vendredi, avril 10, 2015

Anton Tchekov-1890

Un film trop linéaire, simple à l'extrême dont le manque de moyens est vraiment gênant.
Si l'on cherche à décrypter les génies, celui-ci paraît bien atypique, aimant par dessus tout sa famille et la médecine, l'écriture n'étant qu'un moyen de subsistance ( Tchekov serait-il un contre-exemple de l'ego démesuré nécessaire à toute création?). La seule scène où l'auteur s'affirme un peu est la répétition de sa Mouette.La réalisation m'a paru fade elle aussi, les scènes de Sakkharine ont été tournées en Norvège et la datcha est une propriété du Limousin....Et Nicolas Giraud, lisse, propret n'évoque en rien un être passionné....

Les Châteaux de sable

Une petite comédie dramatique et/ou sentimentale à la française, sur un sujet pas très original:faire son deuil de son père sans faire celui de son ex, ce film ne brille donc pas par son originalité.
Ce sont les Côtes d'Armor qui m'ont attirée et ne m'ont une fois encore pas déçue ( c'est vraiment le meilleur de la Bretagne) et en prime le jeune Yannick Renier n'est pas désagréable à contempler non plus !

Lost River

Pour sa première réalisation, Ryan Gosling signe un film noir, fantasmagorique et baroque, à la fois personnel et truffé de références à ses précédents tournages.
Les références autobiographiques sont évidentes ( et un peu gênantes) puisqu'il choisit pour interprète du jeune héros son double et que les scènes de harcèlement auxquelles est  confrontée sa mère dans les fameux « caissons »  du film font référence au fait que sa mère dans sa vraie vie  était jeune, belle et très convoitée....
 Tout se passe de nuit dans des eaux troubles ( au propre comme au figuré) et les images expriment, plus que les dialogues, le paroxysme des émotions et la noirceur d'un univers en décomposition dans une Amérique en perdition....Avec une fin  néanmoins optimiste et déroutante puisque toute la petite équipe part avec son Graal....
Tout cela est un peu trop calculé, numérisé et pour encourager Ryan Gosling à retourner sur les plateaux en tant qu'acteur génial, je ne mets qu'une seule grenouille....

lundi, avril 06, 2015

Birdman

Incontournable puisque ayant remporté 3 statuettes aux Oscars, j'ai quand même traîné un peu des pieds avant d'y aller et il m'a fallu une fois encore pour un film estampillé  TTT sur Télérama lire l'article après sa  vision pour le décrypter et comprendre toute sa portée culturelle. J'avais saisi bien sûr l'amertume du réalisateur vis à vis de la critique new-yorkaise et c'est le seul moment où l'acidité des dialogues fait oublier le côté pesant du mal-être général de tous les personnages très bien rendu ( à la façon du grand John Cassavetes toujours dixit la critique de la Presse.)
La  mise en scène est  remarquable certes mais l'atmosphère est très dérangeante (en particulier celle de la loge du comédien has been) et le thème a été bien souvent traité (ce monde du cinéma aime à se mettre en scène) et le tournage  quasiment en circuit fermé lui aussi  dans le dédale des coulisses d'un théâtre  lors de répétitions m'a semblé peu original ( malgré l'Oscar du scénario!).

samedi, avril 04, 2015

Le Journal d'une femme de chambre

Le doux visage de Lea Seydoux ( néanmoins insolente et piquante fort heureusement), et la reconstitution historique fidèle mettent une certaine distance avec la violence scandaleuse de l'œuvre d'Octave Mirbeau qui dépeint au vitriol la société de son temps (1900)... Benoit Jacquot s'est approprié avec talent ce journal et nous invite donc à un voyage dans un temps hideux et révolu (en France). C'est un beau film classique et abouti.

Un Homme idéal


Patricia Highsmith est une auteure maitre en thriller et les deux versions cinématographiques de son Mr Ripley (Plein Soleil et Le Talentueux Mr Ripleyl) ont permis en donnant deux approches complètement différentes de son personnage d'illustrer la richesse de son écriture.
Le début du film me laissait espérer découvrir une version nouvelle et différente autour d'un jeune ayant le talent de Ripley car beaucoup de faits et de personnages renvoient à ce roman. Mais ni le physique du personnage incarné par Pierre Niney, ni le psychisme du jeune auteur en mal d'inspiration mais éperdûment amoureux ne cadrent avec l’œuvre de cette auteure ; il ne reste plus alors qu'une histoire peu crédible . Matt Damon avait su avec un brio extraordinaire nous rendre plausible son aptitude  à la fois physique et psychologique à changer d'identité et à se débarrasser seul du cadavre d'un témoin gênant - les deux personnages de Stanislas et de Freddie sont quasi du copier-coller .
Déception donc mais cette attente n'était peut-être pas du tout en rapport avec le thème que souhaitait traiter le réalisateur, alors que les spectateurs l'ont relié avec
The Words qui parlait aussi d'une appropriation d'identité, bien  littéraire cette fois, mais que je n'ai pas vu .

Indian Palace- Suite Royale

Cette fois la suite (moins royale que je ne l'espérais) du Marigold Hotel , surfe complètement sur la romance, virant à la guimauve intégrale ou presque si l'on exclut le personnage de Maggy Smith à qui on ne peut guère imaginer de faire jouer un personnage optimiste ou débordant de bons sentiments. Même la très digne Judi Dench sombre elle aussi dans l'eau de rose  et arrive à y entraîner la très pragmatique Pénélope Wilton (connue pour son rôle d' Isabel dans Downton Abbey).
Si au début de bonnes répliques fusent grâce au décalage dans le duo Sonny (le jeune indien) et Mrs Donnelly (Maggy Smith), très vite le scénario se « lâche » complètement dans un style « conte de fées,  ( étape marquée par l'arrivée de Richard Gere sur les lieux bien sûr) donnant libre cours à la fin à une comédie romantique  et musicale américaine  tendance bollywood (avec de belles images).
Un divertissement donc, réservé aux seules vieilles midinettes aimant l'Inde et le style british, pour les autres préférez voir le premier opus en DVD...

Suite Française

 Tourné en Belgique par un britannique, ce film est adapté du best-seller écrit par Irène Nemirovski, écrivain  contemporaine de cette période du début de l'occupation nazie en France. En adoptant un point de vue exclusivement féminin, il permet une approche plus originale d'un sujet qui l'est moins.
Dans ce drame cornélien, on est tout d'abord frappé par le ton acerbe et la critique mordante vis à vis de la société de cette France rurale. C'est ensuite le romantisme et l'engagement qui suscitent l'émotion, changeant le regard sur les faits et les personnes,en particulier le magnifique personnage interprété avec brio comme toujours par Kristin Scott Thomas, mais aussi pour le Vicomte (Lambert Wilson ) et son épouse. Matthias Schonaerts est magistral lui aussi (il avait déjà montré qu'il pouvait tirer un film  vers la haut  récemment dans Quand vient la nuit).

lundi, mars 16, 2015

Inherent Vice

Raté ! Je n'ai guère perçu dans le film plus que l'univers psychédélique déja suggéré par l'affiche J'ai été obligée de lire la critique de Télérama pour comprendre quel était le vice en question (l'argent); à première vue ce serait plutôt la drogue!J'ai trouvé le tout ennuyeux et long (allusions du réalisateur au Grand Sommeil sans doute)et même Joaquim Phoenix ne m'a pas impressionnée cette fois.

Le Dernier coup de marteau

Plus question de manquer une occasion de voir jouer Gregory Gadebois (que je n'ai pas vu dans Angèle et Tony le premier film de cette réalisatrice qui réunissait le même couple avec Clothilde Hesme), surtout s'il interprète un chef d'orchestre répétant la 6ème symphonie de Mahler ! Et ce dernier coup de marteau fait référence à ces trois coups imaginés par le compositeur comme une prémonition des malheurs qui allaient le frapper. Beaucoup d'attente donc sur ce film mais ce « mélodrame optimiste » reste un peu mou malgré de très belle scènes de groupe ( matchs de foot sur le terrain ou à la télé : on a affaire à une pro puisque Alix Delaporte avait réalisé un documentaire sur Zidane). Le portrait subtil d'un jeune adolescent interprété magnifiquement par Romain Paul emporte cependant l'adhésion totale à ce film.

vendredi, mars 06, 2015

Tokyo fiancée


C'est une adaptation du livre  Ni d' Eve, ni d' Adam  dans lequel Amélie Nothomb raconte sa propre expérience d'immersion au Japon sur un mode beaucoup plus léger que dans Stupeurs et Tremblements tout en s'y référant quand elle décrit cette période extrêmement difficile où elle fait des premiers pas d'employée d'une entreprise japonaise .Cette approche d'un monde si différent de notre Europe  aurait pu donner à ce film une une dimension ethnographique. Les images sont très belles mais cela reste un peu trop anecdotique en dépit de la grâce de Pauline Etienne....

L'Art de la Fugue

Un joli titre pour une comédie à la française réussie (un peu vaine disent ses détracteurs) qui décline les  thèmes classiques du  genre : remords, regrets, fuite en avant , passivité, petits arrangements avec soi-même...Et  le casting nous offre le plaisir de revoir des acteurs et actrices qui ne tournent plus beaucoup. Bruno Putzulu est tout en délicatesse; Marie-Christine Barrault et Guy Marchand interprètent un vieux couple et il y a même aussi une apparition d'Irène Jacob ( j'utilise ce terme car elle dégage un côté un peu irréel, magique comme dans le spectacle qu'elle vient d'interpréter au Théâtre du Ranelagh). Agnès Jaoui retrouve Benjamin Biolay comme dans Au bout du conte. Mais pourquoi Laurent Laffitte est-il incontournable en ce moment dans le paysage culturel français ? Il paraît trop grand, trop domestiqué, trop équilibré pour le rôle d'un homme déstabilisé en recherche d'un avenir.   

Kingsman; Services Secrets

C'est une comédie déjantée qui revisite le film d'espionnage avec humour : Colin Firth joue les James Bond et sa jeune recrue Taron Egerton a des airs de Matt Damon (son petit carlin ne s'appelle-t-il pas J.B. !) Souhaitons- lui le même talent et la même facilité à entrer dans la peau de ses futurs personnages comme ici puisqu'il réussità devenir un vrai « Kinsgsman ». Les films du réalisateur Matthew Vaughn n'étaient pas ava
nt celui-ci dans mes priorités mais ce divertissement n'est pas à bouder !

samedi, février 14, 2015

Felix et Keira

Subtilité, délicatesse et surtout une fin ambiguë (inévitable pour rester dans la logique de cette romance originale), une belle réussite pour ce réalisateur canadien (Maxime Giroux ) qui nous plonge au cœur d'une communauté juive hassidique (Woody Allen dans le film de son ami John Torturo nous avait un peu initié à certains de leurs rites dans la comédie Apprenti Gigolo).

Snow therapy

Ce film de Ruben Östlund représentera la Suède aux Oscars 2015.Après un tour au Festival de Cannes 2014 où il remporta le Prix du Jury « Un certain regard », le film a été projeté il y a quelques jours au Festival des Arcs, son principal lieu de tournage avec La Plagne (dans le domaine skiable Paradiski). Mais est-ce bien le paradis ? Je me suis réjouie de voir le film à Paris et non pendant des vacances de neige....
Car c'est bien la montagne à la fois effrayante (guerrière dit même un critique avec ses canons à neige, ses engins d'entretien des pistes, la dynamite pour déclencher les avalanches, les bruits inquiétants des remontées mécaniques) et hostile (le froid, le brouillard alternant avec une lumière aveuglante) qui est au centre du film. Ce côté angoissant est encore accentué au retour des pistes par une description très méthodique (excessivement prosaïque dans la salle de bains ) dans un hébergement luxueux de type « cellule familiale » propice aux affrontements et où les vacances ne sont guère synonymes d'épanouissement personnel.
Le tout est un film froid (bien sûr), qui se veut une réflexion sur la place de l'homme dans la cellule familiale (au figuré cette fois) et dont la lenteur incite à rester de glace en spectateur immobile (même si c'est beau et on ressent vraiment sous ses pieds-non sous les skis- le crissement de la neige particulièrement dans la poudreuse, lors du premier virage face à l'immensité on s'y croirait!)

vendredi, février 06, 2015

Imitation game

Une équipe d'acteurs et une atmosphère british pur jus pour cette histoire vraie mais un final très (trop) caractéristique du biopic américain (dommage) puisqu'il s'agit du premier film d'un réalisateur formé aux Etats-Unis, ce film est néanmoins passionnant.
Il est interprété avec justesse et mordant ( on se demande ce que le pauvre « Tom Branson »-Allen Leech de Downton Abbey-  fait parmi ces génies jusqu'à ce qu'on nous donne la clé!). Le rôle  du mathématicien génial, tourmenté et asocial Alan Turing ( selon sa biographie écrite par Andrew Hodges) est  tenu à la perfection par Benedict Cumberbatch et lui vaudra peut être un Oscar. Quant à la charmante Kneira Knightley  qui  apporte une note souriante,si elle n'a pas le physique de l'emploi c'est sans doute pour mieux souligner la maxime favorite du scénario- martelée à l' américaine - « on peut s'attendre à beaucoup de la part de ceux dont on n'attend rien » .

Phoenix

Après son magnifique Barbara, le réalisateur allemand Christian Petzold nous gratifie d'un autre opus tout aussi réussi sur les blessures de l'Allemagne vécues à travers le parcours d'une femme. Cette fois l'action se situe à Berlin dans l'immédiat après guerre et le couple fétiche du réalisateur Nina Hoss et Ronald Zeerfeld interprèteavec une grande justesse un couple que la guerre a séparé :la retenue et l'infinie douleur de Nelly et l' inconscience et la lâcheté de Johnny. C'est bouleversant et magnifique.

Listen up Philip

Un film dont on ne retient rien sinon que son personnage principal est bien antipathique et conforte l'idée que la création artistique va de pair avec narcissisme et incompréhension des proches (pas vraiment une révélation !) .
Un film si verbeux et ennuyeux que l'adresse de la mise en scène vantée par la critique en est oubliée !


jeudi, janvier 22, 2015

Disparue en hiver

L'interprétation impeccable de Kad Mehrad d'un ex-policier solitaire, dépressif mais néanmoins pugnace (selon la bonne tradition du cinéma) ne sauve pas ce polar dramatique, filandreux et glauquissime. Voila un film qui ne va pas nous réconcilier avec l'hiver (particulièrement en Belgique et au Luxembourg où il a été tourné).

mardi, janvier 20, 2015

Les Nouveaux Sauvages

On avait un peu oublié les films à sketchs et le titre de celui-ci tout comme sa forme emprunte beaucoup à la comédie italienne des années 70 (Les Nouveaux Monstres en 1978).
Cette forme m'a parue exigeante pour le spectateur qui au début cherche le fil conducteur et à la fin essaye de hiérarchiser les différentes séquences. Dès la seconde, la violence s'impose ( et devient quasi intolérable dans la troisième).Avec La Bombita, le physique rassurant de Ricardo Darin  (rôle principal de Dans ses yeux) nous montre que le "pétage de plomb" peut faire basculer tout un chacun; c'est en cela qu'elle peut être la plus inquiétante; mais le réalisateur argentin préfère nous laisser sur un épilogue à nouveau optimiste (car étonnamment la fin de La Bombita est décalée, joyeuse) avec un mariage délirant genre farce italienne...
Un film atypique, auquel je n'ai pas vraiment adhéré.

Les Souvenirs

Jean-Pierre Rouve, le réalisateur a été largement salué pour sa délicatesse dans cette adaptation du roman de David Faetkinos. C'est vrai que cela aurait pu être pire dans le genre "partage intergénérationnel de bons sentiments et de grandes déclarations ". Pourtant un nombre certain de scènes glauques (et réalistes bien sûr) nous sont infligées! En revanche, le petit fils parfait  que les études ne semblent  pas trop accaparer semble appartenir à une autre planète.
Mais c'est surtout  avec son choix des acteurs qu'il fait un sans fautes; Annie Cordy, impeccable, et un couple convaincant avec Michel Blanc qui retrouve son ton  de prédilection des Petites Zones de Turbulence face à Chantal Lauby qui cette fois est le maillon dynamique contrairement à son rôle de mère dépassée par Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu.

Wild

Le réalisateur canadien de Dallas buyer's club, Jean-Marc Vallée déçoit car ce chemin de rédemption tiré de l'histoire vraie de Cheryl Strayed se vit presque comme un chemin de croix non seulement pour elle mais aussi pour les spectateurs  (115mn); on va découvrir sa vie et on s'en fiche un peu : ne pouvant moi-même imaginer de parcourir le PCT (Pacific Crest Trail) , j'allais au cinéma pour les images (on voit bien un peu du désert Mojave et de l'Oregon mais ces paysages nous sont livrés au compte-goutte presque de façon anecdotique car il faut rester dans le mélo).
Heureusement l’héroïne est très bien interprétée par Reese Witherspoon qui reste agréable à regarder même sans soins corporels !

jeudi, janvier 15, 2015

Exodus: Gods and Kings

Après le catéchisme et Cecil B DeMille, Moise était un personnage me semblait-il qui valait bien un nouveau film à grand spectacle à l'heure des effets numériques .
Et le film commence plutôt bien avec les scènes familiales dans le somptueux palais égyptien et les scènes de bravoure épiques et grandioses d'un combat contre les Hittites où Moise apparaît là en héros. Mais après les adieux à la mère d'adoption (Hiam Abbass toujours poignante) et la survie au désert (beaux paysages), le réalisateur Ridley Scott tombe dans tous les travers de la superproduction hollywoodienne : le coté gnan gnan des scènes bucoliques de la vie de bon père et de bon époux de Moise sur le mode intimiste ( avec une belle scène de genre qui pourrait être réutilisée pour illustrer le catéchisme version Nouveau Testament cette fois pour la Samaritaine au puits- probablement tournée au Maroc....) puis les dix fléaux où les spécialistes de l'image numérique ne comptent pas leurs efforts pour nous montrer ces plaies et les grands chantiers engagés par Ramsès II, puis la poursuite infernale des chars (pas de superproduction sans poursuite) et enfin la Mer Rouge qui s'écarte pour laisser passer les Hébreux et là étonnamment ce n'est pas si spectaculaire que dans mon souvenir du cinémascope ! Quant au personnage de Moise, s'il apparaît bien  comme un guerrier susceptible de préparer les hommes au combat durant la fuite, il ne s'illustre jamais  comme leader charismatique; ce sont plutôt ses doutes que ce scénario choisit de montrer ( pas convaincu du choix de la bonne route), et ce ne sera donc même pas une bonne leçon pour les enfants du catéchisme ….. Décevant et (un peu) inutile( surtout pour ceux qui allaient au cinéma en 1956!)

Une Heure de tranquillité

Cette pièce de théâtre filmée aurait pu être de la même verve que le Père Noël est une ordure ; c' est une farce et l'accumulation des effets comiques ne nuit pas à mon avis mais dommage que la troupe du Splendid n'ait plus l'age (ou l'envie) de prendre les rôles clés : Jugnot en meilleur ami, Josiane Balasko à nouveau dans l'ascenseur  et Michel Blanc en voisin bien sûr....
Mais qui auraient pu jouer les deux amies : la femme et la maîtresse ?... C'est là que l'écriture de Florian Zeller et le pessimisme de Patrice Leconte ont transformé la comédie en« réflexion sociétale » : Carole Bouquet est une actrice parfaite et elle incarne trop bien la femme dépressive mais elle n'est pas du même monde que les précédents comédiens cités et elle apporte une note vraiment triste, quant à Valérie Bonneton, trop marquée par la série à la mode fais pas ci, fais pas ça, elle fait cavalier seul.....
Quant à la fin très morale, elle n'aurait pu faire partie de leur répertoire : ce sont des images déchirantes et dérangeantes ( le regard de la petite asiatique qui reste sur sa chaise, la solitude du vieillard). Le mélange des genres ne fait pas recette auprès du public ou des critiques ! 
Mais pour cette heure (et 20mn) de divertissement sans grossièretés, je surcote un peu
 avec 2 grenouilles!

Whiplash

On  ne regardera plus jamais un batteur d'un œil détaché ; bien sûr dans les groupes rock leur nom est aussi connu que celui du chanteur, mais hier à un concert classique le batteur a même été lui aussi applaudi très chaleureusement.
Car ce film est fascinant pour nous montrer avec des images particulièrement soignées le travail nécessaire pour arriver à l'excellence et être dans le fameux tempo !
Mais comme tout bon film américain, et celui-ci en fait partie, il y a aussi une problématique bien traitée sur la relation maître- élève ; jusqu'où le mentor peut-il imposer son ascendant ( ici il dépasse les limites bien sûr puisque violence et perversité font partie du package de la formation, un bon film américain ne peut aller quand même jusqu'à nous proposer l'ambiguité). Un artiste doit-il s'isoler et se contraindre jusqu'à la douleur physique et morale pour se dépasser et donner le meilleur de son art ? (un génie ne se posera pas la question, il vivra nécessairement en égoiste ou en exclu...).
A la fois drame et musical (du jazz classique), interprété par un duo d'acteurs excellents dont J.K ; Simmons que l'on connaissait de vue (dans les films du réalisateur Jason Reitman en particulier) et le jeune Miles Teller qui va beaucoup tourné cette année, ce film est le must de ce début d'année!

vendredi, janvier 09, 2015

Valentin, Valentin

Inconsistant malgré un casting d'enfer (pour les seconds rôles car Vincent Rottiers est bien falot en gentil bobo de 30 ans alors qu'il avait été remarquable en garçon buté de Avant l'aube). Ce film est un ratage complet et le seul moment réussi c'est la convivialité de l'appart des 3 colocs qui rappelle le Grand Appartement.... L'histoire de la mystérieuse chinoise rencontrée à Singapour retrouvée en esclave chez des producteurs de cannabis m'est restée complètement absconse …

A Most violent year

Un vrai thriller d'ambiance new yorkais avec des photos hivernales sublimes !
Et des scènes savoureuses, dans un petit salon de coiffure ringard par exemple (et pourtant on est en 1981 ce n'est pas l'antiquité ! ) Et puis la sulfureuse et appétissante comptable interprétée par Jessica Chassain dont on sait qu'elle va nous surprendre mais on ne sait pas comment ni quand. Et son mari (Oscar Isaac), au cœur du suspense énigmatique trop parfait pour être honnête dont on ne sait trop que penser....Un film brillant et séduisant !