mardi, janvier 20, 2015

Les Souvenirs

Jean-Pierre Rouve, le réalisateur a été largement salué pour sa délicatesse dans cette adaptation du roman de David Faetkinos. C'est vrai que cela aurait pu être pire dans le genre "partage intergénérationnel de bons sentiments et de grandes déclarations ". Pourtant un nombre certain de scènes glauques (et réalistes bien sûr) nous sont infligées! En revanche, le petit fils parfait  que les études ne semblent  pas trop accaparer semble appartenir à une autre planète.
Mais c'est surtout  avec son choix des acteurs qu'il fait un sans fautes; Annie Cordy, impeccable, et un couple convaincant avec Michel Blanc qui retrouve son ton  de prédilection des Petites Zones de Turbulence face à Chantal Lauby qui cette fois est le maillon dynamique contrairement à son rôle de mère dépassée par Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu.

Wild

Le réalisateur canadien de Dallas buyer's club, Jean-Marc Vallée déçoit car ce chemin de rédemption tiré de l'histoire vraie de Cheryl Strayed se vit presque comme un chemin de croix non seulement pour elle mais aussi pour les spectateurs  (115mn); on va découvrir sa vie et on s'en fiche un peu : ne pouvant moi-même imaginer de parcourir le PCT (Pacific Crest Trail) , j'allais au cinéma pour les images (on voit bien un peu du désert Mojave et de l'Oregon mais ces paysages nous sont livrés au compte-goutte presque de façon anecdotique car il faut rester dans le mélo).
Heureusement l’héroïne est très bien interprétée par Reese Witherspoon qui reste agréable à regarder même sans soins corporels !

jeudi, janvier 15, 2015

Exodus: Gods and Kings

Après le catéchisme et Cecil B DeMille, Moise était un personnage me semblait-il qui valait bien un nouveau film à grand spectacle à l'heure des effets numériques .
Et le film commence plutôt bien avec les scènes familiales dans le somptueux palais égyptien et les scènes de bravoure épiques et grandioses d'un combat contre les Hittites où Moise apparaît là en héros. Mais après les adieux à la mère d'adoption (Hiam Abbass toujours poignante) et la survie au désert (beaux paysages), le réalisateur Ridley Scott tombe dans tous les travers de la superproduction hollywoodienne : le coté gnan gnan des scènes bucoliques de la vie de bon père et de bon époux de Moise sur le mode intimiste ( avec une belle scène de genre qui pourrait être réutilisée pour illustrer le catéchisme version Nouveau Testament cette fois pour la Samaritaine au puits- probablement tournée au Maroc....) puis les dix fléaux où les spécialistes de l'image numérique ne comptent pas leurs efforts pour nous montrer ces plaies et les grands chantiers engagés par Ramsès II, puis la poursuite infernale des chars (pas de superproduction sans poursuite) et enfin la Mer Rouge qui s'écarte pour laisser passer les Hébreux et là étonnamment ce n'est pas si spectaculaire que dans mon souvenir du cinémascope ! Quant au personnage de Moise, s'il apparaît bien  comme un guerrier susceptible de préparer les hommes au combat durant la fuite, il ne s'illustre jamais  comme leader charismatique; ce sont plutôt ses doutes que ce scénario choisit de montrer ( pas convaincu du choix de la bonne route), et ce ne sera donc même pas une bonne leçon pour les enfants du catéchisme ….. Décevant et (un peu) inutile( surtout pour ceux qui allaient au cinéma en 1956!)

Une Heure de tranquillité

Cette pièce de théâtre filmée aurait pu être de la même verve que le Père Noël est une ordure ; c' est une farce et l'accumulation des effets comiques ne nuit pas à mon avis mais dommage que la troupe du Splendid n'ait plus l'age (ou l'envie) de prendre les rôles clés : Jugnot en meilleur ami, Josiane Balasko à nouveau dans l'ascenseur  et Michel Blanc en voisin bien sûr....
Mais qui auraient pu jouer les deux amies : la femme et la maîtresse ?... C'est là que l'écriture de Florian Zeller et le pessimisme de Patrice Leconte ont transformé la comédie en« réflexion sociétale » : Carole Bouquet est une actrice parfaite et elle incarne trop bien la femme dépressive mais elle n'est pas du même monde que les précédents comédiens cités et elle apporte une note vraiment triste, quant à Valérie Bonneton, trop marquée par la série à la mode fais pas ci, fais pas ça, elle fait cavalier seul.....
Quant à la fin très morale, elle n'aurait pu faire partie de leur répertoire : ce sont des images déchirantes et dérangeantes ( le regard de la petite asiatique qui reste sur sa chaise, la solitude du vieillard). Le mélange des genres ne fait pas recette auprès du public ou des critiques ! 
Mais pour cette heure (et 20mn) de divertissement sans grossièretés, je surcote un peu
 avec 2 grenouilles!

Whiplash

On  ne regardera plus jamais un batteur d'un œil détaché ; bien sûr dans les groupes rock leur nom est aussi connu que celui du chanteur, mais hier à un concert classique le batteur a même été lui aussi applaudi très chaleureusement.
Car ce film est fascinant pour nous montrer avec des images particulièrement soignées le travail nécessaire pour arriver à l'excellence et être dans le fameux tempo !
Mais comme tout bon film américain, et celui-ci en fait partie, il y a aussi une problématique bien traitée sur la relation maître- élève ; jusqu'où le mentor peut-il imposer son ascendant ( ici il dépasse les limites bien sûr puisque violence et perversité font partie du package de la formation, un bon film américain ne peut aller quand même jusqu'à nous proposer l'ambiguité). Un artiste doit-il s'isoler et se contraindre jusqu'à la douleur physique et morale pour se dépasser et donner le meilleur de son art ? (un génie ne se posera pas la question, il vivra nécessairement en égoiste ou en exclu...).
A la fois drame et musical (du jazz classique), interprété par un duo d'acteurs excellents dont J.K ; Simmons que l'on connaissait de vue (dans les films du réalisateur Jason Reitman en particulier) et le jeune Miles Teller qui va beaucoup tourné cette année, ce film est le must de ce début d'année!

vendredi, janvier 09, 2015

Valentin, Valentin

Inconsistant malgré un casting d'enfer (pour les seconds rôles car Vincent Rottiers est bien falot en gentil bobo de 30 ans alors qu'il avait été remarquable en garçon buté de Avant l'aube). Ce film est un ratage complet et le seul moment réussi c'est la convivialité de l'appart des 3 colocs qui rappelle le Grand Appartement.... L'histoire de la mystérieuse chinoise rencontrée à Singapour retrouvée en esclave chez des producteurs de cannabis m'est restée complètement absconse …

A Most violent year

Un vrai thriller d'ambiance new yorkais avec des photos hivernales sublimes !
Et des scènes savoureuses, dans un petit salon de coiffure ringard par exemple (et pourtant on est en 1981 ce n'est pas l'antiquité ! ) Et puis la sulfureuse et appétissante comptable interprétée par Jessica Chassain dont on sait qu'elle va nous surprendre mais on ne sait pas comment ni quand. Et son mari (Oscar Isaac), au cœur du suspense énigmatique trop parfait pour être honnête dont on ne sait trop que penser....Un film brillant et séduisant !

mardi, décembre 09, 2014

Mr Turner

Voila un film qui va susciter des vocations pour passer des vacances dans le pays de Galles;
Mike Leigh traite chaque plan comme un tableau et sait nous faire retrouver la lumière et le souffle de ce génie de la peinture.

L'interprète du peintre Timoty Spall a obtenu et vraiment mérité son prix d'interprétation à Cannes malgré le côté antipathique du personnage qu'il interprète. J.M.W. TURNER apparaît en fin de vie, aigri, égoïste et son regard aigu sur la nature et la technologie de son temps semble lui avoir fait oublier de poser un regard sur l'humanité autrement que dans l'art de la peindre (jusqu'à son dernier souffle il veut dessiner la jeune fille noyée non par compassion mais pour le rendu de la scène). Pour Telerama il s'est barricadé suite à la douleur de la perte de sa jeune sœur, de sa mère internée puis de son père pour lequel il exprime une vraie tendresse comme on le voit au début du film . Cette dureté vient s'opposer à la beauté, donnant à ce biopic une force dramatique sans mélo même sur son lit de mort.

Retour à Ithaque

Comme Ulysse qui retrouve son île après avoir erré longtemps, une soirée de retrouvailles  va réunir d' anciens étudiants cubains pour  accueillir l'un des leurs de retour d'un  exil de  16 ans en Espagne. Ce sera  l'occasion de faire le point sur ce qui a été la vie de ces cinq sexagénaires: l'évolution politique et économique de Cuba, les regrets, la nostalgie, les sujets qui fâchent et qui font mal.
Laurent Cantet  (qui avait déjà réalisé un film sur Cuba), a choisi de tourner avec des acteurs professionnels cubains (les tirades sont trop longues pour des amateurs explique-t-il) ; et ici c'est bien un style théâtral et très écrit qui a été privilégié : unité de lieu (une terrasse avec vue sur la mer-le large (l'exil) et sur les toits de la ville -la vie quotidienne à La Havane-), unité de temps (une soirée qui va se prolonger tard dans la nuit en attendant « la » révélation finale.

Tout est donc assez littéraire, calculé, intéressant mais un peu académique....

vendredi, décembre 05, 2014

La French

Qu'importe ma critique, une affiche avec Gilles Lellouche et Jean Dujardin va de toute façon faire courir les foules (à juste titre) , et je peux donc souligner le côté convenu et déjà vu d'un film sur le grand banditisme à Marseille style années 70.....(mais les plus jeunes vont pouvoir découvrir cet univers classieux et unique des polars de cette époque).
Revenons donc à l' affiche qui ne m'a pas paru en phase avec le fil conducteur du scénario : elle nous montre Gilles Lellouche en retrait alors qu'il m'a semblé être le cœur du sujet puisque le juge va mettre au péril sa vie et sa vie de famille pour le mettre définitivement au tapis (sa femme lui rappelle qu'il mène sa vie professionnelle comme l'ancien joueur de poker prêt à tout sacrifier pour faire la partie qui le remettra à flot). Et c'est bien ce duel (parfois un peu trop théâtral
et dialogué lorsque les deux comparses se croisent physiquement) qui pimente cette poursuite dont on connait déjà l'épilogue.
 

Tiens-toi droite

Déroutant, raté, brouillon, les critiques ne sont pas tendres pour la réalisatrice de ce film Katia Lewkowicz (Pourquoi tu pleures,son précédent long-métrage avait plu à la critique pas aux spectateurs), qui nous délivre ici un message féministe alors que ce n'est plus très à la mode....
Les trois femmes choisies ont des motivations il est vrai assez peu défendables. Laura Smet joue une Miss sans cervelle qui veut travailler à la mine comme son père qu'elle adore ; une mère de famille de cinq enfants-Noémie Lvosky- va aller travailler à l'extérieur et négliger l'éducation de ses filles aînées, quant à Marina Fois elle s'engage dans un travail qu'elle ne connaît pas au risque de faire sombrer et sa précédente entreprise et celle qui l'a recrutée par piston !
Mais le propos reste (très, trop?) optimiste : leur énergie, leur désir de s'intégrer à un monde préformaté qui ne les avait pas cooptées leur permettra de résister (Résiste , prouve que tu existes chantait France Gall) : ce message nous est délivré (très, trop?) clairement à travers la recherche de la nouvelle poupée....

Bien sûr la forme n'est pas aussi explicite, les actrices auraient pu être mieux dirigées et la mise en scène est à l'image des scènes des parties de basket dans la cour de l'usine.... En revanche, il faudra retenir la partie du scénario décrivant avec précision cette fois l'impact absolument catastrophique des « images et vidéos qui traînent » et des influences médiatiques diverses sur les jeunes préados...

lundi, décembre 01, 2014

The Search

Michel Hazanavicius , le réalisateur très médiatisé et oscarisé de The Artist change de registre et nous emmène en Tchétchénie en 1999 pour nous parler d'une catastrophe humanitaire mais surtout de la déshumanisation des jeunes des deux camps : opprimés et militaires russes. Après l'accueil glacial reçu a Cannes, il a retravaillé le montage mais cette dernière version ne convainc pas non plus.
Dans ce film choral, c'est le récit de l'enrôlement et du parcours initiatique brutal d'un jeune soldat russe qui est le plus marquant . Mais il est d'une violence inouïe à la limite du supportable dans une fiction .
Bérénice Béjo est une actrice remarquable en général et dans sa précédente interprétation d'une jeune femme malmenée par la vie en particulier (dans le magnifique film iranien Le Passé) mais elle n'a pas ici un rôle à sa mesure et Annette Bening lui vole la vedette dans les personnages féminins.

vendredi, novembre 28, 2014

A la vie

Dans ce film inégal comme le souligne Télérama, son réalisateur Jean-Jacques Zilbermann (qui nous offre de très belles photos) raconte l'histoire vraie de sa mère, et pour alléger ce contexte poignant il choisit d'inviter l'humour et l'amour de la vie au quotidien (on chante, on déguste des glaces, on se laisse séduire par un moniteur de Club Mickey dans une ambiance très twist année 1962). Si Julie Depardieu tire bien son épingle d'un jeu difficile, Suzanne Clément, si bien dirigée par Xavier Dolan, ne trouve jamais ici le ton juste.

Night call

Tourné presque exclusivement de nuit dans Los Angeles, ce film séduit d'abord par ses images. Ce sont bien les images qui sont au cœur de cette vision cynique de la société américaine actuelle où il faut à tout prix scotcher le spectateur à son écran de télévision en lui offrant du sensationnel. Le personnage de Lou, l'antihéros est obsédé par la réussite ; il apprend vite et saura trouver le langage,les attitudes et les vidéos qui lui feront gravir très rapidement l'échelle sociale. Les dialogues sont très écrits et la façon dont Lou fait ses offres de service à ses futurs employeurs ou collaborateurs paraît tout droit sortie d'un manuel de management....Jake Gyllenlaal, son interprète pourtant aguerri aux rôles très physiques (Jarhead), a maigri de 9 kgs pour ce rôle éprouvant . Il a étroitement travaillé avec son réalisateur Dan Gilroy (scénariste de Jason Bourne l'héritage ) qui signe ici son premier long-métrage et a ainsi su donner une dimension « normale » à ce personnage de sociopathe, le rendant d'autant plus inquiétant. La tension est palpable à chaque minute du film ( sans atteindre toutefois le souffle génial du thriller Drive avec Ryan Gosling avec laquel les critiques le compare) et son scénario, vraiment original, nous étonne jusqu' au générique de fin.

samedi, novembre 22, 2014

Qui Vive

La vie des cités au quotidien..... C'est un film tendu comme son personnage principal interprété par Reda Kateb qui en est l'âme et l'anti-héros. Ce thriller social essaye de montrer et de faire comprendre une réalité complexe.La jeune Adèle Exarchopoulos (La Vie d'Adèle) a ici un rôle lumineux et c'est tant mieux !

Les Opportunistes

Un film italien enfin ! Eh bien sûr Valérie Bruni-Tedeschi incontournable pour évoquer les grandes familles italiennes... Elle est ici parfaite comme tous les acteurs qui portent ce drame avec intelligence compensant le propos un peu appuyé sur les mœurs en cours de la société italienne contemporaine

Puzzle

Le titre nous prévient : nous aurons affaire à des morceaux de scénario ; à nous de les emboîter pour en faire une histoire. Mais ce jeu a pour thème la culpabilité et ces variations sophistiquées d'un écrivain tourmenté devraient être source de réflexion sur la responsabilité, l'amour, le pardon.....Cet enjeu m' est apparu un peu accessoire ; je me suis plus intéressée à la forme du film qu'au fond....et l'attention nécessaire à suivre les trois histoires d'amour en parallèle ne laisse guère la place à la réflexion. On prend donc plaisir aux images, au jeu des acteurs excellents...Un puzzle  c'est avant tout un divertissement, qu'importe le motif !

Casanova variations

Du théâtre dans le cinéma, ici dans une forme de type puzzle particulièrement complexe puisque s'invite un troisième genre : l'opéra (signé Mozart); ce film est donc totalement original dans sa forme. Longues et sophistiquées et jouant de façon échevelée avec les espaces temps et lieux,ces variations sont centrées sur John Malkovich incarnant à la fois son propre personnage ainsi que ceux de Casanova et Don Juan (qui s'entremêlent un peu); elles sont un régal pour les yeux et les oreilles (pas trop prudes) . 

mardi, novembre 18, 2014

Quand vient la nuit

Sur un scénario écrit par Dennis Lehanne et tiré d'une de ses nouvelles (Sauve qui peut), ce polar nous met au parfum des « drop-bars » des bas fonds de Brooklyn- le titre américain The Drop est mieux adapté que le titre français trop soft. Pratiques mafieuses en tout genre, violences, trahisons … ce film noir ménage son suspense pour notre plus grand plaisir et il nous balade aussi pas mal psychologiquement. Le barman pas très malin (Tom Hardy impeccable) qui semble ne s'intéresser qu'à un gentil chiot maltraité (qui s'avère être un pitbull!) et qui semble bien dépendant de son cousin Marv (dernière apparition à l'écran de James Gandolfini) va nous surprendre !

lundi, novembre 17, 2014

A Girl at my door

C'est le premier long métrage d'une réalisatrice sud-coréenne qui a présenté ce drame dans la catégorie un certain regard à Cannes. C'est un film engagé et réaliste mais néanmoins délicat, qui aborde tous les sujets tabous de cette société:maltraitance, inceste,exploitation des sans-papiers, homosexualité,alcoolisme; le tournage a dû être bien éprouvant pour la jeune fille qui endosse le rôle de la jeune écolière maltraitée. La jeune femme policière est interprétée par Bae Doona une actrice célèbre dans son pays (elle y est aussi chanteuse et mannequin) . Le duo est impeccable et nous emmène très loin dans l'empathie (on n'est pas dans le documentaire mais bien dans une histoire que l'on suit avec beaucoup d'intérêt).

Serena

Cette fois le sort et les critiques s'acharnent sur le couple souriant d' Happyness Therapy dans un mélodrame « d'ambiance » qui se situe dans les années 30 en Caroline du Nord dans une exploitation forestière. Bradley Cooper y tient la vedette et bien sûr il est beau et fort et son regard bleu est toujours aussi séduisant en bûcheron. Mais sa partenaire Jennifer Lawrence en méchante desesperate housewive n'a pas la présence ni la perversité de la récente Gone girl Rosamund Pike ( cela ne l’empêchera pas de faire surement un record de box-office  avec le nouvel opus de Hunger Games! ).
Les ficelles du scénario sont ici très grossières (le puma, le regard qui en dit long sur la jeune servante enceinte....), mais la réalisatrice danoise Susanne Bier (Brothers), un peu "empêtrée sans le cinéma hollywoodien" nous dit justement un critique , nous offre  cependant un film de divertissement classique avec de belles images .

La Prochaine fois je viserai le coeur

Contrairement à son précédent rôle dans l'Homme qu'on aimait trop, cette fois c'est bien Guillaume Canet qui prend toute la place dans cette histoire sordide (que personne ne voulait produire tant c'est glauque!). Et il y est magistral avec sa tête de jeune homme sage et sa conduite de parfait gendarme discipliné. Eh aussi chapeau pour avoir tourné lui-même la scène dans l'eau à 3°C (2 prises !). Ana Girardot est également parfaite.
Ce n'est pas un thriller psychologique puisque l'on connait déjà l'histoire mais cette façon d'essayer de disséquer les mobiles du tueur nous tient quand même en haleine (mais l'enjeu est  forcément limité puisque la justice elle même l'a déclaré mentalement irresponsable).
Tout est bien sombre et les lieux de tournage en hiver dans le Pas de Calais donnent vraiment le cafard tout comme ces intérieurs vieillots des années 70 ; un film d'ambiance sous haute tension donc réussi et qui fait froid dans le dos.

samedi, novembre 08, 2014

#Chef

Un film du type feel good movie à la musique et aux bons sentiments un peu envahissants (sauf Dustin Hoffmann qui joue le rôle du méchant patron et cela ne semble pas beaucoup le passionner).
Cela m'a donné envie de visionner Street Chef !

Interstellar

Sur 2h48 de projection, il y a forcément des beaux moments mais même avec Matthew McConaughey (quelle présence, il est sexy aussi en combinaison de cosmonaute!) le temps paraît bien long ! Quel fatras de scientifico-fiction sans éviter les grandes envolées d'amour père-fille à l'américaine !
Je n'aime pas les films de science-fiction et j'avais toujours shunté les films de  Christopher Nolan mais je pensais être éblouie par les techniques cinématographiques comme je l'avais été par   Gravity. En dépit de très belles images de la planète gelée, je n'ai pas retrouvé ces sensations de l'infinité cosmique. Dommage aussi qu'Anne Hataway paraisse elle aussi « gelée », elle reste, quoiqu'il arrive, imperturbable et donc ni très vivante, ni très intéressante. Cependant le robot lui nous parle si bien que l'on a tendance à s'agripper dans son siège lorsque l'on nous prévient qu'il va y avoir accélération......
Un film à réserver aux jeunes qui retrouveront leur univers favori des jeux vidéos et les images numériques....


White bird

Même sujet au départ que Gone girl : une desesperate housewife disparait.. C'est donc un des intérêts de ce film de pouvoir comparer des approches aussi différentes.
Celui-ci est plus intime, point de perversité mais du mal-être perceptible traité avec délicatesse:ce drame est disséqué par une jeune adolescente qui va passer à l'age adulte et son regard nous touche vraiment (cela se passe dans la fin des années 80, une période sans doute qui me permet d'être plus en phase avec cette génération ).

mercredi, novembre 05, 2014

Une Nouvelle amie

« Etre enfin une femme pour pouvoir faire tout ce que l'on m’empêchait de faire en tant que mâle » voilà une réplique inattendue que l'on entend dans ce plaidoyer pour pouvoir choisir son « genre ».......Xavier Dolan dans Laurence Anyways, un film bouleversant,  avait choisi le drame; son acteur Melvil Poupaud était beaucoup plus sobre et féminin en femme que Romain Duris dont la virilité est plus évidente. Le propos en était donc un peu différent.
François Ozon, le réalisateur qui s'intéresse aux femmes, choisit la comédie dramatique pour nous donner une version plus mélodramatique , plus romantique et surtout plus ambiguë..
De très belles images et un réel savoir faire cinématographique permettent de nous réjouir que ce sujet délicat puisse être l'occasion de beaux moments de cinéma. Mais c'est surtout grâce à la comédienne Anais Desmoutier que le réalisateur nous permet d'explorer avec beaucoup de délicatesse un nouvel ordre amoureux ; elle est exceptionnelle dans ce rôle car cette jeune femme sensible, attachante et généreuse nous permet de nous laisser emporter dans un autre univers (comme le faisait Hitchcock à sa manière par le biais du thriller).