dimanche, octobre 12, 2014

Gone girl

Cela commence comme une romance qui prend des allures de FBI portés disparus avant d'entrer dans dans le vif du sujet :le thriller psychologique; c'est un vrai divertissement très complet d'autant plus que le réalisateur de the Social Network connait à la perfection tous les codes des médias et les ficelles de la manipulation de l'"opinion publique" qu'il nous fait partager.)
David Fincher a adapté un best-seller de l'auteure américaine Gillian Flynn qui a écrit aussi le scénario du film mais a changé son final pour étonner ses lecteurs...., de la belle ouvrage. La direction d'acteurs y est étonnante: Ben Affleck (le réalisateur oscarisé d'Argo) a repris son costume d'acteur pour mon plus grand plaisir ( et on comprend qu'il puisse retourner l'opinion publique ) et Rosamund Byke, actrice anglaise,  sait prendre tous les visages ( et le corps aussi ) pour endosser l'ambiguité féminine (on aimerait avoir l'adresse de son coach en relooking pour nous faire passer de la femme lambda trop grosse à l'élégante et séduisante jeune femme).
C'est un film brillant et très... misogyne!

jeudi, octobre 09, 2014

Mommy

Après ce film qui a obtenu le  Prix du Jury à Cannes, son réalisateur Xavier Dolan est maintenant reconnu par tous comme un jeune prodige (25 ans). Il signe à nouveau un film original, dérangeant et flamboyant dans lequel  la musique magnifie l'image.
Mais comme je l'avais déjà exprimé pour Tom à la ferme, le propos et les scènes sont si violents, les personnages s'expriment dans un langage si ordurier que le passage- obligé- par la version française sous-titrée du québécois au français, permet heureusement  de mettre une certaine distance entre l'écran et le spectateur. C'est surtout vrai pour le début du film car ensuite avec l'arrivée de Kyla nous ressentons nous aussi, comme le jeune Steve(*), un apaisement relatif-  mais bien entendu éphémère, et nous profitons alors de la beauté des plans où le trio nous fait  vraiment vivre avec lui  toutes les expressions de leurs liens d'amour vécus dans le paroxysme.
(*) qui souffre  de TDAH ce qui signifie " trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité"

samedi, octobre 04, 2014

3 Coeurs

J'avais aimé les précédents films de Benoit Jacquot qui avaient pour cœur de cible une femme ou un personnage de la littérature romantique. Son passage à une romance dramatique contemporaine ciblée sur un personnage masculin ne m'a pas convaincu.
La gestion du temps semble un facteur déterminant pour le personnage de Marc : le train et le rendez-vous manqués, la correspondance ratée et ces journées où nous avons l'impression de vivre « en live » la réalité de la petite communauté familiale; mais c'est aux dépens du spectateur qui finit par trouver ce film très long....
Pour nous détourner de la torpeur qui s'installe, le scénario -jusque là très linéaire et qui nous raconte la «  fausse route sentimentale » de Benoit Poolvoerde- s'accélère d'un coup avec le face à face avec le Maire interprété par André Marcon et c'est la meilleure scène du film  lorsque ce dernier analyse avec une justesse inspirée par la rancœur sans doute, le désarroi de Marc le jour de son mariage. Ce redressement fiscal, très terre à terre, dans un film sur le mal être étonne un peu....Ou est-ce pour mieux nous décrire un homme « droit dans ses bottes » et très efficace dans son travail alors qu'il est très troublé par sa vie sentimentale ? Ou pour nous dire que pour faire ce métier il faut avoir en soi une certaine colère ?
Ce mélange des genres étonne mais laisse au final une impression de « méli-mélo » comme le dit très justement (comme toujours) le critique de Télérama Louis Guichard.



Hippocrate

Comédie dramatique, documentaire ou plaidoyer pour la réforme de l'Hôpital? Les deux derniers aspects l'emportent rapidement au détriment du premier. Mais la justesse des propos et la minutie du reportage sont à créditer à son réalisateur Thomas Lilti qui est ...médecin. Les sujets abordés nous touchent tous  d'où le succès populaire de ce film. C'est du « cinéma-réalité ».

jeudi, octobre 02, 2014

Elle l'adore

Une histoire de fan de chanteur: on pouvait craindre une immersion dans le monde du show business clinquante et bruyante. C'est au contraire un suspense psychologique au plus près des personnages et c'est surtout une formidable comédienne, Sandrine Kiberlain, qui porte le film et l'intrigue (contrairement à la photo sur l'affiche elle est au premier plan de l'action ). Une réussite pour un premier long-métrage signé Jeanne Herry, la fille de Miou-Miou et Julien Clerc, qui connait donc bien son sujet.....
Le personnage du chanteur interprété par Laurent Lafitte n'a pas le beau rôle mais l'acteur l'endosse avec humilité (assez loin de ses personnages sympathiques habituels) et sait nous faire voir une face plus sombre.

Avant d'aller dormir

Un thriller anglais avec Colin Firth: l'affiche n'a pas tenu ses promesses; le scénario est un peu mou et relaché à l'image de l'acteur qui m'a déçu

lundi, septembre 29, 2014

Le Léviathan

Retour à l'Ecriture aussi pour le titre de cette tragédie d'un Job des temps modernes sur lequel vont s'acharner  le sort, l'Etat (russe) et le monde orthodoxe ....Et l' histoire est bien aussi sombre que le titre le laissait présager. Heureusement  la beauté des images (même celle du squelette de baleine) dans un paysage magnifique ( les rives de la mer de Barens au Nord du Cercle Polaire à l'Est de Mourmansk qui m'ont rappelée les environs de Kirkenes à l'extrême nord de la Norvège) permet de souffler un peu dans ce monde humainement irrespirable.... C'est cinématographiquement très beau mais très dérangeant!

Saint-Laurent


Cette rentrée cinématographique est très... littéraire!  Après l'évocation d'Emma Bovary, nous voici maintenant invités à nous plonger dans un univers proustien. Bien différemment, puisque à la modestie du bourg normand choisi par Anne Fontaine, le sulfureux réalisateur Bertrand Bonnello a préféré le faste des hôtels particuliers parisiens, qui s'accorde mieux avec le luxe -parfois tapageur, la luxure-souvent , et l'outrance du monde de la création.
Si le film de Jalil Lespert nous racontait la vie du créateur à la manière d'un biopic classique, cette version est complètement différente puisqu'elle prend le parti de l'évoquer. Par chance la chronologie de ces 2 sorties se sont faites dans le bon ordre et connaissant donc l'histoire on peut ici se laisser porter par les images, la musique et tous les  atouts cinématographiques (split screen, voix off, retours en arrière) qui permettent de mieux exprimer le déferlement, la mise en abîme, le paroxysme des sentiments de mal être et de souffrance d'un artiste d'exception... Cette violence (j'ai du fermer les yeux plusieurs fois pour ne pas voir "tous ces serpents qui sifflent sur ...son lit") et la beauté de  la réalisation font penser aux plus grands réalisateurs: Scorcese, et bien sur Visconti car c'est avec émotion que l'on voit Helmut Berger incarner Yves Saint Laurent en 1989 (qui regarde le film Les Damnés...).
 L'interprétation de Gaspard Ulliel sublime aussi le film; il nous subjugue; quant à Louis Garrel il est méconnaissable et très inquiétant dans son personnage de Jacques de Bascher et m'a semblé faire clairement référence à... Charlus.   Pierre Bergé,  interprété ici par Jérémie Renier, apparaît  cette fois comme un gestionnaire rigide et peu chaleureux et l'on comprend qu'il se soit opposé au film et ait refusé son autorisation d'accéder aux collections originales qui ont du être recrées pour ce film.
Un regret cependant: le titre du film qui ne reprend pas le sigle YSL alors que c'est justement lui qui est une des raisons de la perte d'identité du créateur....
Une remarque aussi: ce film n'est pas pour tout public...."des images et des dialogues peuvent heurter" 

samedi, septembre 27, 2014

Gemma Bovery

Ce jeu alterné entre littérature/cinéma/fantasmes personnels est mené avec subtilité et beaucoup d'humour (ah, cet épilogue absolument réjouissant et qui permet de se refaire le film autrement!)...
Merci à Fabrice Luchini dont le talent permet toutes ces audaces et chapeau à la réalisatrice Anne Fontaine qui a su faire vibrer les décors aussi bien naturels que les décos d'intérieur ou aussi et surtout la cathédrale de Rouen.....Un film que l'on savoure à petites gorgées, on y repense et on en redemande.

Les Combattants

Classé dans le genre "comédie, romance", je suis  en fait passée à coté de ces deux attributs tant le  personnage d'Adèle Haesnel et son interprétation très  convaincante m'ont mis mal à l'aise ( elle m'avait déja donné cette sensation dans son rôle d'Agnès Leroux).
J'y ai vu surtout de la violence, de la peur et de la domination.....

Party girl

Du cinéma-vérité original et très personnel, ce film a obtenu la Caméra d'or dans la catégorie Un certain regard au festival de Cannes. Angélique Litzenburger y interprète son propre personnage et cette femme est troublante et dérangeante. La plongée dans ce  drame social d'une femme qui, à la soixantaine va essayer à la fois  de changer de vie en se "casant" après avoir traversé une vie de marginale dans le monde des cabarets et de se réconcilier avec sa famille est réaliste; mais j'ai été gênée  à la fois par la sensation de voyeurisme  tant l'aspect autobiographique est marqué et  par l' excès des déclaration de bons sentiments (pendant le mariage par exemple).

jeudi, août 14, 2014

Le Rôle de ma vie

Présenté au festival de Sundance, ce film américain indépendant ( financement participatif) réalisé par l'acteur Zach Braff qui n'était passé qu'une seule fois à la réalisation il y a 10 ans avec Garden State-que je n'avais pas vu- reprend les mêmes thèmes de la famille, la mort, le sens de la vie.... Difficile donc de ne pas tomber dans le pathos (beaucoup ) ou le cliché (parfois) et le film est inégal mais le fameux humour juif fonctionne très bien et le démarrage est percutant grâce en particulier aux deux enfants de cette famille Boom qui jouent avec aplomb ; on retrouve- toujours pour le rôle de Saul , mais cette fois en pater familias usé- l'acteur Mandy Patinkin qui incarne le patron et mentor de Carrie  dans Homeland.
Quant au paysage du désert californien ( sans doute le désert Mojave?) lors d'un essai d'apprentissage d'une Épiphanie (mais oui!) du père à ses enfants, il est si beau que l'on a vraiment envie d'y camper nous aussi.

mercredi, août 13, 2014

Winter sleep

Un film lent et superbe de 3h20, soit une heure de moins que Platonov monté à l'Odéon; Quel rapport? La neige? Mais surtout Tchékov  puisque le scénario est basé sur des nouvelles de cet auteur; on le découvre à la fin mais la façon de faire parler les personnages, leur  travail d'introspection et surtout les dernières scènes de beuverie de la nuit passée à la ferme avec le fermier veuf et l'instituteur nous ont déjà mis la puce à l'oreille. D'ailleurs à la façon de nouvelles, les histoires paraissent un peu juxtaposées: les locataires mauvais payeurs, l'histoire d'amour avec Nihal, le faux départ pour Istanbul...... La lenteur de l'action et des dialogues est flagrante au début mais au fur et à mesure on l'apprécie car elle nous laisse le temps de nous faire une opinion sur les personnages, d'entrer dans leur mode de pensée (chacun état enfermé dans le sien propre) et bien sur d'admirer les paysages hivernaux de la Cappadoce....
Finalement pas si long pour un tel labyrinthe philosophique et moral!

Le Beau monde

C'est un bon titre pour un joli film de l'exception culturelle française qui reprend les thèmes de La Dentelière (en moins bouleversant mais en plus constructif puisque cette fois Alice notre héroïne se construira au lieu de se détruire dans son amour passionné pour une jeune homme « très au dessus de sa condition » et celui du récent Pas son genre mais cette fois en plus épuré moins ancré dans le quotidien de la vie de couple. Alice n'est pas Jennifer; elle est plus jeune plus malléable et son Pygmalion paraît presque enfantin ( Bastien Bouillon vu dans 2 automes 3 hivers) et se cherche lui aussi.
Une fois de plus ces amours dissymétriques sont voués à l'échec et ici le désamour se lit en un seul plan celui d'un bain sur une plage normande filmé à l'identique d'un plan pris un an auparavant.....
La réalisatrice Julie Lopes-Curval explique la construction de son film , les ellipses de son scénario, l'adéquation de la jeune Ana Girardotd de la même façon que je les ai ressentis dans son interview sur le site distrib.pyramidefilm; ses mots disent mieux que ceux que je devrais trouver combien la chanson et surtout la voix de Françoise Hardy collent parfaitement au thème du film et combien les personnages secondaires apportent chacun une épaisseur ou une touche à cette tapisserie... avec mention spéciale à Sergi Lopez dont la présence est toujours sensuelle et réconfortante par opposition au rôle de la belle-mère parfaite et glaçante (excellente Aurélia Petit).

mercredi, juillet 30, 2014

New York melody

Dans cette comédie mélodique américaine qui flirte avec la comédie musicale, la très britannique mais non moins charmante Keira Knightley fait équipe avec Mark Ruffalo pour nous emmener dans un New York emblématique... Tout serait donc pour le mieux pour découvrir l'univers impitoyable (toujours) et pitoyable parfois (la barbe de Dave par exemple) de la production musicale si les chansons n'étaient pas interprétées par la même charmante actrice sus-nommée......Des longueurs répétitives dans un film souriant qui a choisi sans complexes et sans aucun détour sentimental ou numérique le camp des « feel good movies »....

mardi, juillet 29, 2014

Palma Real Motel

Ce petit film d'auteur mexicain ne brille pas par l'originalité de son scénario puisqu’il nous relate les premiers émois amoureux d'un jeune homme qui s' éprend d'une femme « libérée » de 10 ans son aînée.
Mais la façon de scruter les visages, de nous faire sentit la lenteur du temps (le sous-titre du film est heures mortes), de nous mettre au cœur des sensations de ce bord de plage près de Vera Cruz démontre un vrai talent pour son réalisateur.

Jimmy's hall

Une fois encore Ken Loach défend les plus faibles et nous dépeint ici la lutte des classes en Irlande dans les années 1930 avec pour figure de proue le personnage de Jimmy Gralton. Et une fois encore le réalisateur réussit à nous séduire grace à l'interprète ( Barry Ward un inconnu ou presque) et grace à une atmosphère réellement chaleureuse dans une petite communauté idéalisée sans doute pour mieux servir son propos.... très évangélique. L'amertume et la violence laissent cette fois souvent la place à l'émotion et à la nostalgie, tout particulièrement dans une très belle scène de danse à la dimension onirique.

samedi, juillet 26, 2014

L'Homme qu'on aimait trop

Ce film est basé sur l’ambiguïté, celle de la personnalité de son anti-héros interprété par Guillaume Canet qui ne joue pas du tout sur son coté enjôleur ( et ça nous manque un peu ) et celle du dénouement; est-il coupable? Or il  est diffusé un peu tard puisque le dernier rebondissement en justice de cette affaire retire le doute.
C'est bien Agnes Leroux qui est au centre du scénario; mais son personnage n'est pas attirant et on en vient nous aussi à ne plus supporter ses larmes, son petit appartement insignifiant et froid, son mal-être ...Au bout du compte c'est l'histoire autour du Palais de le Méditerrnanée avec l'intrigant Fratoni  qui m 'a paru la plus cinématographiquement intéressante mais c'est dans la première demi-heure seulement ... car ensuite les dialogues sont aussi peu écrits que le titre avant de passer aux éternels plans des procès.

Maestro

C'est la dédicace finale qui donne vraiment du corps à ce scénario un peu mince d'une vraie rencontre entre un cinéaste reconnu, talentueux, exigeant, cultivé et bien plus encore (comme si Michel Longsdale incarnait son propre personnage) et un jeune homme livré à lui même qui s'est forgé son inculture puisqu'il se repait de séries américaines mais qui est beau et n'a peur de rien. Quelle chance pour Pio Marmai d'avoir obtenu ce rôle (dans le film comme dans la réalité) qui lui permet de montrer tout son potentiel à la fois drôle, sensible et charmeur.
Sa partenaire Deborah François ( dont j'avais bien aimé son interprétation de la jeune dactylo de Populaire) reste trop en retrait à mon avis surtout par rapport aux deux autres personnages féminins: la très pétillante Alice Belaidi et la sage et efficace Dominique Reymond.

mercredi, juin 25, 2014

On a failli être amies

Tout semble un peu factice dans ce face à face entre de fausses amies dont le capital sympathie penche clairement du coté de Marithé (Karine Viard) courageuse, volontaire mais  vulnérable face à Carole (Emmanuelle Devos) gnangnan et gâtée par la vie. Cela tombe bien c'est Karine Viard que je préfère et en fausse amie « sincère » elle n'acceptera pas une liaison avec un homme encore marié à la geignarde et choisira de mettre en péril son poste par manquement à sa déontologie professionnelle.
Eh pourtant en tant que femme quadra, et  avec toute la subtilité qu'on lui connait ( notamment dans le superbe Ceux qui restent), la réalisatrice Anne Le Ny a bien cerné deux personnages de femmes quadra. En revanche, le rôle de mari idéal (interprété lui aussi magistralement par Roschdy Zem ) tel qu'elle est l'a imaginé n'est-il pas sorti d'un conte de fées moderne (ou le prince charmant est bien évidemment un  chef étoilé)?
Avec tant de bons sentiments et de sens moral, ce cinéma là flirte un peu avec les comédies romantiques américaines. Mais à la lecture d'interviews d'Anne Le Ny on sent bien que ses intentions étaient plus ambitieuses: rendre compte d'un certain climat social et des problèmes spécifiques du travail des femmes: choix, réinsertion, burn out; on les perçoit bien sur mais à la manière d'un décor de théâtre: omniprésent mais.....factice.