lundi, octobre 15, 2012

Quelques heures de printemps


Stéphane Brizé et Vincent Lindon ne nous ont pas habitués certes à des films optimistes mais à ce point....J'ai rarement été confrontée à un film aussi dur! La tendresse affleure à un seul moment lorsque le voisin prend congé de l'héroïne malade qui choisit le suicide assisté en Suisse pour rester digne et autonome.
Je ne suis pas certaine que ce film milite pour ce choix tant la solitude et le désespoir nous interpellent bien davantage que la sérénité.
C'est un beau film parce que le réalisateur nous en dit beaucoup sur la violence passée subie par la mère, sur la difficulté à renouer des liens abimés, sur une vie faite de petits riens quotidiens avec une modestie dans les dialogues (ou plutôt les non-dialogues), le rôle d'un chien qui concentre sur lui l'affection que ces deux êtres ne peuvent plus porter aux autres......Comme dans Mademoiselle Chambon les silences sont éloquents.
Beaucoup de sensibilité dans un monde sans concession où on a l'impression qu'il n'y a pas de deuxième chance. Un film très pessimiste donc à réserver à ceux qui pourront partager avec d'autres les interrogations qu'il suscite.

Tous les espoirs sont permis


Le style romance (pas comédie romantique), dans sa version américaine pure et dure (psy, propos salaces mais images soft, happy end etc...(je ne révèle rien le titre est idiot mais explicite!) est vraiment insupportable lorsqu'il s'agit de sexagénaires; en l'occurrence Meryl Streep et Tom Lee Jones qui s'aventurent dans un exercice périlleux et ne s'en relèvent pas. Si au moins elle craquait pour Steve Carell (le psy) même pas! Elle lui préfère un mari aigri, macho et grognon qui peut y croire?

lundi, octobre 08, 2012

Pauline détective


C'est sans importance mais charmant grace à Sandrine Kiberlain si merveilleuse de naturel avec une pointe d'acidité qui lui donne tout son piquant. Humour, romance, clichés (à voir au premier ou au second degré c'est selon....), cette Pauline à la plage version Marc Fitoussi ne vise qu'à nous divertir mais y réussit!

dimanche, octobre 07, 2012

Les Enfants de Belle Ville


Tout est  noir dans ce 2ème film du réalisateur iranien Asghar Farhadi réalisé 6 ans avant son succès La Séparation.Ce film  parlait déjà de justice et de réparation. . Plus dramatique, le thème est proche d'une tragédie antique à la différence près qu'il ne s'agit pas de sauver un frère mais un ami au détriment de son bonheur.  Il semble qu'il n'ait pas retrouvé la meme audience cette année alors que le débat était très voisin. Mais le scénario est moins ancré dans notre propre vie que la Séparation, nous nous sentons moins concernés et le mode de vie à Téhéran nous y paraît plus lointain.....
L'approche, sonder les différents points de vue et laisser au spectacteur le choix de l'épilogue est tout à fait semblable. Dans ce film plus ancien (2004)la forme m'a parue plus sévère, beaucoup de gros plans identiques sur le plaignant dont le dilemne ou tout au moins le début d'un débat intérieur ne s'extériorise pas vraiment; idem pour la femme reveche qui lui sert d'épouse.
Seuls les deux visages d'Ala et de la jeune femme rayonnent de leur amour, de leur beauté et de leur jeunesse en attente d'un avenir meilleur....
Au fil du drame qui se déroule, on garde en mémoire la force et la pertinence inoubliables de la toute première scène lors de la célébration des 18ans d'Akbar l'ami qui attend son exécution... Du très beau cinéma!

vendredi, octobre 05, 2012

Reality


Cela commence bien et les personnages  truculents fourmillent dans des décors d'opérette italiens ou dans la rue à Naples. C'est vivant, et on retrouve « le vrai cinéma italien d'auteur".
Dommage ensuite que le scénario et le propos s'étirent en longueur et en lourdeur pour nous engourdir totalement.

Do not disturb


C'est un film raté mais dérangeant qui nous ouvre de multiples voies de réflexions sur l'acte sexuel qui est ici considéré du seul point de vue masculin; les femmes, plus matures, ont quant à elles résolu leur problèmes existenciels dans ce domaine à leur façon, discrètement comme l'épouse ou en lesbiennes libérées comme nous l ' illustre sans ménagements Yvan Attal ( d'où l'avertissement sur les scènes choquantes).
On ré entend la maxime chantée par Brassens dans Fernande sur le fait que certaines choses ne se commandent pas, on perçoit que faire l'amour « utile » est une corvée même lorsqu'il s'agit de lutiner Laetitia Casta, et on nous redit une fois encore que sexe et amitié ne font pas bon ménage mais sous une forme beaucoup plus crue que dans les comédies romantiques américaines.
Il est frappant de voir que l'appétit et la convivialité reviennent entre les deux amis quand ils partagent leur cheese burger mais que même s'il est question d'érotisme et donc d'œuvre d'art (dixit Cluzet) ce n'est pas facile de s'y mettre à froid! D'ailleurs dans une autre comédie (américaine encore ) n'avait-on pas montré que pour dés inhiber deux personnes âgées (Meryl Streep quand meme!)...avant cette relation ils avaient eu recours à la fumette......
Ce qui est particulièrement raté c'est le ton qui se cherche: pour une comédie ce n'est pas drole (sauf l'excellent moment où les compères chantent avec un comparse de cellule "Paroles, paroles...) et de plus François Cluzet paraît trop âgé pour le rôle.

mercredi, octobre 03, 2012

Alyah


Parfois le seul salut possible est dans la fuite; notre anti-héros l'a compris et s'accrochera à sa décision de partir même si elle est encore plus difficile que prévue. Les préparatifs de cette fuite en Israël ( d'où le titre) nous sont narrés avec sensibilité et fluidité: on ne s 'appesantit pas, on ne s'attendrit pas mais tout est dit.....
Les admiratrices de Pio Marmai apprécieront une fois de plus son  talent tant ce beau portrait  semble lui coller parfaitement à la peau.Tous les acteurs qui l'entourent contribuent aussi  à apporter la justesse du ton associée à une atmosphère  un peu cafardeuse très originale;ce premier film sait mèler plusieurs genres avec doigté.

Jason Bourne: l'héritage


Chacun des films de la trilogie Jason Bourne avec Matt Damon m' avait tenue haletante de bout en bout (tous ceux qui se terminaient par « dans la peau », mémoire, vengeance....) et Matt Damon n' était sans doute pas étranger à cet intérêt....
Ici l'agent no 5 (Jeremy Renner) joue davantage sur l'efficacité que sur la séduction mais le scénario est compliqué et commence par nous intriguer. C'est au personnage féminin intelligent et charmant (Rachel Weisz) de nous séduire et notre cœur palpite jusqu'à ce que l'avion se soit posé aux Philippines. Ensuite, hélas! place aux poursuites et aux cascades sans fin dont nous sommes désormais repus et même saturés (à l 'exception toutefois de la grande scène dans l'usine de médicaments où une infinité de blouses roses concentrées sur leur travail prend peur).
Ce film est aussi l'occasion de voyager: découvrir une merveilleuse maison du Maryland ou s'aventurer au coeur de l'Alaska tel que l'on ne verra jamais. Un film pour se distraire ( mais pas pour se détendre.....).

mercredi, septembre 26, 2012

Vous n'avez encore rien vu


Au prétexte de relire Eurydice et Cher Antoine d'Anouih, Alain Resnais nous invite à célébrer ses acteurs fétiches et à nous plonger à nouveau dans son univers où l'amour et la mort sont omniprésents. Son Testament d'Orphée en quelque sorte.....
C'est à la fois grandiose, funèbre, dramatique mais pas triste, car la forme originale retient tout notre attention.
 C'est à la fois une polyphonie et une vision en parallèle d' images sur écran projetant la pièce interprétée par une jeune troupe la Compagnie de la Colombe, doublée en live par les comédiens invités qui rejouent leur propre rôle.
L'inventivité de cette mise en scène est  un hommage aux acteurs et au texte, chaque mot est sublimé, car il est redit par des comédiens de génération différente. C'est un film qui veut rallier les amoureux du théâtre et ceux du cinéma. Y réussira-t-il car on lui reprochera pour les uns d'abuser de décors numériques et du splitscreen, pour d'autres ce film ne serait qu'une sorte de best off des expérimentations du réalisateur nonagénaire.....Je fais partie des admiratifs tout en reconnaissant que le film peine en deuxième partie à nous transporter totalement. On peut regretter notamment que le couple Pierre Arditi/Sabine Azema finisse par accaparer un peu trop le devant de la scène. J'aurais aimé que Lambert Wilson, plus tragique, plus minimaliste ait un peu plus d'espace.

The We and the I


Le titre du film nous invite à lire cet épisode en bus avec des adolescents dans le mode de la réflexion sur le comportement social en groupe qui occulte complètement le parcours initiatique ( et douloureux) que chacun doit faire pour se construire et se trouver....
Le problème avec cette réalisation proche du documentaire tournée avec des lycéens du Bronx,c'est que je me trouve comme la vieille dame dans le bus horrifiée par le comportement de ces jeunes en groupe, la grossièreté de leurs propos et l'agressivité dans leurs relations ...Dans ces conditions je suis bien incapable de me passionner pour leur itinéraire individuel cherchant simplement à ne pas trop être blessée physiquement ou verbalement par leur attitude envers ceux qui ne sont plus des jeunes...Leur « we » est vraiment si agressif qu'il est inquiétant mais Michel Gondry nous fait toucher du doigt ce phénomène de société pour une meilleure approche du « Vivre ensemble ».

Des Hommes sans loi


Ce western original typiquement américain a toutes les qualités du genre: reconstitution du temps de la Prohibition, dépaysement dans les Appalaches et grandes figures d' « indestructibles » sans oublier un peu de romance.... Du bon divertissment garanti car les acteurs aussi sont brillants :Tony Hardy en vrai dur, Shia LaBeouf en jeune soupirant entreprenant, Jessica Chastaing en belle amoureuse attentionnée et Mia Wasikowska lumineuse (plus avenante qu'en Jane Eyre!)
Mais au-delà du gansgster movie flamboyant (et très violent ),une scène m'a vraiment bluffée celle du lavement des pieds au temple: les chants, les trognes, les regards, la tension...Du jamais vu pour moi.

mercredi, septembre 12, 2012

Camille redouble


La signature de la réalisation par Noémie Lvovsky est un gage de qualité (elle m'avait éblouie avec son film Les Sentiments )et elle a été récompensée à Cannes pour ce film présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. La critique s'est emballée et j'attendais beaucoup de ce « si c'était à refaire », un thème cher au cinéma. Cette réflexion philosophique est passionnante mais elle est finalement traitée ici sur le mode léger. Tant mieux car il évite presque les pièges du mélo (la mort subite de la mère) ou les rancœurs des ratages et des déceptions. Tout au contraire c'est un film optimiste qui nous invite à relire notre adolescence comme une comédie .....Barbara y  figure aussi au tableau d'honneur de ces années écoles 80 tant mieux!

Wrong


J'ai tout faux! Ce film décalé, sardonique, ubuesque n'est pas pour moi et je me sens étrangère à ce ton....Je n'ai donc pas du tout adhéré à l'univers de Dolph qui recherche son chien et je me suis même ennuyée ce qui est rarissime ....C'était préférable plutôt que de rentrer dans le mode délirant, absurde et donc angoissant du réalisateur Quentin Durieux dont je n'avais pas vu le précédent film de la même verve: Rubber

Cherchez Hortense


C'est une film d'acteurs brillants où chaque scène se déguste avec bonheur. Jean-Pierre Bacri sort enfin de son éternel répertoire de bougon et les scènes avec son père interprété avec brio,évidemment, par Claude Rich sont un régal. Isabelle Carré est toujours aussi lumineuse... Un seul bémol les scènes avec le fils Noé m'ont semblé sonner moins justes...

Du Vent dans mes mollets


Une touche de nostalgie, un brin de cruauté, un zeste de mélo dans une atmosphère un peu pesante, ce film est une mosaïque qui nous relate le monde déjà si éloigné d' une petite fille des années 80. Malgré le choix de comédiens chevronnés( Agnès Jaoui qui surjoue, Denis Podalydes poignant et Isabelle Carré toute en simplicité) on apprécie la subtilité du propos mais on regrette que cette œuvre paraisse un peu inachevée et n'ait pas su trouver son ton. Avant le générique de fin Barbara chante « Mon Enfance » et on rêve au film qui aurait pu avoir cette force d'évocation et nous prendre aux tripes.

dimanche, août 19, 2012

A Coeur ouvert


Insoutenable! Même avec Juliette Binoche et les chutes d'Iguazu.

vendredi, août 17, 2012

Cornouaille


Quelle belle promesse: les paysages du Finistère et la subtilité de la réalisatrice Anne Le Ny!
Mais ce film est loin de nous bouleverser comme Ceux qui restent car ce récit d'une renaissance d'une jeune femme un peu malmenée dans la vie qui s'est repliée sur elle-même est un peu linéaire.
Quant au coté légende celtique et manifestations de l'au-delà,  il colle mal à la limpidité de la narration, aux dialogues d'une justesse et d'une humanité bien ancrées dans notre quotidien.
Décevant pour le scénario, ce film mérite le détour estival pour les inconditionnels de la Bretagne ( le prix de l'immobilier avec vue sur mer va encore y grimper!) et pour toutes celles comme moi qui ne résistent pas au charme de Jonathan Zaccai. 

Magic Mike


A toutes celles qui n'ont pas eu de soirée hot pour leur enterrement de vie de jeunes filles, à toutes les futures ou ex- cougars et à toutes celles qui aimeraient s'approcher d'un lap dance de strip-teasers sans mauvaise conscience, Sodenbergh propose un spectacle jouissif et divertissant! Les hommes sont beaux, les chorégraphies et la musique festifs et les tableaux drolissimes  grâce aux multiples clins d'œil aux poncifs américains ( Ah le duo de cow-boys façon Brokeback Mountain!). Ambiance garantie...
Voilà pour la forme, quant au fond le réalisateur si novateur de Sexe, Mensonges et Vidéo, nous livre une romance en mode inversé: ce n'est pas une dame aux mœurs légères qui séduit une jeune homme sérieux mais c'est notre héros dont l'âme, le corps et la fidélité en amitié attirent l'empathie ( ou même plus si affinités) qui devra renoncer à sa double vie. Une histoire d'amour romantique donc mais bien ancrée dans la réalité de l'Amérique d'aujourd'hui...

Jane Eyre


Adaptation victorienne d'un roman torride (que j'ai maintenant envie de lire) ou classicisme extrême d'une mise en scène qui donne la part belle à l'héroïne ( Mia Wasikowska parfaite)? Margé le caractère gothique des scènes tournées au château, je n'ai ressenti ni l'âpreté du climat, ni les affres d'une passion impossible, ni la solitude lors des hivers trop longs. Le réalisateur Cary Fukunaga a privilégié le point de vue social dans une société où chacun doit savoir tenir son rang (excellente Judie Dench interprétant Mrs Fairfax) et ne m'a vraiment touchée que lors de la scène finale (très mélo) sous l'arbre où Michael Fassbender a perdu sa beauté et son statut seigneurial.

jeudi, juillet 26, 2012

360


C'est un film choral sur le thème de La Ronde pièce de théatre dun écrivain juif viennois Schnitzler qui avait fait scandale à sa sortie en 1897 et qui avait été reprise au cinéma par Max Ophuls et Roger Vadim en particulier. Cette ronde d'amour ancrée au présent se mondialise mais elle débute et se termine à Vienne. Les séquences sont d'un intérêt inégal ( et décidément Jamel Debbouze ne passe pas au cinéma), mais l'ensemble du casting et le climat très bien rendu des différents lieux qui ne se limitent pas du tout à des scènes de sexe est intéressant. Il n'est  pas désagréable d'entrer dans la ronde avec Jude Law, Anthony Hopkins, Rachel Weisz (qui avait déja tourné dans un précédent film du même réalisateur brésilien Fernando Meireilles the Constant Gardener) ; mais ici pas de message antiaméricain surligné; à nous de nous faire notre idée sur « le chemin à suivre ».