lundi, septembre 29, 2008

Parlez-moi de la pluie





Déception pour ce nouveau film d'Agnès Jaoui, tant l'impression est grande de réchauffé et même de rabâché pour les deux interprètes principaux: la réalisatrice qui cherche toujours à expliquer son autoritarisme, son échec à faire face à la solitude etc... ( comme dans son précédent film Comme une image ), et surtout Jean-Pierre Bacri toujours refrogné, instable etc.... qui fait encore et plus que jamais du Bacri.
Dommage car les personnages secondaires sont très intéressants, souvent subtils et Jamel Debbouze est vraiment remarquable dans l'interprétation tout en nuances d'un fils d'émigré (et/ou d'un fils de domestique car les rapports avec la famille sont très comparables à cette relation à la fois intime et difficile décrite dans les romans du siècle dernier où se côtoyaient sous un même toit maitres et valets). La bande son est également formidable et permet d'oublier le texte et les situations un peu mous et convenus ( l'agriculteur qui s'en prend à Bruxelles, les moutons qui bêlent pendant le tournage..).Agnès Jaoui nous avait habitués à plus d'acidité et plus d'émotion.

Comme les autres





Dans ce film présenté à tort comme une défense du droit à l'adoption par les couples homosexuels, l'aventure parentale n'en est qu'à ses prémices et le sujet reste donc à traiter. Mais le récit de l'aventure du faux couple hétéro est touchant et le regard de la jeune mère porteuse est bouleversant; l'interprétation de Lambert Wilson et de Pilar Lopez de Ayala
contribuent largement à la réussite du film. Pascal Elbé est par contre en retrait ( alors qu'il portait vraiment le film Nos amis, nos Amours).
C'est un film sensible et attachant qui décrit cependant avec une grande acidité, et même une certaine misogynie les relations de couples vécues par les femmes:ni la sœur mariée avec enfants, ni les couples de lesbiennes et encore moins l'amie célibataire (Anne Brochet toujours émouvante) ne sont épargnées... Pas gai tout ça!

dimanche, juin 15, 2008

Sagan



Diane Kurys et Sylvie Testud nous font entrer totalement dans l’univers de Françoise Sagan et Bonjour la Tristesse! Car c’est un film qui au-delà des clichés et des anecdotes bien connues décrites dans la première partie du film dépeint bien dans la seconde, la solitude et la fuite en avant d’une femme qui perd peu à peu ses illusions, ses amis et la liberté à laquelle elle tenait tant. Le casting est absolument formidable.

lundi, juin 09, 2008

Sous les bombes






Entre documentaire et fiction ce road-movie se déroule sous les bombes au Liban en 2006. C’est avant tout un plaidoyer vraiment efficace contre la guerre car on se sent dès les premières images, dans l'agitation de la gare routière, en empathie complète avec les deux personnages principaux. Tout le long du film la tension est palpable et la douleur des civils qui cherchent ou enterrent leurs morts est photographiée avec beaucoup de sensibilité et de respect.

Française





C’est un premier film d’une femme, Souad El-bouhati qui montre la difficulté de réaliser ses rêves pour une jeune fille marocaine. En l’occurrence le rêve de Sofia, interprétée par Hafsia Herzi la jeune actrice de La Graine et le Mulet césarisée dont le jeu manque parfois un peu de sobriété, c’est de retourner en France puisqu’elle y a vécu son enfance et est française par son passeport. Les parents, forts de leur expérience, vont s’opposer violemment à ce qu’ils considèrent comme une erreur et une utopie. La jeune fille forte et résolue s’en ira faire sa vie en ville, loin de la ferme parentale, renonçant à toutes ses attaches affectives: une étape avant un second film nous contant sa vie de femme? La problématique est bien posée mais la fin est gentiment ambiguë.

dimanche, juin 01, 2008

Sex and the City





Rendez-vous très féminin, ce film dont le battage publicitaire faisait craindre le pire remplit bien son objectif: défendre sur le mode badin, avec verve et glamour le point de vue des quadras aimant la vie , la ville, le sexe, les fringues….. Et contrairement à la série elles mettent plus de modestie dans leurs ambitions et admettent qu’il y aient d’autres façons de voir les choses: celles des hommes (et l’ acte manqué de Mr Big est très bien décortiqué), celles d’autres femmes incarnées par Louise, sereine, simple et dont le rêve est d’épouser ,très jeune, son amoureux pour une vie sans gloire dans sa ville natale. Ce film rejoint ainsi le réalisme moins flamboyant des comédies romantiques américaines actuelles comme 27 robes mettant en image ce que disait déjà Tristan Bernard: « pour réussir sa vie on ne peut compter que sur soi-même , et encore pas trop »

mardi, mai 27, 2008

Les Citronniers





La bande annonce faisait craindre un film plein de bons sentiments et un peu mièvre. Il n’en est rien car ce n’est pas un film à l’américaine. Bien au contraire la pudeur et la dignité caractérisent ce film sur les rapports palestiniens-hébreux traités au début du film sur le mode de l’anecdote. Le sujet va être amplifié par les journalistes et l’actualité, mais ces aspects restent un peu secondaires par rapport au chemin et au destin des deux femmes qui subliment l’aspect politique. Le film semble avoir été écrit pour Hiam Abbass actrice et réalisatrice palestinienne de nationalité israélienne tant elle domine le sujet par son jeu et son parcours, mais Rona Lipaz Michael qui incarne la femme du ministre sait aussi s’imposer avec ses atouts à elle: charme, finesse, modestie.

Tu peux garder un secret?





Ce vaudeville relooké XXI ème siècle se passe bien évidemment dans le milieu de la pub. Décors de rêve tant pour l’entreprise ( qui a déménagé et preuve se son succès n’est pas à Puteaux, on semble oublier que Puteaux c’est La Défense!), les restaurants à la mode ou les appartements des différents protagonistes de cette histoire sans intérêt. Pierre Arditi reste égal à lui-même séducteur et lâche comme on le voit trop souvent quand il joue Feydeau ou autres téléfilms dits de divertissement. Les personnages des trois filles (qui ont pourtant de l’abattage et que l‘on verra bientôt au cinéma dans Arrête de pleurer Pénélope) ne sont nullement plus convaincants mais elles arrivent à nous faire rire quand le scénariste les lâche un peu: lors de l‘enquête et lors de la scène de l‘araignée . C‘est bien peu et cette comédie futile se consomme comme un magazine de luxe que l‘on feuillette distraitement en regardant les images pour se tenir au courant de ce qui est trendy.

dimanche, mai 25, 2008

27 robes


Cette comédie romantique très américaine est amusante car elle cultive le second degré. La fin étant (presque) racontée dès les premières images, nous pouvons réfléchir au mythe du grand mariage, rêvé par les midinettes ( et il y en avait beaucoup dans la salle qui riaient mais s'y étaient toutes précipitées tant ce mythe est ancré) et qui fait le bonheur des commerces en tout genre. L' héroïne interprétée brillamment par Katherine Heigl (une des jeunes médecins de Greys Anatomy) est convaincante et la scène où elle essaye ses 27 déguisements tous plus ridicules et outranciers les uns que les autres est vraiment drôle. Dommage qu'elle organise une 28ème cérémonie, entretenant ainsi la tradition et détruisant tout le côté sarcastique possible du film.

Le Grand Alibi




C'est un film détente à voir pour les décors et le casting, et en particulier Miou-Miou que l'on retrouve toujours film après film avec autant de plaisir.

Deux jours à tuer




A l'inverse du film précédent la narration de Jean Becker est très linéaire; elle nous assène une philosophie un peu simpliste, pleine de bons sentiments. Et bien sûr l'homme qui a réussi est encore une fois un publisciste!
Le "jardinier" était plus réussi et Jean-Pierre Darroussin plus subtil qu'Albert Dupontel omniprésent. Quant aux images tournées en Irlande elles semblent avoir été sponsorisées par l'Office du tourisme irlandais renforçant le ton un peu factice.


Un Conte de Noël





Ce n’est pas un film choral au sens où on l’entend habituellement, à savoir que des personnes d’horizon se croisent, et encore qu’il nous faut entrer dans l’histoire riche en personnages de cette famille, mais au point de vue des thèmes traités qui s’enchevêtrent.
Lorsque la présentation des différents membres de la famille est terminée et que l’on pense avoir situé les uns et les autres non sans mal, la vraie difficulté commence car il nous faut suivre les différentes thèses développées avec intelligence et subtilité. Il y a le pari pascalien, le hasard avec un traitement mathématique de la probabilité, l’héritage des parents sentimental et génétique, l‘ amour, le pardon, la maladie, la folie….. L’ensemble est touffu sans être confus tant le réalisateur maîtrise les images et les dialogues.
L’oeuvre de Desplechin présente une unité mais pas celle du temps chronologique car le jeunePaul, le fils d’ Elisabeth, serait le Paul d'un précédent film "Comment je me suis disputé"…. Tous les personnages expriment leur souffrance et leur mal être, mais nous donnent (un peu) la clé pour savoir l’évacuer : il faut accepter de rester étranger à soi-même. Ce conte n’est donc pas aussi noir qu’ il peut y paraître (la noirceur du décor de Roubaix est elle aussi compensée par une maison familiale très chaleureuse). Mais il nous laisse sur une impression de mystère; certaines questions posées par le scénario restent sans réponse, le personnage d' Yvan en particulier qui a guéri de ses fêlures et dont on ne comprend pas qu'il accepte que sa femme vive librement un nouvel amour.
C’est donc un film très dense, assez difficile dont il ne faut pas perdre une seule ligne pour ne pas décrocher. On peut être fier d’avoir présenté ce film à Cannes!

jeudi, avril 24, 2008

Shine a light




C'est un concert filmé où le brio de Martin Scorcese met bien en valeur l'ambiance des concerts des Rolling Stones. On reste un peu sur sa faim car le film montre mais n'explique rien, comme si la vraie rencontre entre le réalisateur et le groupe n'avait jamais réellement existé .

Jeux de dupe





Georges Clooney réussit à nous séduire avec son leatherhead aussi bien en tant qu’acteur que comme réalisateur. Cette comédie romantique à l’ancienne n’émeut pas mais charme de bout en bout par sa construction, sa musique , ses anti-héros et le retour au temps où les hommes savaient être galants ( ah il y avait de beaux hommes en ce temps-là!). Georges Clooney joue à Cary Grant et on en redemande! Quelques épisodes se veulent plus moraux ou plus philosophiques comme la pirouette finale où le "Ich gebe auf" se déroule sur un terrain boueux à l’image de la boue des tranchées. Renée Zellwegerl défend un féminisme triomphant ( et ne convainc pas); on aurait préféré une héroïne plus classe car l’image de boudin vulgaire lui colle encore à la peau.

Passe-passe





Le charme d’Edouard Baer et de Nathalie Baye ont beau faire, ce road movie reste brouillon et factice! Les dialogues et les situations sont approximatifs, c’est un film dont on peut vraiment se passer.

lundi, avril 21, 2008

Sans arme, ni haine, ni violence






Sans haine, ni violence…. Le film est mou lui aussi dans sa réalisation; on s’ennuie un peu, parfois beaucoup surtout si Jean-Pierre Rouve n'est pas votre acteur préféré….Le personnage le plus intéressant devient en fait celui de Gilles Lelouche, excellent aussi dans son interprétation, mais cette facette n'est pas approfondie.

Ploy





Le jet-lag comme si vous y étiez! Cette impression comateuse avait été déjà très bien rendue par Lost in Translation et la comparaison nuit à ce film thailandais où sensualité, rencontres, cauchemars, ressentiments, désamour se mêlent pour composer une œuvre poétique mais confuse.

J'ai toujours rêvé d'être un gangster





Voila du déjanté vraiment drôle. Décalées serait plutôt le terme qui convient à ces nouvelles filmées , un genre original faisant appel à de nombreuses références à la fois littéraires et cinématographiques. La nouvelle relative aux quatre vieux gangsters est la plus limpide: humour et désespoir, servie par des acteurs très rôdés…..

mardi, avril 15, 2008

Soyez sympas, rembobinez



Déjanté et sympa, les critiques étaient unanimes, j’ai essayé sans succès…..C’est brouillon, les références aux films cultes « swédés » (ça c’est drôle) souvent inconnues de ma cinémathèque personnelle…

Les Larmes de Madame Wang





Ce film est surtout intéressant par son aspect documentaire sur la triste réalité de la vie en Chine à Pékin ( les premières scènes sont très marquantes) et en province. C’est avec beaucoup de réalisme, de subtilité et d’humour qu’est décrit le cadre de ce drame de la vie ordinaire. Les trois dernières scènes sont les plus attachantes du point de vue émotionnel et nous rendent plus proches de cette jeune femme qui jusque là mettait tant de distance avec le spectateur, rendant l'empathie difficile.

dimanche, avril 13, 2008

Le Premier venu





C’est un film tout en dialogues et en regards, presque une fable tant il est déconnecté de la vraie vie. Pas d’habitants dans la petite ville du Crotoy, un paysage toujours désert et très beau, pas de seconds rôles pour mieux s’attarder sur l’essentiel: la confiance. Comment accorde-t-on sa confiance au premier venu, et comment lui rendre confiance en lui? Ce premier venu c’est le jeune garçon du petit criminel Guillaume Saurrel, retrouvé 17 ans plus tard et que l’on sent très « rustre » devant une caméra; il n’est et ne sera pas acteur à la différence de la jeune Clémentine Beaugrand, très doillonnesque dans son physique et sa façon de mener le jeu.

samedi, avril 12, 2008

Lady Jane





Ennuyeux, lourdaud, même Darroussin n’arrive pas à sauver ce film sur le thème de la vengeance, un plat peu digestible dans ce cas.

Crimes à Oxford





Ce film espagnol est original, avec une première scène qui donne tout de suite le ton. Il est bien ancré dans la traditionnelle Oxford estudiantine mais ses mathématiciens s’y frottent aussi à une actualité plus rude que le débat philosophique: l’hôpital, la maladie. Certaines scènes sont terrifiantes, comme le veut la tradition espagnole de réalisme depuis Goya et Bunuel. Bien joué, bien mené jusqu’à la fin cette énigme criminelle sort des chemins battus.

Deux soeurs pour un roi





Divorced, biheaded, died, divorced, biheaded, survived… rappelons-nous nos cours sur l’ histoire de l‘Angleterre aux débuts de l‘anglicanisme. Ici le réalisateur ne nous évoque que les trois premieres reines: Catherine d’Aragon, Ann Boleyn puis Jane Seymour et nous raconte plus particulièrement un épisode que nous n’avions pas appris en classe: comment Ann va triompher de sa sœur et concurrente Mary. Henri VIII n’est pas encore Barbe Bleue; il est séduisant et magnifique et il peut même s’offrir le luxe d’être un homme épris. Il en viendra même à être dominé par la jeune Natalie Portman qui joue merveilleusement Ann Boleyn qui ne fait qu’une bouchée de sa jeune sœur Mary ( Scarlett Johansson qui de par son rôle parait ici mièvre et fade comparée à sa rivale). Tout cela n’a qu’un temps et la politique et le pouvoir rendent les hommes biens lâches, bien serviles et terriblement brutaux…. Bien sûr, cela n’est pas une découverte mais la mise en scène du faste de la cour est vraiment fabuleuse et les dialogues réjouissants. Entre tragédie shakespearienne et roman photos cette histoire vraie ne parait pas toujours vraisemblable mais on peut tout simplement se laisser porter par les images.

mercredi, avril 02, 2008

A bord du Darjeeling






C’est un film déroutant; je m’y étais précipité pensant voir de somptueuses photos de l’Inde. Que nenni! Il s’agit en fait non d’un voyage mais d’un parcours ( formule empruntée à la magnifique pub Vuitton qui passe actuellement ) et avec Vuitton justement car les bagages signés par le célèbre maroquinier ont un rôle très important ( on peut les voir justement dans sa vitrine parisienne), puisqu‘ils sont l‘héritage d‘un père disparu brusquement. Ce parcours loufoque et souvent douloureux aboutira à l’entrée dans la vraie vie adulte des trois frères qui auront fait leur deuil de leurs parents.

Rendez-vous à Brick Lane





C’est aussi un film attachant grâce au personnage principal et à l’interprétation de la jeune femme du Bangladesh exilée à Londres. Pas le Londres de Canary Street, non celui d’un ghetto pakistanais où le pater familias est autoritaire et égoïste ( comme nous l’avait déjà décrit Fish and Chips). Plus subtil que le film cité, il en est plus déroutant et aussi plus inquiétant avec une description vraiment frappante de la montée de la haine et de l’intégrisme dans cette population.
Dommage que la forme manque de rigueur avec les nombreux flash-backs répetitifs de l'enfance et de l'adolescence.

Whatever Lola wants





C’est un film un peu hétéroclite et dont le scénario assez original flirte pourtant avec les clichés. Plusieurs styles vont se succéder selon les épisodes: le film à message un peu simpliste à l‘américaine comme nous le laisse présager (et craindre) l‘affiche et le titre, et il nous est martelé dans les dernières images ; la comédie romantique genre Love Story et parfois l’on craint le pire ( qui est toujours évité); le style bollywoodien à l’égyptienne avec longueurs, rebondissements et personnages au grand cœur comme celui de l’impresario, la comédie musicale genre Fame oriental ; et enfin un film nous parlant de la difficile évolution des mœurs et de l’héritage culturel parfois lourd à assumer en Égypte.
C’est dans ce registre que le réalisateur Nabil Ayouch sait le mieux nous toucher et en particulier grâce à l’interprète du personnage clé Ismahan, danseuse du ventre qui a fauté et qui se cloître pour ne pas être lapidée moralement et même un peu physiquement ; sa stature, sa gravité et sa qualité d’interprétation donnent toute sa consistance au film.
Le film nous charme aussi par tous les pièges évités et par la subtilité qui se glisse ça et là quand on s’y attend le moins: au tout début avec le second rôle du copain gay et arabe dans un univers new-yorkais chez des postiers très loin de celui de Woody Allen, ensuite au Caire lorsque le beau Zack qui réintègre la famille se radicalise et se laisse donc pousser la barbe ( tiens, comme dans Brick Lane où le jeune séducteur devient un barbu intégriste), un numéro de music-hall de Laura Ramsey, jeune américaine genre Barbie dirait ses concurrentes, qui choisit de faire son premier spectacle en brune pour ne pas être taxée d’exotisme….
Le tout est vraiment sympathique et original.