir



"Je te dirai après ce qui te manque", déclare avant leur séparation le mari de la juge incarnée avec justesse, finesse par Isabelle Huppert. Son ivresse du pouvoir lui retire peu à peu l'essentiel: vie privée, humanité. Eva Joly, pardon le Juge Charmant, ange exterminateur insatiable n'abandonne son masque qu'avec son neveu Félix. Pourquoi?
Elle retrouvera son humanité lorsqu'elle sera confrontée à son tour à la violence du suicide de son mari. Sur ce registre personnel le film est réussi .
Mais ce film a aussi l'objectif de dénoncer ( encore un film sur ce thème!)le dérapage des grands de ce monde: pouvoir politique et pouvoir de l'argent qui se confondent dans les "magouilles"…. L'affaire Elf servant d'illustration à ce modèle universel…La reconstitution historique était juridiquement risquée ; Chabrol a donc choisi de faire semblant et nous voila poussés à jouer au jeu des 7 erreurs plutôt que de profiter d'un bon moment de cinéma! D'autant que les personnages sont tous excellents et plus vrais que nature ( mention spéciale à François Borléand et Jean-François Balmer) à l'exception de Patrick Bruel improbable "dernier dirigeant du groupe Elf qui s'est fait un parachute en or" pour tous ceux qui ont croisé ce personnage.Dommage la véritable "affaire" était encore plus complexe et plus croustillante! Mais le vrai n'est pas toujours vraisemblable.

mardi, février 21, 2006

La Trahison



C'est un film de guerre tout simple, intimiste (ces adjectifs ne conviennent pas ordinairement aux films dits de guerre), qui illustre dans le contexte de la guerre d'Algérie, rarement évoquée au cinéma, la difficulté à rester un homme droit, juste et honnête même lorsque l'on a la peur au ventre.
Le regard humaniste du cinéaste ne "trahit" ni un camp ni l'autre, et c'est avec beaucoup de sobriété que nous sont décrits la misère et le dénuement au quotidien tant pour les appelés du contingent que pour les familles algériennes qui vivent l'exode et l'occupation.
L'interprétation de Vincent Martinez dans le rôle du lieutenant Roque est, elle aussi, tout simplement remarquable.

lundi, février 20, 2006

La double vie de Véronique



Quinze ans après sa sortie la magie de ce film, repris cette semaine par MK2, opère toujours. Irène Jacob éblouit par sa grâce, sa fragilité qui se double chez Véronique la Française, d'une confiance absolue à suivre le chemin qui lui a été tracé et facilité par une jumelle que le destin a placé auprès d'elle comme un ange gardien. Le regard du metteur en scène sur les choses et sur les gens fait éclater la beauté au quotidien et donne envie d'être soi-même artiste. La musique, obsédante et sublime fait partie intégrante du film. Quand Veronica s'effondre, on pense à la malédiction d'Antonia dans les contes d'Hoffmann. Ce film est d'autant plus poignant à revoir en 2006, quand on sait que l'ange gardien n'a pas continué à prodiguer ses bons offices : le réalisateur est mort,Philippe Volter s'est suicidé l'année dernière et Irène Jacob n'a pas vraiment fait une grande carrière (nous la verrons prochainement comme actrice vedette du film Liaisons Ordinaires)

vendredi, février 17, 2006

Petites confidences ( à ma psy)



Les rires fusent souvent dans la salle, car lorsqu'une communauté juive veut se moquer d'elle de l'intérieur elle sait nous faire rire aux larmes comme dans la Vérité si je mens ou sourire dans Woody Allen.On est ici à mi-chemin entre ces deux genres .
Mais à bien réfléchir on serait plutôt triste, désenchanté et bien vieux en sortant de cette comédie antisentimentale. Meryl Streep, fade, épaissie et étriquée prône une morale de petit bourgeois et le retour au mariage de raison. Heureusement les arguments présentés ne nous convainquent pas totalement (nous connaissons tous des hommes mûrs qui font d'excellents pères et qui aiment jouer sur leur console…) D'ailleurs le mélange des différences permet de rester circonspect sur la cause de l'échec du couple. Différence de religion ou différence d'âge, quel est le critère déterminant ? A moins que ce ne soit la combinaison des deux ( ouf, ce serait plus rare!) La morale du film n'est-elle applicable aux seuls juifs new-yorkais ? (reouf! ) …Oublions le propos tendancieux du film pour rire de bon cœur, s'attendrir comme toutes les mères qui ont du mal à partager leur fils et admirer le beau jeune homme Bryan Greenberg, un beau cadeau à lui tout seul!